Start-up / Private Equity
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L’Europe pourrait compter un certain nombre de licornes (vraiment) imaginaires / Les fastes années post-Covid y sont sûrement pour quelque chose
Ayant longtemps régné comme le grand signal de réussite dans la Tech, le statut de licorne – soit les start-ups valorisées à un plus d’un milliard de dollars – reste souvent mis en avant par les jeunes pousses lorsqu’elles parviennent à le décrocher après une nouvelle levée de fonds. Et selon une étude conduite par le cabinet Mighty Nine, en se basant sur les données de Dealroom, l’Europe compterait ainsi à date 199 licornes, dans 25 pays. Elles ont collectivement levé, depuis 2015, 103,8 milliards d’euros grâce aux fonds de capital-risque.
Leur répartition géographique reste toutefois concentrée, puisque le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne captent 62 % de ce montant. L’Hexagone, plus particulièrement, compterait ainsi 37 de ces entreprises et 19,6 milliards d’euros levés. Mistral AI est la seule représentante française du « top 10 » des licornes européennes, en fonction du capital levé. La pépite de l’intelligence artificielle se range derrière la néobanque britannique Revolut, en première position, et devant le pionnier de l’acier vert, le Suédois Stegra.
Après l’envolée des financements accordés aux start-ups en Europe, entre 2020 et 2022, les difficultés d’un certain nombre de licornes, notamment en France, avaient toutefois éclairé un constat : décrocher ce statut n’est pas une fin en soi, et les valorisations que font ressortir leurs opérations de financement n’attestent pas toujours de la viabilité d’un modèle d’affaires ou du caractère concret des promesses de performances financières d’une entreprise. « Les chiffres globaux brossent un tableau sans appel. Sur les 199 licornes européennes, la valorisation totale lors du dernier tour de financement - c’est-à-dire le prix auquel les derniers investisseurs de chaque entreprise ont pris une participation - s’élève à 566,9 milliards d’euros. L’estimation à la valeur de marché, fondée sur les multiples de sociétés cotées comparables, les indices de référence sectoriels et les données observables sur les transactions, s’établit à 444,2 milliards d’euros », explique ainsi le rapport. « Cela signifie que pour chaque euro investi lors du dernier tour de table, l’écosystème génère actuellement 78 centimes. À la valeur de marché, 22 % du capital investi par les derniers investisseurs s’est évaporé », ajoute-t-il.
Décomposition dans le temps
Le rapport estime que 87 start-ups (44 % du total) sont désormais moins valorisées que lors de leur dernière opération de financement, ce qui représente 143,5 milliards d’euros de dépréciations observables. Par ailleurs, en leur sein, 60 licornes européennes (30 %) auraient même été déchues de leur statut. Il reste par ailleurs intéressant d’observer la décomposition, dans le temps, du rythme de leur émergence.
Entre 2015 et 2019, la première génération de pionnières (24) a démontré qu’elle n’était pas qu’un pari. L’on y retrouve des champions désormais bien établis, à l’instar de Revolut, BlaBlaCar, N26. Entre 2020 et 2022, place à la bulle : presque 60 % des licornes européennes (119) le sont devenues sur cette fenêtre de trois ans. Mais le montant moyen des levées de fonds par entreprise a fortement chuté (passant de 1 milliard d’euros à une fourchette de 376 à 639 millions d’euros), ce qui laisse penser que le statut de licorne était devenu plus facile à atteindre, estime l’étude.
La phase entamée depuis 2023, avec 56 licornes, en a été une de correction, tant en matière de volume que de valeur. En revanche, la barre a été placée plus haut en matière de technologies, avec l’IA et la deeptech qui dominent, observe l’étude. « Les 60 licornes en difficulté présentent un profil commun : elles ont été évaluées au plus haut de leur valeur entre 2020 et 2022, dans des secteurs qui ont connu la plus forte baisse des multiples de valorisation, et n’ont pas généré la croissance du chiffre d’affaires nécessaire pour justifier le prix d’entrée à leur capital », indique l’étude.
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