Macro-économie / Taux
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Retraites : les prévisions de déficit pourraient être fortement révisées / Le COR va réexaminer ses hypothèses démographiques
La trajectoire du système de retraites de la France pourrait être sensiblement révisée en juin prochain. C’est à ce moment-là que le Conseil d’orientation des retraites (COR), organisme chargé d’établir les perspectives du régime, publiera son rapport annuel. Or, l’instance a annoncé qu’elle allait réexaminer les hypothèses démographiques qui sous-tendent ses prévisions. "Le diagnostic financier du prochain rapport annuel pourrait en conséquence être significativement révisé", a averti l’institution.
Il faut dire que les observations les plus récentes s’écartent significativement des hypothèses retenues jusqu’ici. La fécondité est notamment inférieure au scénario central (1,56 enfant par femme en 2025, contre 1,80).
Concrètement, si le chiffre de 1,6 était retenu, le ratio des dépenses de retraite dans le Produit intérieur brut (PIB) serait inchangé jusqu’au milieu des années 2040 environ, mais s’accroîtrait ensuite, de sorte que l’écart s’établirait aux alentours de 0,6 point de PIB à l’horizon 2070 (18 milliards d’euros en 2026) par rapport au scénario de référence (effet baissier sur le dénominateur en raison d’une moindre population active). « La part des ressources dans le PIB étant insensible à l’hypothèse de fécondité, le solde du système de retraite serait par conséquent dégradé d’autant », souligne le COR.
Pour mémoire, selon les dernières projections du COR, le système de retraites connaîtrait des besoins de financement sur l’ensemble de la période de projection : le déficit serait ainsi de -0,2 point de PIB en 2030, pour atteindre -1,4 point de PIB en 2070 à législation inchangée.
À noter qu’une autre variable affiche un comportement différent de ce qui était escompté : le solde migratoire. Il fut en moyenne de + 186 000 personnes par an sur les cinq dernières années connues - 2018 à 2022 -, contre + 80 000 dans les projections centrales, et une cible de + 70 000. « Un solde migratoire plus important se traduirait immédiatement par des ressources plus élevées et partant par une amélioration du solde. Cet effet sur le solde serait réduit à plus long terme par la hausse des dépenses induite par un nombre de retraités plus élevés que dans le scénario de référence », indique le COR.
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