Macro-économie / Taux
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La Fed voit ses pertes fondre / Le Trésor devra encore attendre avant d’en profiter
Les comptes de la Réserve fédérale américaine (Fed) passent du rouge écarlate au rouge corail. La Banque centrale des États-Unis a dû déplorer une perte de 18,7 milliards de dollars en 2025, a-t-elle révélé. Cela représente une diminution de près de 60 milliards de dollars par rapport à l’exercice 2024 et d’un peu moins de 100 milliards de dollars comparativement au niveau de record de 2023.
Les causes de cette débâcle sont à aller chercher du côté de ses coûts. En effet, les revenus qu’elle tire de son gigantesque portefeuille d’obligations, constitué peu à peu après la crise financière mondiale dans le cadre de l’assouplissement quantitatif (QE - quantitative easing) pour soutenir l’activité économique et l’inflation, ont diminué de 3,5 milliards de dollars par rapport à 2022, pour s’établir à 155,3 milliards de dollars.
Cela s’explique par le fait qu’elle a mené une politique de resserrement quantitatif (QT- quantitative tightening) pour normaliser la taille de son bilan : elle n’a réinvesti partiellement le montant de ses obligations arrivant à échéance (son bilan en contenait, fin 2025, pour près de 400 milliards de dollars de moins que fin 2024). Elle a mis fin à cette politique en décembre pour ne pas entraîner de tensions sur les marchés monétaires.
En face, les intérêts qu’elle verse aux institutions financières, ont aussi baissé. Leurs dépôts gigantesques placés auprès d’elle, produits des QE, sont rémunérés à un taux proche du taux d’intérêt directeur (3,65 %). Or, le Comité de politique monétaire (FOMC) a décidé de le diminuer en 2025 en lien avec la désinflation et le ralentissement des créations d’emplois. De sorte que les dépenses d’intérêts de la Fed ont reculé de près de 40 milliards de dollars, à 147,7 milliards de dollars.
La principale conséquence des pertes colossales de la Fed est que son "actif différé" (deferred asset) grossit : il représente la somme de toutes ses pertes passées. S’élevant à 244,5 milliards de dollars à date, il devra être comblé par les bénéfices futurs de la Fed avant que les versements au Trésor ne puissent reprendre. Les prévisions de la Fed de New York montrent que cela pourrait se produire d’ici la fin de la décennie.
Depuis le début des années 1980, les versements de la Fed au Trésor ont représenté en moyenne, chaque année, 0,4 % du Produit intérieur brut (PIB) des États-Unis et 2 % des recettes de l’État fédéral, d’après une étude publiée par la Fed de Saint-Louis.
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