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Louis Hachette Group profite de la croissance de Lagardère / Tandis que Prisma Media poursuit son recentrage
Un an après sa création, à la suite de la scission de Vivendi, Louis Hachette Group s’affiche en forme. L’entité détenue à hauteur de 31 % par le groupe Bolloré, structure de tête de Lagardère SA et Prisma Media, a fait grimper son chiffre d’affaires de 4,2 % en 2025 en données publiées, a 9,6 milliards d’euros. Une activité nettement portée par celles du groupe Lagardère, en croissance de 4,6 % (9,35 milliards d’euros) tandis que les revenus de Prisma Media ont accusé le coup à hauteur de 9,3 % (266 millions d’euros). Le résultat opérationnel ajusté de Louis Hachette Group (EBITA) a grimpé de 8 %, à 551 millions, de nouveau grâce à une hausse observée dans toutes les activités du groupe Lagardère. La génération de cash-flow a quant à elle atteint 558 millions d’euros, en hausse de 9 %, ce qui permettra à la société de poursuivre son désendettement. L’endettement net s’élève à près d’1,6 milliard d’euros à fin 2025, en amélioration de 236 millions d’euros.
Prisma Media en revue
Un modèle reposant dans l'ensemble sur plusieurs jambes, qui ne sont pas soumises aux mêmes tendances. Chez Prisma Media, le net recul du chiffre d’affaires est lié à l’érosion de la diffusion de la presse magazine, indique par exemple le groupe, ainsi qu’aux changements des usages sur le digital. Ce qui entraîne, ainsi, un recul de la publicité en ligne. « Le 1er décembre 2025, Prisma Media a finalisé l’acquisition des magazines Ici Paris et France Dimanche. Cette opération permet de renforcer le leadership de Prisma Media dans la presse de divertissement et de consolider un pôle people ambitieux aux côtés de Voici », précise Louis Hachette Group.
En parallèle, Prisma Media a engagé un processus en vue de céder son pôle luxe à Vivendi (« Côté maison », « The Good Life », « Ideat », « Milk », ou encore la licence de « Harper’s Bazaar »), rappelle Louis Hachette Group, ce qui lui permettra de se recentrer sur ses activités historiques. La finalisation de l’opération pourrait intervenir d’ici à la fin du mois de juin. Ce pôle pèse à hauteur de 22 millions d’euros de chiffre d’affaires. Concomitamment à cette opération, Vivendi devrait acquérir 14 % du capital de Prisma Media, dont l’EBITA a par ailleurs plongé dans le rouge à hauteur de 43 millions d’euros l’année dernière. Une baisse essentiellement liée aux coûts de restructuration.
Une édition résistante en France
Les activités du groupe Lagardère affichent, elles, une dynamique bien différente. Lagardère Publishing (Fayard, Hachette, Calmann-Lévy…) a réalisé 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 4,5 % en données publiées et 2,7 % en données comparables. L’écart s’expliquant par un effet périmètre positif notamment lié aux acquisitions de Sterling Publishing aux Etats-Unis et de 999 Games, ainsi que du fait d’un effet de change négatif ayant trait à la dépréciation du dollar. Si l’activité a grimpé de 3 % aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, la France a réalisé une performance de + 2 %, notable dans un marché en baisse de 1,5 %.
Certains grands succès y ont contribué : le nouvel album d’Astérix qui s’est écoulé à plus de deux millions d’exemplaires, Je voulais vivre signé par la lauréate du prix Renaudot 2025, Adélaïde de Clermont-Tonerre, édité chez Grasset ou bien Le Journal d’un prisonnier de Nicolas Sarkozy, édité chez Fayard. L’EBITA de Lagardère Publishing a grimpé de 6,6 % sur un an, à 308 millions d’euros, à la faveur de la croissance de l’activité, d’un mix de ventes favorable ou encore grâce à la gestion de plus-values de cessions immobilières. La marge s’affiche à 10,3 % du chiffre d’affaires.
Toujours moteur
Lagardère Travel Retail reste de son côté, sans conteste, la locomotive de Louis Hachette Group. Ses revenus s’établissent à 6,1 milliards d’euros, en hausse de 5,5 % en données publiées et de 4,4 % en comparables (et de + 6,5 % hors Asie du Nord, en restructuration, seule région en décroissance). « L’écart entre les données publiées et comparables s’explique par l’entrée dans le périmètre de l’activité Duty Free de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol en mai 2025 », indique le groupe. En France, les revenus ont été portés par le dynamisme du trafic aérien, les gains de concessions et des initiatives commerciales dans les points de vente Duty Free. La zone EMEA, en hausse de 7 %, a également profité de la fréquentation des aéroports et de l’extension des réseaux. L’Afrique (+ 25 %) accélère son développement. La zone Amériques oscille entre une activité résiliente au Nord, en dépit d’un trafic aérien stable et d’un contexte économique plus tendu, tandis que le Sud affiche une santé de fer (+ 28 %), grâce à la reprise du trafic touristique et l’ouverture du nouvel aéroport de Lima au Pérou.
Lagardère Live a de son côté vu sa croissance s’éroder de 14,4 % en données publiées, en raison de la cession de Paris Match à LVMH en octobre 2024, mais tient le coup à données comparables (+ 1,4 %), grâce à la progression des audiences d’Europe 1 ou la croissance des licences « Elle ».
« Tous ces résultats confirment la pertinence du modèle stratégique de Louis Hachette Group et renforcent notre volonté de poursuivre notre politique d’allocation de capital exigeante et créatrice de valeur, portée par les performances robustes et la complémentarité de nos activités. En outre, nous maintiendrons une rémunération régulière de nos actionnaires et réaliserons des investissements ciblés tout en maintenant une stricte discipline financière », a en tout cas indiqué Jean-Christophe Thiery, Président-Directeur Général de Louis Hachette Group.
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