Macro-économie / Taux
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Risques extrêmes : quand l’assurance privée ne suffit plus / Les États appelés à bâtir des filets de sécurité financiers
Les catastrophes majeures pourraient dépasser les capacités du marché de l’assurance. Dans un nouveau rapport, l’OCDE alerte sur l’insuffisance de la protection financière face aux grands risques contemporains - catastrophes naturelles, cyberattaques ou pandémies. Si l’assurance constitue un pilier essentiel de la résilience économique, elle ne peut pas tout. Les gouvernements sont appelés à intervenir davantage, notamment via des programmes publics-privés.
L’OCDE rappelle que ménages, entreprises et institutions sont exposés tout au long de leur vie à des risques multiples susceptibles d’entraîner des pertes financières considérables. « L’accès à l’assurance peut jouer un rôle crucial pour les protéger contre des pertes potentiellement dévastatrices et fournir une source de financement sûre pour soutenir la reprise », souligne le rapport. Reste que, les marchés de l’assurance et de la réassurance restent limités face à certains événements rares mais destructeurs.
« Les marchés privés peuvent être incapables d’offrir une protection financière significative pour certains types de risques qui surviennent rarement mais provoquent des impacts sévères et généralisés », prévient l’OCDE.
Dans ce contexte, les pouvoirs publics sont appelés à jouer un rôle central. Les États doivent identifier les risques susceptibles d’affecter une large part de la population et évaluer si la protection financière existante est suffisante. À défaut, des mécanismes de soutien public doivent être envisagés.
« Les gouvernements jouent un rôle important pour s’assurer qu’une protection financière adéquate est disponible pour répondre aux risques catastrophiques », insiste l’organisation, qui recommande la mise en place de programmes d’assurance publics-privés ou de dispositifs d’indemnisation publique pour combler les lacunes.
Deux modèles principaux sont envisagés, peut-on lire dans le rapport. Les programmes publics-privés, qui mobilisent la capacité du secteur de l’assurance, seraient plus adaptés aux risques relativement fréquents, tandis que les mécanismes d’aide publique flexible conviendraient mieux aux événements très rares et incertains.
Les catastrophes naturelles, les cyberattaques ou les épidémies peuvent toucher une part importante de la population et provoquer des pertes économiques de plusieurs centaines de milliards de dollars. Or, les lacunes de couverture restent importantes.
Pour ces risques, les programmes publics-privés apparaissent particulièrement pertinents. « Le secteur de l’assurance peut contribuer à des paiements plus rapides, à la réduction de la fraude et à l’encouragement de la gestion et de la réduction des risques », note l’OCDE.
Les cyber-risques constituent également un cas particulier. L’augmentation des attaques et leurs conséquences sur les relations contractuelles pourraient justifier un soutien public afin d’éviter un retrait du marché de l’assurance. Le rapport s’inquiète aussi de la flambée des pertes liées aux feux de forêt : dans le détail, au sein des pays membres et partenaires de l’OCDE, les pertes économiques annuelles dues aux incendies ont été près de cinq fois plus élevées entre 2015 et 2024 qu’entre 2000 et 2014.
En cause ? L'urbanisation dans les zones exposées et par des conditions météorologiques plus favorables aux incendies. Cela commence à peser sur la disponibilité et le prix de l’assurance dans certains pays comme l’Australie, le Canada ou les États-Unis. Pour l'OCDE, la solution passe par la prévention. « L’augmentation des investissements dans la réduction des risques et l’adaptation est l’approche la plus durable pour améliorer l’accessibilité de l’assurance à long terme », souligne le rapport.
Sans surprise, les inondations représentent un autre point faible du système actuel. Dans plus de la moitié des pays de l’OCDE, moins de 30 % des pertes liées aux crues sont couvertes par l’assurance. Face à l’intensification des précipitations et à l’urbanisation dans les zones inondables, de plus en plus de pays mettent en place des dispositifs publics-privés pour soutenir l’assurance contre les inondations. Selon l’OCDE, ces programmes permettent d’élargir la couverture, de réduire l’exposition financière des États et d’encourager la prévention.
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