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Vers un nouvel épisode sur le dossier du rachat de Warner Bros ? / Des rebondissements après la dernière offre de Paramount

La semaine passée aura été le théâtre de plusieurs rebondissements dans le feuilleton du rachat de Warner Bros, qui devait initialement être acquis à Netflix. Au programme : une offre bonifiée soumise par Paramount Skydance, résolument décidé à être invité à la table des négociations, ou l’arrivée d’un fonds activiste au capital du groupe, opposé à l’offre du géant du streaming. Le conseil d’administration du propriétaire des mythiques studios hollywoodiens aurait décidé de rouvrir des discussions avec la firme dirigée par David Ellison. Il reste toutefois lié à un accord avec son premier prétendant.
(Photo : Michael Yanow / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
(Photo : Michael Yanow / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Le rachat de Warner Bros n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Ce feuilleton, qui avait officiellement débuté en décembre dernier au travers d’une offre déposée par Netflix, visant à mettre la main sur les studios mythiques du groupe hollywoodien, ainsi que sur la chaîne HBO et la plateforme de streaming HBO Max, pourrait en effet connaître un nouveau rebondissement. Citant des sources proches du dossier, Bloomberg faisait savoir dimanche soir que Warner Bros Discovery (WBD) envisageait bien de rouvrir les négociations de vente avec Paramount Skydance, à la suite de la réception de la nouvelle offre modifiée de cet autre candidat acquéreur, en début de semaine dernière. "WBD examinera l’offre publique d’achat modifiée et communiquera la recommandation du conseil à ses actionnaires à l’issue de cet examen", avait déjà indiqué le groupe dans la foulée.

Le conseil d’administration de WBD n’aurait pas encore décidé de sa réponse et reste lié par un accord avec Netflix, conclu au début du mois de décembre 2025. Le groupe sera tenu de lui verser une indemnité de rupture de 2,8 milliards de dollars s’il abandonnait le projet de fusion existant. Si WBD avait auparavant indiqué que son conseil d’administration s’opposait à l’offre de rachat non sollicitée de Paramount, depuis qu’il en avait officiellement reçu la première version quelques jours après celle de Netflix, il s’agirait donc de la première fois qu’il envisagerait la possibilité que cette nouvelle offre puisse découler sur un accord plus avantageux, ou bien qu’elle pousse Netflix à revoir la sienne à la hausse.

Selon les termes de l’offre relevée de Paramount, la firme dirigée par David Ellison s’engage ainsi à prendre en charge l’indemnité de rupture existante, à garantir le refinancement de la dette de WBD et à indemniser les actionnaires de l’entreprise si la transaction n’était pas finalisée d’ici à la fin de 2026. Elle souligne par ailleurs son assurance quant au fait d’obtenir rapidement les autorisations réglementaires nécessaires. D’autant que Paramount propose un prix de 30 dollars par action, en numéraire, tandis que celle de Netflix est de 27,75 dollars par action. Paramount propose aussi de prendre le contrôle de la totalité du groupe, avec toutes ses chaînes de télévision, alors que Netflix n’est intéressé que par le studio de cinéma Warner Bros et l’ensemble HBO.

 

Des pions avancés des deux côtés

 

L'offre à 82,7 milliards de dollars (dette comprise) de Netflix sera toutefois entièrement aussi financée en numéraire, contre une proposition précédente mêlant cash et actions, après modification des premiers termes. Pour disposer des marges de manœuvre nécessaires à la conduite de l’opération, Netflix a par ailleurs fait savoir, en parallèle de la publication de ses résultats annuels, suspendre les rachats d’actions afin « d’accumuler des liquidités pour aider à financer l’acquisition en cours ». Et lors de la conférence avec les analystes qui avait suivi, la direction du groupe n’avait aussi pas manqué de cacher sa détermination à mener ce projet à bien.

Toutefois, les nouvelles avances de Paramount semblent désormais avoir obtenu davantage de considération du côté de WBD. Il reste par ailleurs à noter que certains actionnaires de la cible souhaitent aussi pousser le groupe à étudier les voies alternatives à l’offre de Netflix, en amont du vote qu’il les amènera à se prononcer sur ce projet d’ici à la fin du mois d’avril. Ancora Holdings, un fonds connu pour son activisme actionnarial, a mis la main sur 1 % du capital de WBD la semaine passée. Une participation de 200 millions de dollars somme toute modeste pour l’heure, mais qui serait appelée à se poursuivre et pourrait aussi permettre à la société de rallier des investisseurs à sa cause. Dans une présentation détaillée, il indiquait en effet que l’accord avec Netflix était, selon lui, de qualité inférieure, représentait des risques, tandis que la proposition de Paramount comprenait davantage de certitudes et présentait aussi l’avantage de pouvoir encore être augmentée. "Il apparaît clairement que l’offre de Paramount comprend un montant en espèces nettement supérieur, le soutien du fonds Ellison Trust, dont la réputation n’est plus à faire, et une voie réaliste vers l’approbation des autorités réglementaires grâce à la taille modeste et à l’héritage du studio", a-t-il assuré.

« Si le conseil d’administration de WBD refuse de reprendre les négociations avec Paramount en vue d’obtenir un résultat maximisant la valeur, Ancora votera « NON » à l’offre inférieure de Netflix et cherchera à demander des comptes au conseil d’administration de WBD lors de l’assemblée générale annuelle de 2026 », a aussi indiqué Ancora. Dans le cas où WBD décidait bel et bien de reprendre les négociations avec Paramount, le groupe devra en informer Netflix. Si tant est qu’il parvienne à obtenir une offre plus avantageuse, son premier prétendant aurait aussi le droit d’aligner une offre relevée.

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