WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions

Entreprises / Actions

Deezer signe son premier bénéfice annuel / Les abonnements directs ou tirés de partenariats ne sont pas soumis aux mêmes tendances

La plateforme de streaming musical française, qui compte 9,1 millions d’abonnés au total, est devenue profitable pour la première fois en année pleine. Ses performances financières sont globalement orientées à la hausse. L’activité, de son côté, est toutefois restée stable en raison d’une perte d’abonnés sur son segment partenariats, en dépit d’une croissance observée dans sa division directe. Appuyé par de nouvelles orientations stratégiques dont il entend poursuivre la mise en œuvre en 2026, le groupe prévoit de confirmer son nouveau cycle de rentabilité.
(Photo : Nikos Pekiaridis / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
(Photo : Nikos Pekiaridis / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

C’est une première pour Deezer. La plateforme de streaming et expériences musicales française a dégagé un résultat net positif de 8,5 millions d’euros sur l’exercice 2025, à comparer à une perte de 26 millions d’euros l’année précédente. L’amélioration a été portée par celle des marges opérationnelles, indique le groupe. Son Ebitda ajusté annuel ressort à 9,7 millions d’euros, alors qu’il était négatif à hauteur de 4 millions d’euros en 2024. "Deezer dépasse le seuil de profitabilité pour la première fois sur une année pleine", se félicite le groupe. Cette progression tient avant tout à une discipline sur les coûts, puisque Deezer a réduit ses charges opérationnelles de près de 12 millions d’euros. La marge brute ajustée progresse aussi légèrement, à 25,4 %, soutenue par les offres en marque blanche et l’optimisation des accords avec les labels. Enfin, le flux de trésorerie disponible s’affiche à 10 millions d’euros, positif comme en 2024.

« 2025 a marqué un tournant pour Deezer. […] Nous avons atteint ou dépassé l’ensemble de nos engagements financiers et réalisé une performance solide, malgré des vents contraires dans notre segment partenariats », a souligné le directeur général de Deezer, Alexis Lanternier, à l’occasion de l’annonce. Il est vrai que si les résultats financiers du groupe s’affichent à la hausse, son activité, elle, a été moins dynamique l’année dernière. À 534 millions d’euros, son chiffre d’affaires est resté stable à taux de change constants. Un plateau que l’entreprise avait toutefois anticipé. Les revenus directs, tirés des abonnés inscrits à sa plateforme sans intermédiaire (5,7 millions d’entre eux), représentent la majorité du chiffre d’affaires. Ils ont atteint près de 352 millions d’euros à fin 2025, traduisant une progression de 2,8 % à change constants.

 

Deux vecteurs d’accélération

 

Cette croissance a été portée par un double phénomène, indique l’ex-licorne de la French Tech, qui s’était introduite à la Bourse de Paris en 2022. D’abord, une forte dynamique française, avec une hausse du nombre d’abonnés (ils sont désormais 3,8 millions, soit une hausse de 8,6 %). De l’autre côté, le reste du monde n’a pas démérité, en signant son retour à la croissance en 2025, à hauteur de 7,7 % (1,9 million d’abonnés). De nouvelles fonctionnalités ont notamment été intégrées à l’application, afin de rendre l’expérience plus personnalisée, tandis que la traction a été forte auprès de la jeune génération, dépassant la croissance de son audience globale.

C’est du côté des partenariats, comme l’a expliqué le patron du groupe, que le bât blesse. Le chiffre d’affaires réalisé grâce aux abonnés acquis par ce canal a baissé de 10,3 % à taux de change constants, à 147,8 millions d’euros, tandis que son parc de consommateurs, à 3,4 millions d’entre eux, s’est réduit de 24,2 % sur un an. L’évolution est principalement la conséquence de la fin d’un partenariat avec la plateforme de commerce Mercado Libre, indique Deezer, qui veut aussi mettre l’accent sur ses avancées en la matière. Par exemple, 10 partenariats majeurs ont été renouvelés l’an dernier, et ont aussi été étendus à de nouveaux secteurs (avec EDF ou Fitness Park, par exemple). D’un autre côté, comme prévu dans le cadre de ses nouvelles orientations stratégiques, le groupe a continué de développer de nouveaux modèles, comme celui de « Music as a Service » ou « Deezer for Professionnals ». Au total, en rassemblant les abonnés directs et issus des partenariats, le groupe en compte 9,1 millions, en recul de 6,5 %.

 

Des avantages et des méfaits de l’IA

 

Il y a également le sujet de l’intelligence artificielle (IA) : le groupe a par exemple développé une technologie permettant de détecter les musiques ayant été générées par l’IA. Le fléau est réel pour les artistes, puisqu’en janvier 2026, les livraisons quotidiennes de telles musiques représentaient 39 % du flux quotidien. « Deezer est la seule plateforme de streaming musical à étiqueter clairement et exclure des recommandations la musique générée par l’IA. Jusqu’à 85 % des streams de musique générée par IA sont détectés comme frauduleux, démonétisés et retirés du pool de rémunération », indique l’entreprise. Ce phénomène pourrait néanmoins s’avérer rémunérateur pour le groupe, qui voit un potentiel de monétisation de sa technologie auprès de l’industrie musicale.

« Nous abordons 2026 en position de force, avec une meilleure visibilité et une base de coûts plus allégée. Après une phase disciplinée de test et d’apprentissage, nous allons maintenant nous concentrer sur ce qui fonctionne », a indiqué Alexis Lanternier. Les priorités seront les suivantes : accélérer la croissance des abonnés du direct, capitaliser sur l’ADN des partenariats pour construire un segment B2B rentable et soutenir les artistes, grâce à sa position claire sur les contenus générés par l’IA et en maintenant son système de rémunération équitable. « D’un point de vue financier, Deezer s’attend à maintenir le niveau de chiffre d’affaires 2025, tout en équilibrant une nouvelle phase d’investissements sélectifs sur ses marchés clés et une discipline financière, afin de réitérer un EBITDA ajusté et un free cash-flow positifs, confirmant ainsi le nouveau cycle durable de rentabilité », précise Deezer, dont le titre grimpe de 6 %, à 1,17 euro, à la Bourse de Paris en fin de matinée.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article