Macro-économie / Taux
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Climat : les collectivités locales réduisent la voilure sur les dépenses « brunes » / Mais l’effort devra tripler d’ici 2035
La bascule s’amorce, mais la marche reste haute. Les dépenses d’investissement défavorables au climat des collectivités territoriales sont estimées à 5,6 milliards d’euros en 2024, soit une baisse de 25 % en volume depuis 2014, selon une étude du think tank I4CE. La diminution est encore plus forte rapportée à l’ensemble des dépenses d’équipement locales. Sur la même période, les investissements en faveur du climat ont progressé de 20 % pour atteindre près de 8 milliards d’euros. En dix ans, les budgets locaux ont donc été en partie repensés.
Dans le détail, les achats de biens « bruns » ont reculé de 19 %, en lien avec la baisse des acquisitions de bus, cars et véhicules légers thermiques. Certaines lignes continuent de connaître une bonne dynamique comme celle des véhicules utilitaires thermiques. Les collectivités ont également contenu la hausse de leurs dépenses énergétiques fossiles malgré l’envolée des prix à partir de 2021, en mettant en oeuvre des actions de sobriété énergétique.
Reste que, les données ne permettent pas d’établir un lien automatique entre la hausse des investissements climat et la baisse des dépenses défavorables, puisque, si dans certains cas, la réduction de projets bruns a directement libéré des marges de manoeuvre pour financer des projets verts, dans d'autres, les deux mouvements ont évolué en parallèle, sans mécanisme budgétaire de réallocation.
L’étude, qui s'est appuyée sur des entretiens avec 26 collectivités, met en évidence la convergence de quatre facteurs. On peut d'abord citer la contrainte budgétaire, la crise énergétique a joué un rôle d’accélérateur : face à la flambée des prix, les collectivités ont cherché à réduire leurs consommations, en priorisant la rénovation énergétique des bâtiments ou la modernisation de l’éclairage public. La réduction de certaines dépenses défavorables a souvent été perçue comme un co-bénéfice d’une stratégie d’économies.
Par ailleurs, le cadre réglementaire a pesé. Les obligations de verdissement des flottes issues de la loi d’orientation des mobilités, le décret tertiaire ou encore les objectifs de réduction de l’artificialisation des sols ont limité certains investissements riches en carbone et ont favorisé des alternatives plus compatibles avec la transition.
Le développement de subventions et de prêts intégrant des critères environnementaux a également favorisé le financement de projets climat et rehaussé l’ambition écologique de certains investissements. De plus l'étude met en avant le comportement des élus et des services techniques puisque lorsque les équipes locales sont sensibles aux enjeux climatiques, elles arbitrent plus volontiers en faveur de solutions bas-carbone.
Ce mouvement reste cependant insuffisante au regard des trajectoires fixées par la Stratégie nationale bas-carbone, puisque selon ses hypothèses, les investissements défavorables des collectivités devraient tomber à environ 1,5 milliard d’euros par an d’ici 2035. Tant et si bien que le rythme de réduction attendu sur la prochaine décennie serait ainsi trois fois plus rapide que celui observé depuis 2014.
Concrètement, la rupture la plus importante concernerait les véhicules utilitaires thermiques, qui devraient quasiment disparaître des budgets locaux à l’horizon 2035. Les investissements dans les chaudières fossiles devraient diminuer de près de moitié, tandis que la construction neuve artificialisante serait appelée à reculer d’environ 80 %. À l’inverse, la baisse déjà engagée pour les véhicules légers, les bus thermiques ou certaines infrastructures routières apparaît plus cohérente avec la trajectoire.
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