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Couac de communication chez les partenaires sociaux / Rétropédalage sur la création d’un fonds souverain
Amir Reza-Tofighi aurait-il parlé trop vite mercredi en Commission des affaires économiques du Sénat ? Interrogé sur les difficultés de financement des entreprises, le président de la CPME a plaidé pour la création en France d’un fonds souverain qui investirait dans l’économie. « L’un des défis de la campagne présidentielle de 2027 sera de faire en sorte que l’épargne colossale des Français soit fléchée vers l’économie. Pour cela, il faut des fonds souverains. D’autant que parfois les entreprises françaises sont rachetées par des fonds souverains étrangers. C’est un enjeu de souveraineté », a-t-il expliqué, annonçant le lancement, la semaine prochaine, « d’un petit fonds souverain géré par les partenaires sociaux » pour soutenir quelques entreprises qui investissent exclusivement en France.
Il n’en fallait pas plus pour faire réagir le Medef et l’U2P (cette dernière aurait d’ailleurs découvert le projet à cette occasion) qui, dans un communiqué, ont annoncé que « les conditions (n’étaient) pas réunies pour le lancement d’un fonds souverain dans le cadre du paritarisme ». « Le MEDEF et l’U2P estiment que l’annonce relative à la création prochaine d’un fonds souverain, géré par les partenaires sociaux, destiné à investir dans l’économie française, ne répond pas à l’exigence d’indépendance qui doit régir le paritarisme », ont fait savoir les deux organisations patronales.
Si elles partagent le diagnostic de la CPME sur le besoin de fléchage de l’épargne vers l’économie, le problème est que tout n’est pas encore parfaitement ficelé. Elles estiment en effet que la création d’un tel instrument suppose un cadre stratégique, juridique et financier « particulièrement exigeant ». « Elle implique une gouvernance claire et indépendante, des règles d’investissement strictes, une capacité d’intervention rapide et professionnelle sur les marchés, ainsi qu’une responsabilité pleinement assumée vis-à-vis des épargnants et de la performance des capitaux engagés », considèrent le Medef et l’U2P, insistant sur le fait « qu’une gestion par les partenaires sociaux ne garantirait pas l’indépendance stratégique et opérationnelle nécessaire à un outil de cette nature. Le paritarisme repose sur un équilibre institutionnel conçu pour la gestion de régimes sociaux. Etendre son champ à la gestion d’un fonds d’investissement souverain ferait peser un risque de confusion des responsabilités et d’affaiblissement de la crédibilité de l’outil ».
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