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Macro-économie / Taux

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Déficit public : la Cour des comptes pointe de nombreux aléas haussiers pour 2026 / Tant les recettes que les dépenses pourraient aller dans le mur

Dans un rapport, les Sages de la rue Cambon font valoir que l’objectif de déficit public à 5 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2026 est entouré de risques « importants » en lien notamment avec une inflation qui pourrait être plus faible que prévue et des stratégies d’adaptation des comportements fiscaux liées à la surtaxe de l’IS.
Carine Camby, Première présidente par interim de la Cour des comptes - Photo par JACQUES DEMARTHON / VARIOUS SOURCES / AFP
Carine Camby, Première présidente par interim de la Cour des comptes - Photo par JACQUES DEMARTHON / VARIOUS SOURCES / AFP

La Cour des comptes n’est pas totalement confiante dans la consolidation budgétaire française pour 2026. Les Sages de la rue Cambon se sont penchés sur la question à l’occasion de leur traditionnel rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques. Alors que le gouvernement vise à faire refluer le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, après 5,4 % en 2025, la Cour des comptes fait valoir que l’objectif de réduction est « très incertain ». Ce sont tant les trajectoires escomptées des dépenses que des recettes qui sont en cause.

En prenant en compte le projet de loi de finances pour 2026 (PLF) sur lequel l’exécutif a engagé sa responsabilité et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, les mesures nouvelles en prélèvements obligatoires représentent 12,4 milliards d’euros, après 23,2 milliards d’euros en 2025.

« Les recettes associées aux mesures nouvelles qui seront effectivement perçues en 2026 restent entourées d’incertitude, en raison de modalités encore à préciser ou de possibles adaptations des comportements fiscaux, comme l’illustre le rendement décevant de la contribution différentielle sur les hauts revenus en 2025 », prévient la Cour. Ce dispositif aura rapporté 400 millions d’euros l’an passé, contre 1,9 milliard d’euros attendu.

De plus, « la prorogation à l’identique de la surtaxe exceptionnelle sur les grandes entreprises pourrait accentuer ces comportements, dont l’ampleur reste difficile à évaluer. Par ailleurs, en dépit de la réduction du champ de cette mesure, qui ne concernera pas les entreprises de taille intermédiaire en 2026, la prévision de son rendement par le Gouvernement est quasiment inchangée, laissant craindre de moindres recettes », soulignent les Sages.

Enfin, la Cour des comptes juge que les recettes attendues du renforcement de la lutte contre la fraude fiscale (1,5 milliard d’euros), « peu documentées », pourraient également décevoir.

La croissance des recettes sera aussi fonction de l'inflation. Or, la hausse annuelle des prix à la consommation est plus basse qu'attendu, ayant atteint seulement 0,8 % en décembre 2025 et 0,3 % en janvier 2026. "Une telle évolution est susceptible d’exercer, à court terme, un effet modérateur sur le produit de la taxe sur la valeur ajoutée et, par le canal de la masse salariale, sur les cotisations et contributions sociales. Il en résulte l’introduction d’un biais plus défavorable sur les perspectives de prélèvements obligatoires", avertit la Cour.

Sur le versant "dépenses publiques", l'exécutif prévoit une hausse de 0,7 % en volume de l'ensemble d'entre elles. Dans le détail, hors inflation, elles progresseraient de 1,7 % pour les administrations publiques centrales, 0,5 % pour les administrations de Sécurité sociale et baisseraient de 0,3 % pour les administrations publiques locales.

"Des incertitudes importantes entourent [...] l’atteinte de ces objectifs à défaut de réformes structurelles, notamment s’agissant des efforts d’économies de l’État et de ses opérateurs ainsi que des risques de dépassement des dépenses de santé", explique la Cour.

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