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Le triptyque d’Orange Business pour exécuter sa nouvelle stratégie / Les services de confiance devront générer 500 millions d'euros de chiffre d'affaires additionnel

La division B2B de l’opérateur historique s’est fixé l’objectif de générer 500 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnel d’ici 2028, grâce aux services numériques de confiance. Pour y parvenir, Orange Business mise notamment sur l'innovation dans l’IA et le cloud, grâce à une méthode d’exécution rodée, mais aussi dans la défense. Un segment porteur, pour lequel Orange Business a des ambitions de croissance claires et sur lequel de nouvelles annonces viennent d’être formulées. Sa stratégie pour les prochaines années se traduit au travers de trois piliers et s’appuie sur une approche pragmatique de la souveraineté et de la confiance numériques.
Orange à VivaTech. Photo de Xose Bouzas/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP
Orange à VivaTech. Photo de Xose Bouzas/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP

En présentant sa nouvelle feuille de route, « Trust the Future », le mois dernier, Orange avait établi plusieurs objectifs pour Orange Business. Soit de générer 500 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires grâce aux services numériques de confiance B2B d’ici 2028, ainsi que de faire atteindre les 2 milliards d’euros de revenus à Orange Cyberdéfense (spécialisée dans la cybersécurité et intégrée à ce segment opérationnel) en 2030.

« Orange Business fait partie des rares acteurs mondiaux capables d’opérer des infrastructures de bout en bout, du site client jusqu’au cloud, à l’échelle mondiale », a indiqué Aliette Mousnier-Lompré, directrice exécutive et directrice générale d’Orange Business, lors du sommet annuel de la division professionnelle de l’opérateur historique qui se tenait mardi. « Nous allons capitaliser sur nos forces et nos acquis pour repartir en conquête », a-t-elle poursuivi. En 2025, le ralentissement de ses activités les plus traditionnelles, comme la téléphonie fixe d’entreprise, ainsi qu’un contexte de marché délicat, avaient entraîné un recul de 4,8 % de son chiffre d’affaires (à 7,3 milliards d’euros) ainsi qu’une baisse de sa rentabilité de 6 %. L’objectif sera d’améliorer cette dernière de manière séquentielle sur les années à venir, dans la lignée de la trajectoire amorcée depuis 2022. Une ambition de conquête qui « se traduit concrètement par trois grands objectifs stratégiques », a précisé la dirigeante.

 

Une offensive dans l’IA et le cloud

 

Le premier sera celui de renforcer son cœur de métier. Cela passera par des vecteurs connus, comme le déploiement de la fibre en France, la gestion des flottes mobiles, la connectivité des objets, celle du wifi dans les bâtiments, les réseaux privés 5G pour les campus industriels et évidemment la cybersécurité. Certaines innovations y ont récemment été insufflées, à l’instar de l’intégration de cryptographie post-quantique sur les offres de connectivité, entre autres.

Deuxième pilier cœur du plan stratégique : partir à l’assaut de nouveaux marchés, pour aller chercher ces 500 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnels sur les trois prochaines années, grâce aux services numériques de confiance. « En particulier, nous allons passer à l’offensive sur le cloud et l’intelligence artificielle (IA), en faisant levier sur la puissance du groupe. Le principe que nous utilisons et répliquons, est celui de l’utilisation de plateformes qui sont construites et utilisées à la fois pour les salariés d’Orange, mais aussi pour nos entreprises clientes. Cela nous donne de la taille critique et accélère nos capacités d’innovation », a soutenu la patronne d’Orange Business. Sa plateforme « Live Intelligence » (qui intègre des assistants IA conversationnels prêts à l’emploi et la possibilité de créer et partager de manière collaborative ses propres assistants) en est un exemple. Utilisée par 100 000 collaborateurs en interne, cette solution logicielle est désormais proposée aux entreprises et collectivités clientes. Partant, elle sera désormais étoffée d’un studio de création d’agents, a annoncé Orange Business mardi.

 

Rester pragmatique

 

« La transformation des entreprises ira à la vitesse de l’humain, au gré des transformations de compétences, de processus, de culture et d’organisation. Cela implique un accompagnement fort en termes de conseil et de formation », a observé la dirigeante. Orange Business a également annoncé mardi le lancement d’une suite collaborative (messagerie, agendas, annuaires, espaces de travail, intranet, etc.), qui sera hébergée en France sur Cloud Avenue SecNum et opérée dans le centre de données d’Orange Business à Grenoble. Elle s’appuie aussi sur une chaîne logicielle intégralement européenne, à dominante française.

Une manière de proposer une solution souveraine, même si Orange Business souhaite avant tout adopter une approche pragmatique du sujet, puisque des technologies américaines sont par exemple proposées dans de très nombreux segments d’activité. « Nous vivons dans un monde ouvert, concurrentiel, où nos clients font leurs choix de technologies sur plusieurs critères (fonctionnalités proposées, capacités d’innovation des solutions et répondant à leurs enjeux de budget). Le sujet de la nationalité de la technologie n’est pas l’unique sujet de confiance. Dans le monde du digital, aucun acteur ni aucun pays ne maîtrise à 100 % sa chaîne de valeur. La bonne question est celle du contrôle sur les bons points de cette chaîne, dans les processus critiques, pour s’assurer de rester en maîtrise. Ce sont des questions de résilience, de réversibilité des solutions. Notre but est de donner des options à nos clients », a expliqué Aliette Mousnier-Lompré. « La souveraineté n’est pas l’enfermement, la souveraineté, c’est l’alternative et la capacité à avoir le choix », a complété Wassila Zitoune-Dumontet, directrice générale d’Orange Business France, faisant écho aux conversations tenues avec sa clientèle, composée de PME, ETI ou grandes entreprises du SBF 120.

 

Une direction défense

 

L’atteinte de ces 500 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaires passera aussi par le développement d’innovations sectorielles spécifiques, plus particulièrement dans la santé et dans la défense, avec un taux de croissance annuel moyen de 7 % visé pour cette dernière verticale sur les prochaines années. Si Orange est historiquement présent sur ce segment d’activité, une nouvelle direction qui y est dédiée avait aussi été créée en juin, au sein d’Orange Business. L’activité génère à date plusieurs centaines de millions d’euros de revenus et emploie 300 personnes. Orange Business a ainsi dévoilé, mardi, une nouvelle offre de solutions de lutte anti-drones, permettant de détecter, identifier et classer les drones intrusifs dans l’espace aérien basse altitude, partout en France, avec une capacité d’extension en Europe. L’offre sera proposée sous abonnement « Au vu du contexte actuel, elle suscite énormément d’intérêt de la part de nos clients, qu’ils soient privés ou publics », a indiqué Aliette Mousnier-Lompré.

Dernier pilier du plan stratégique : « Continuer à transformer Orange Business de manière volontariste afin d’offrir à nos clients une expérience qui soit plus digitale pour accroître aussi nos économies d’échelle et accroître notre compétitivité sur un marché mondial très concurrentiel », a poursuivi la dirigeante. C’est pour cette raison que la filiale d’Orange a annoncé, il y a quelques semaines, ouvrir des négociations en vue de nouer un partenariat stratégique mondial avec l’entreprise indienne Tech Mahindra. Une alliance commerciale ambitieuse, a précisé la dirigeante, qui devrait permettre d’apporter davantage de volume d’affaires grâce à des gains de parts de marché mondiales, mais aussi plus de compétitivité à ses plateformes. Il prévoirait l’externalisation au bénéfice de Tech Mahindra d’une partie du support client international d’Orange Business, ainsi qu’une partie de ses activités de cotation, commande, facturation située hors de France.

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