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La recette de la croissance d’Eiffage a encore fait ses preuves en 2025 / Trois ingrédients fondamentaux la composent

Porté par son modèle européen et intégré, tout en bénéficiant de ses positions de long terme et bien ancrées dans le secteur de la transition énergétique, le spécialiste du BTP et des concessions a terminé l’année 2025 en forte croissance. La rentabilité est aussi au rendez-vous, tandis que la progression de son bénéfice net a été légèrement grevée par la fiscalité en vigueur en France.
(Photo de Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo de Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

La croissance d’Eiffage a le vent en poupe. Le spécialiste du BTP et des concessions, qui a intégré le CAC 40 en toute fin d’année dernière, a enregistré 25,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 8 % à données réelles. Une croissance nettement tirée par celle de ses activités de travaux. Elles ont généré 21,3 milliards d’euros et ont progressé de 9,2 % au total sur un an, tandis que les concessions (APRR, AREA, Viaduc de Millau…) ont vu leurs revenus se fixer à près de 4 milliards d’euros, soit une hausse de 2,3 %.

A périmètre et taux de change constants, la croissance du chiffre d'affaires du groupe s’affiche elle aussi robuste, à 4,8 % sur un an (et même de 5,3 % côté travaux). « Ce n’est pas grâce à la course aux volumes, au contraire, puisque notre rentabilité augmente », a souligné le président-directeur général d’Eiffage, Benoît de Ruffray, en présentant les résultats à la presse. Dans les travaux, le résultat opérationnel courant s’est en effet apprécié de 15,8 %, à près d’un milliard d’euros (dont 500 millions d’euros pour Eiffage Énergie Systèmes) pour une marge portée à 4,6 %, contre 4,3 % l’an passé. Eiffage Energie Systèmes a de son côté fait grimper la sienne à 6,2 %, en hausse de 40 points de base.

 

Des raisons sous-jacentes

 

Derrière cette trajectoire de croissance organique, le patron d’Eiffage identifie trois facteurs de différenciation, qui se déclinent autour de ses différents métiers. Le premier concerne son positionnement affirmé dans un ensemble d’activités ayant trait à la transition énergétique. C’est par exemple le cas sur les centrales solaires, dont la construction s’accélère en Europe, a indiqué Benoît de Ruffray. Un terrain sur lequel le groupe est installé depuis 25 ans : « Lorsque vous êtes reconnus dans un secteur et que vous avez été parmi les premiers à y être positionné, vous êtes aussi les premiers à profiter de sa croissance », a-t-il résumé. Eiffage a par exemple remporté un contrat de 134 millions d’euros en Espagne en 2025, afin d’y construire deux centrales solaires photovoltaïques. Il en va de même avec l’exposition à l’éolien terrestre ou offshore, ou bien le nucléaire, tant sur la maintenance des sites existants que sur de nouveaux projets, comme avait déjà pu en témoigner son contrat de génie civil pour le chantier EPR2 de Penly.

« Le deuxième élément, est le dynamisme de nos grands pays », a expliqué Benoît de Ruffray. Le groupe s’attache en effet à cultiver son profil européen, ce qui a du bon. Dans les travaux, il réalise désormais 39 % de ses revenus sur le Vieux continent, hors de France. Et la croissance de l’activité s’y est affichée à 16,6 % en 2025. Une tendance constante depuis cinq ans, a quant à lui précisé le directeur financier d’Eiffage, Christian Cassayre, puisque le taux de croissance annuelle totale y a toujours dépassé les 15 % sur cette période. L’Allemagne, l’Espagne et les Pays-Bas pèsent par exemple désormais près de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en cumulé. Pour continuer à densifier son maillage, le groupe a par ailleurs procédé à un certain nombre d’acquisitions en Europe l’année dernière, notamment du côté d’Eiffage Énergie Systèmes.

Enfin, a indiqué le P.-D.G. d’Eiffage, le fonctionnement autonome et décentralisé des régions et des pays du groupe, doublé d’une organisation plate, favorise la capacité à mobiliser ses différents métiers pour répondre à des appels d’offres. « Dans les enjeux de transition écologique, la valeur se trouve à l’interstice de nos métiers », a-t-il assuré.

 

La fiscalité met son grain de sable

 

À 1,02 milliard d’euros, le bénéfice net du groupe est resté proche de son niveau de 2024. Il a été amputé par la fiscalité en vigueur en France, comme la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises ainsi que la taxe sur les autoroutes. À fiscalité constante, il aurait progressé de 8,9 %. Eiffage a par ailleurs généré 2,1 milliards d’euros de cash-flow libre l’an passé, tandis que l’entreprise a aussi déployé 800 millions d’euros d’investissements en croissance externe. Le mouvement le plus significatif a été opéré du côté de son activité de concessions, avec l’annonce du rachat de 7,11 % du capital de Getlink au mois d’octobre, faisant d’Eiffage le premier actionnaire de l’exploitant de l’Eurotunnel, à hauteur de 27,66 %.

Une entreprise dont le groupe n’a pas l’intention de prendre le contrôle, a réitéré Benoît de Ruffray, mais qui s’inscrit dans la droite ligne de sa stratégie : un développement européen dans les concessions, opérant dans des métiers qu’il connaît et permettant de se projeter sur du long terme. L’opération aura coûté près de 700 millions d’euros au groupe, et le reste de l’enveloppe de croissance externe a été consacré à l’acquisition de huit sociétés aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne et en Italie.

L’année 2026, le groupe l’aborde avec confiance. Sur le plan des commandes de taille, celle de 2025 a essentiellement été marquée par le gain d’un grand contrat signé avec RTE (afin de développer et construire trois sous-stations électriques de parcs éoliens français en mer, en mobilisant un certain nombre de ses métiers), pour un montant global du marché de plus d’1,5 milliard d’euros. Son carnet de commandes des travaux avait atteint près de 30 milliards d’euros en fin d’année dernière, en hausse de 3 % - ceci témoignant également de la bonne santé des chantiers de proximité. La croissance est apparue tout particulièrement marquée chez Eiffage Énergie Systèmes. Elle devrait aussi profiter à la hausse de l’activité de travaux en 2026, dont la rentabilité est également attendue en progression.

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