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Fnac Darty accélère dans les services, mais le marché français reste contrarié / Des dynamiques en Europe qui diffèrent
L’annonce faite par Fnac Darty, à la fin du mois de janvier, de la réception d’une offre publique d’achat (OPA) amicale de la part de Daniel Kretinsky, s’était assortie de l’obligation de publier ses résultats préliminaires de 2025. Si la publication annuelle du groupe, parue ce mercredi après la fermeture des marchés, n’a pas permis de donner de plus amples détails sur l’avancée à date de l’offre de son premier actionnaire - que son conseil d’administration a pour l’heure accueillie favorablement - les chiffres qui y figuraient ne représentent donc pas de surprise.
En 2025, le chiffre d’affaires de l’enseigne est ressorti en hausse de 0,7 % sur un an à périmètre et taux de change comparables, à 10,3 milliards d’euros, tandis que le résultat opérationnel courant a légèrement progressé : il est passé de 200 millions d’euros en 2024 à 203 millions d’euros en 2025. La marge correspondante a atteint 2 %, contre 1,9 % en 2024. Le résultat net, part du groupe, des activités poursuivies ajusté, est de 28 millions d’euros.
La croissance a été portée par les services, indique Fnac Darty, dont le développement représente l’une des pierres angulaires de son plan stratégique à l’horizon 2030, "Beyond Everyday". Leur croissance est en effet à deux chiffres dans la majorité des géographies. Dans l’ensemble, le groupe compte désormais quelque 2,4 millions d’abonnés à tous ses services confondus. La diversification, également, affiche une dynamique tangible, notamment grâce à la papeterie, tout comme les produits éditoriaux, portés par le lancement de la console Switch 2. Les produits techniques sont, eux, plus à la peine, du fait de la baisse des ventes de téléviseurs et de téléphones neufs.
D’autres leviers stratégiques qui s’activent
Alors que le groupe entend aussi consolider son modèle d’omnicanalité de ses ventes grâce à sa nouvelle feuille de route, les évolutions par canal de distribution semblent témoigner d’une direction opportune. Les ventes en ligne ont grimpé de 5,8 % sur un an (22 % du total du chiffre d’affaires). Celles dites « omnicanales », permettant d’acheter en ligne et de récupérer sa commande en magasin (elles pèsent pour moitié dans les ventes en ligne), restent stables, en dépit de ventes physiques ayant tourné au ralenti. « L’année écoulée a conforté notre modèle et confirmé la pertinence de notre trajectoire, malgré un contexte macroéconomique difficile en France », a en tout cas commenté Enrique Martinez, directeur général de Fnac Darty, à l’occasion de la publication.
Il est vrai que la progression des revenus a été plus limitée en France, à hauteur de 0,5 %, tandis que l’activité observée au mois de décembre dans l’Hexagone a été « décevante », indique le groupe, notamment en magasin. « Les chiffres publiés par la Banque de France confirment un contexte particulièrement difficile pour le secteur de la distribution, avec une tension forte sur le pouvoir d’achat des ménages », rappelle Fnac Darty. Pour mémoire, le groupe a par ailleurs fait savoir au mois de janvier avoir entamé un processus de cession de son enseigne Nature & Découvertes, non inclue dans les comptes annuels, qui a enregistré une perte de 18 millions d’euros en 2025.
Intégration poursuivie
Le reste de l’Europe affiche, lui, une meilleure forme, en grimpant de 1,1 % sur un an. Le Portugal et l’Espagne ont été particulièrement dynamiques, avec des progressions de l’activité respectives de 7,3 % et 6,6 %. La Suisse ne démérite pas, avec une hausse de 5,2 %. En revanche, l’Italie, qui est devenue le deuxième marché du groupe grâce au rachat d’Unieuro, recule de 1,1 %, du fait d’une forte intensité concurrentielle, notamment sur le segment téléphonie, ainsi que d’une base de comparaison élevée pour la télévision. Le groupe précise toutefois que la performance opérationnelle de l’Italie a été satisfaisante, dans la mesure où elle contribue à elle seule à plus de 60 % de la progression du résultat opérationnel courant du reste de l’Europe. L’opération d’acquisition du "Darty italien", qui avait été menée avec l’appui de Daniel Kretinsky, devrait en tout cas bien produire les 20 millions d’euros de synergies attendus en 2026.
Du côté de la structure financière, le cash-flow libre opérationnel s’est établi à 145 millions d’euros, en recul par rapport à l’année précédente, du fait d’une augmentation des investissements, plus particulièrement en Italie et en France. Dans le cadre de "Beyond Everyday", le groupe prévoit d’en générer plus de 1,2 milliard d’euros sur l’ensemble de sa période d’exécution. Un objectif réitéré à l’occasion de la publication, tout comme celui que sa marge opérationnelle atteigne 3 % à cette échéance. En attendant, pour 2026, Fnac Darty prévoit que ces deux indicateurs s’afficheront en progression.
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