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En 2025, EDF a produit plus pour gagner moins / L’électrification des usages pour contrer la baisse des prix

Malgré une production nucléaire et hydraulique en forte hausse et des exportations record, EDF voit ses résultats 2025 reculer sous l’effet de la baisse des prix de l’électricité. Dans un marché moins rémunérateur et pour vendre plus, le groupe mise donc sur l’électrification des usages en invitant les industriels à multiplier les accords de long terme, les opérateurs de data centers à nouer des partenariats et les acteurs du bâtiment à basculer vers l’électricité.
Bernard Fontana (Photo : Bertrand GUAY / AFP)
Bernard Fontana (Photo : Bertrand GUAY / AFP)

Vendredi matin, dans un contexte de baisse des prix de l’électricité, EDF a logiquement dévoilé des résultats 2025 en retrait sur un an. Le chiffre d’affaires du groupe s’est établi à 113,3 milliards d’euros, contre 118 milliards en 2024. L’excédent brut d’exploitation recule, lui, plus nettement, à 29,3 milliards d’euros, contre 36,5 milliards un an plus tôt. « Nous le qualifions de solide dans un contexte de prix en baisse. Il se situe dans la partie haute de notre projection lors de la présentation des résultats 2024 », a déclaré le nouveau directeur financier du groupe, Claude Laruelle, qui présentait pour la première fois les performances annuelles d’EDF.

Le résultat d’exploitation est ressorti à 13,1 milliards d’euros, contre 18,3 milliards lors de l’exercice précédent. Le bénéfice net a atteint, quant à lui, 8,4 milliards d’euros, en recul de 3 milliards, en raison notamment d’une dépréciation de 2,5 milliards d’euros liée au projet Hinkley Point C.

 

Une production qui dépasse les attentes

 

Enfin, le groupe affiche un cash-flow opérationnel de 9,6 milliards d’euros, ce qui a contribué à réduire l’endettement financier net de 2,9 milliards d’euros, à 51,5 milliards d’euros à la fin de l’exercice. Dans le même temps, les investissements nets se sont élevés à 24 milliards d’euros en 2025, en hausse de 2,5 milliards, notamment en raison du rachat des activités d’Arabelle Solutions et de l’acquisition de 5 % du capital de Framatome, pour un montant total de 900 millions d’euros. L’on notera également qu’au titre de l’exercice 2025, EDF versera un dividende d’un milliard d’euros à l’État, contre deux milliards en 2024. La contribution exceptionnelle sur les bénéfices s’élèvera à 567 millions d’euros.

Et pourtant, sur le plan industriel, la production est en hausse. Le parc nucléaire français a produit 373 térawattheures (TWh), soit 11,3 TWh supplémentaires par rapport à 2024, permettant d’atteindre un niveau record d’exportations nettes de 92,3 TWh. L’hydraulique a également progressé, avec 42,6 TWh produits en France, au-delà des objectifs fixés. « Nous avons battu le record de production des STEP (stations de transfert d’énergie par pompage) qui s’est établi à 6 TWh, après un précédent record en 2014 », a souligné le président-directeur général, Bernard Fontana. La baisse des prix de marché a toutefois entraîné un impact négatif de 6,2 milliards d’euros sur l’excédent brut d’exploitation.

 

Changer de braquet sur l’électrification

 

Pour 2026, dans un contexte de prix toujours orientés à la baisse, le groupe prévoit un Ebitda solide, mais en léger retrait, et confirme ses objectifs pour 2027 : un endettement financier net sur Ebitda inférieur à 2,5 fois et une dette économique ajustée sur Ebitda ajusté inférieure à 4 fois.

C’est dans ce contexte que Bernard Fontana appelle à accélérer l’électrification des usages. « Nous allons poursuivre notre politique commerciale et accompagner les clients industriels dans l’électrification de leurs process. Mais je pense qu’il nous faut changer de braquet. Quand on veut vraiment on y arrive ».

En 2025, le groupe a signé 47 TWh de contrats moyen et long terme, soit 18 000 contrats. Dix-huit d’entre eux concernaient des industriels électro-intensifs, dont 12 CAPN (contrats d’allocation de production nucléaire). « Entre-temps, nous nous sommes mis d’accord avec Exeltium en début d’année 2026 pour un contrat allant jusqu’à 10 TWh par an. Nous avons également élargi les CAPN aux consommateurs finaux, qui consomment plus de 7 TWh, aux fournisseurs, aux producteurs d’énergie. Nous avons eu l’annonce de la signature il y a quelques jours d’ArcelorMittal s’agissant de la construction d’un four électrique à Dunkerque. Il s’agit d’un CAPN sur 18 ans illustrant l’engagement que nous avons à électrifier les usages. Nous avons également trouvé un accord avec Safran qui va construire une nouvelle usine de freins à carbone en France. C’est une logique de confiance en travaillant les procédés avec les industries. Je pense que les acteurs sont mobilisés. Vous pouvez compter sur EDF pour mettre le paquet sur l’électrification », a-t-il insisté.

 

L’opportunité des data centers

 

Le développement des centres de données fait également partie de ses priorités. « Nous proposons des terrains avec un raccordement accéléré au réseau et nous souhaitons continuer dans cette direction et travailler sur la vitesse à laquelle nous proposons ces data centers. C’est en général un critère déterminant pour ceux qui souhaitent en avoir », a précisé Bernard Fontana.

Pour mémoire, l’an dernier, EDF et OpCore - coentreprise réunissant le groupe Iliad et des fonds gérés par InfraVia Capital Partners - se sont engagés pour développer un centre de données de plusieurs centaines de mégawatts sur le site de l’ancienne centrale thermique de Montereau-Vallée-de-la-Seine. L’investissement prévu pour OpCore s’élève à environ 4 milliards d’euros. De son côté, Eclairion reprend deux sites en Lorraine. « Ce sont 60 hectares qui ont été valorisés pour près d’un gigawatt de nouvelles puissances installées en France », a rappelé le dirigeant.

Bernard Fontana a également évoqué la mobilité électrique et les pompes à chaleur dans le bâtiment : « J’ai noté que le gouvernement a mentionné à l’occasion de la diffusion de PPE3 (nouvelle feuille de route énergétique de la France) la volonté de remonter dès 2026 à 300 000 pompes à chaleur par an. Et nos collègues travaillent à voir comment nous pouvons contribuer à aller jusqu’à un million par an dans les années qui vont au-delà de 2026 », a-t-il souligné.

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