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Macro-économie / Taux

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Budget 2026 : les ménages qui y gagnent, ceux qui y perdent / Familles nombreuses et plus aisés sollicités

Selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les réformes socio-fiscales intégrées dans la loi de finances et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 redistribuent les cartes : si une partie des travailleurs à bas revenus voit son niveau de vie progresser, les familles avec adolescents et les ménages les plus aisés subissent des pertes nettes.
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Sébastien Lecornu, Premier ministre - Photo par QUENTIN DE GROEVE / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Chez les ménages, qui sont les gagnants et les perdants du nouveau cru budgétaire ? Prime d’activité revalorisée, allocations familiales rabotées, fiscalité du capital alourdie, contribution sur les hauts revenus prolongée : la loi de finances et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 combinent quatre mesures majeures qui produisent des effets redistributifs contrastés. C’est ce sur quoi les économistes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) se sont penchés.

Pour mémoire, le budget 2026 renforce la prime d’activité en augmentant la bonification maximale de 184 euros à 239 euros par mois et en abaissant le seuil pour en bénéficier de 1,20 à 1,15 SMIC, ce qui soutient davantage les bas salaires et élargit légèrement le nombre de bénéficiaires. Son entrée en vigueur est supposée au 1er avril 2026. Toutefois, au vu du coût budgétaire annoncé (700 millions d'euros en 2026, 2 milliards d'euros en année pleine), les gains estimés pourraient être surestimés. Par ailleurs, la réforme des allocations familiales réduit la majoration pour âge : elle ne sera plus versée dès 14 ans mais à partir de 18 ans, avec une application progressive et maintien des droits acquis.

Côté fiscalité, les prélèvements sociaux sur les revenus du capital passent de 17,2 % à 18,6 %, portant le taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31,4 %. La hausse concerne notamment dividendes, intérêts, plus-values mobilières et locations meublées non professionnelles, mais exclut les revenus fonciers et plus-values immobilières. Enfin, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est prolongée afin d’assurer un taux minimal effectif de 20 % pour les foyers aux revenus très élevés (au-delà de 250 000 euros pour une personne seule, 500 000 euros pour un couple), limitant ainsi l’optimisation fiscale.

Premier constat : les ménages les plus modestes ne seraient pas les principaux gagnants. "Selon nos simulations, le revenu disponible des ménages appartenant au 5 % les plus modestes serait amputé de 55 euros par an en moyenne, soit une baisse de 0,5 % de leur niveau de vie", expliquent Mathieu Plane, Pierre Madec et Raul Sampognaro, auteurs de l’étude. En cause : la suppression de la majoration pour âge des allocations familiales, qui "touche une partie des familles très modestes avec enfants, sans que la prime d’activité ne compense intégralement".

Les principaux bénéficiaires se situeraient dans les 3e à 8e vingtièmes de niveau de vie. Le gain maximal apparaît autour du 8e vingtième, avec "+82 euros par ménage, soit +0,3 % de leur niveau de vie". Cette tranche regroupe de nombreux travailleurs à bas salaires, particulièrement éligibles à la prime d’activité revalorisée.

Mais à partir du 10e vingtième, la balance redevient négative : « la suppression de la majoration pour âge l’emporte sur des gains de prime d’activité qui s’amenuisent rapidement », note l’étude.

En haut de la distribution, le dernier vingtième concentre l’essentiel de l’effort fiscal. La combinaison de la contribution différentielle sur les hauts revenus et de la hausse des prélèvements sociaux sur le capital se traduit par "une perte d’environ 800 euros par ménage, soit −0,6 % de leur niveau de vie". L’OFCE souligne que "la CDHR concentre en réalité les pertes tout en haut de la distribution compte tenu de son ciblage".

L’étude met en lumière d’importantes disparités selon la composition du foyer. "Les résultats agrégés par vingtième masquent une hétérogénéité importante liée à la composition du foyer", préviennent les auteurs.

Les couples avec deux enfants ou plus ainsi que les familles monoparentales avec deux enfants ou plus enregistrent "les pertes les plus importantes en valeur absolue", sous l’effet combiné de la suppression de la majoration pour âge et d’une prime d’activité insuffisante pour compenser.

À l’inverse, les familles monoparentales avec un enfant affichent "un gain net positif, notamment dans les déciles 2 à 5", grâce à une majoration spécifique de la prime d’activité. Les couples sans enfant et les personnes seules restent globalement peu affectés, sauf en haut de distribution où s’appliquent la hausse de CSG sur le capital et la contribution sur les hauts revenus.

L’étude souligne enfin que, "rapporté au niveau de vie, la hiérarchie est fortement conditionnée par la composition du foyer". À revenu équivalent, un couple avec enfants et une personne seule ne subissent pas du tout les mêmes effets. La proportion de gagnants varie également fortement : "pour les familles monoparentales avec un enfant, plus de la moitié des ménages sont gagnants dans les premiers déciles", tandis que pour les ménages avec deux enfants ou plus, "les perdants sont rapidement majoritaires dès les déciles médians".

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