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Quand les retards de paiement se muent en taxe pour la croissance des entreprises / Une forme de résignation face à cet effet domino
À quoi ressemblerait l’économie française si l’effet domino induit par les retards de paiement s’estompait ? Si les dégâts que produisent ces derniers sur le tissu productif français sont connus, notamment quant à la manière dont ils augmentent le risque de défaillance, une étude menée par OpinionWay pour le compte de la société de paiement bancaire GoCardless est venue s’intéresser aux bienfaits que pourrait produire une absence de mauvais comportements de paiement. Elle a permis de sonder 440 entreprises tricolores d’au moins dix salariés.
Il en ressort d’abord que briser cette chaîne apparaîtrait bénéfique pour l’emploi. En effet, 30 % des entreprises sondées procéderaient à des augmentations et 25 % embaucheraient de nouveaux effectifs. De même, les répercussions seraient forcément vertueuses pour les autres entreprises. Près de la moitié des répondants ont indiqué qu’ils paieraient effectivement leurs fournisseurs plus rapidement s’ils étaient eux-mêmes réglés à temps. Elles sont aussi plus de 20 % à prévoir qu’en l’absence d’un tel frein, elles réorienteraient leurs efforts vers la croissance, ainsi que l’expansion.
En miroir, les deux tiers des entreprises estiment en effet que les retards de paiement grèvent leurs projets de croissance. D’autant qu’aucun département ou décision n’est donc épargné par le phénomène : recrutement, répercussion sur les prix (du fait d’une forme de taxe sur les retards transférée sur le client final) ou report de nouveaux produits font partie des exemples.
Avoir une conversation serrée avec un client problématique n’est pas non plus évident. Un cinquième des dirigeants interrogés préfèrent ainsi perdre 20 % de leur chiffre d’affaires plutôt que s’y confronter, tandis que plus de la moitié des entreprises a indiqué avoir évité de discuter de ce sujet avec ses clients. Mais confrontées à leurs propres factures impayées, près de 40 % des entreprises envisagent de retarder le paiement à leurs propres fournisseurs. De quoi créer une réaction en chaîne de problèmes de trésorerie.
Si une proposition de loi, portée par le sénateur Olivier Rietmann, est actuellement en chemin au Parlement pour durcir les sanctions incombant aux mauvais payeurs, en attendant, les entreprises semblent aborder 2026 avec une certaine forme d’appréhension. Plus de 60 % d’entre elles s’attendent à ce que la fréquence des retards augmente en 2026. « De plus, il semble y avoir une acceptation à contrecœur du statu quo : 73 % des entreprises considèrent désormais les retards de paiement comme un « coût inévitable » de l’activité. Cela n’est peut-être pas surprenant étant donné que presque toutes les entreprises (94 %) déclarent perdre de l’argent en raison des retards de paiement chaque mois », regrette le rapport.
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