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Macro-économie / Taux

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États-Unis : la patronne de l’antitrust au ministère de la Justice fait ses valises / Un départ sur fond de luttes d’influence

Gail Slater, qui est à la tête de l’antitrust au sein du ministère de la Justice des Etats-unis, a annoncé son départ moins d’un an après sa nomination, fragilisée par des tensions internes autour de plusieurs dossiers explosifs, dont la fusion HPE - Juniper et les poursuites contre Live Nation.
Photo par KEVIN DIETSCH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Photo par KEVIN DIETSCH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Un départ qui secoue Washington. La plus haute responsable de la politique de concurrence au sein du département américain de la Justice a annoncé jeudi sa démission.

Gail Slater, confirmée en mars à la tête de la division antitrust du Département de la Justice (DOJ), a indiqué sur le réseau social X qu’elle quittait ses fonctions « avec une grande tristesse et un espoir constant », qualifiant son passage à ce poste « d’honneur d’une vie ».

Au cœur des tensions : la gestion de la fusion à 14 milliards de dollars entre Hewlett Packard Enterprise (HPE) et Juniper Networks. Le DOJ avait initialement intenté une action en justice pour bloquer l’opération, estimant que l’ensemble aurait contrôlé près de 70 % du marché des équipements de réseaux de télécommunications.

La procédure a finalement été réglée à l’amiable et la fusion autorisée. D’aucuns jugent que cela a mis en lumière une bataille au sein de l’administration entre partisans d’une ligne dure en matière de concurrence et responsables favorables à des compromis.

Deux adjoints de Gail Slater ont été limogés pour insubordination après avoir résisté à des pressions en faveur d’un règlement. L’un d’eux, Roger Alford, désormais professeur à l’Université de Notre Dame, a dénoncé publiquement une dérive. Lors d’un discours à l’Aspen Institute, il a affirmé que certaines décisions étaient prises « sur la base de connexions politiques et non du mérite juridique », accusant des responsables extérieurs à la division d’avoir « perverti la justice ».

Ces accusations interviennent alors que plusieurs grandes entreprises visées par des enquêtes antitrust ont recruté des lobbyistes proches de la sphère de Donald Trump.

Selon des informations de presse, des représentants de Live Nation, entreprise d’organisation et de promotion de spectacles, auraient négocié avec des hauts responsables du DOJ en dehors de la division antitrust pour éviter un procès. La division antitrust a poursuivi l’entreprise pour abus de position dominante dans le spectacle vivant et la billetterie.

Ancienne avocate à la Federal Trade Commission et ex-conseillère à la Maison-Blanche lors du premier mandat présidentiel de Donald Trump, Gail Slater défendait une approche qu’elle qualifiait d’« America First antitrust », centrée sur les dépenses essentielles des ménages : logement, alimentation, santé, transports ou énergie.

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