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exclusif Série de fin d'année de WanSquare : les grandes personnalités de l'économie se livrent

EXCLUSIF. Pour ce premier volet de notre série de fin d'année, se livrent aussi bien des patrons de grandes entreprises comme Denis Kessler de Scor que des dirigeants d'organisations professionnelles comme Bernard Spitz ou de grands noms de la finance tels qu'Alain Minc.
Alain Minc
Alain Minc

Les questions posées sont les suivantes (sachant que nous avons demandé à chacun d’être le plus bref possible) :

1/ Quel événement vous a le plus surpris en 2016 ?

2/ Comment voyez-vous 2017 ?

Alain Minc, président d'AM conseil et de la SANEF

1/ L'élection de Trump évidemment. C'est un événement si contraire aux canons de la démocratie américaine que nous connaissions. Ce n'est pas un accident mais l'effet d'un bouleversement de la société américaine que nous avions sous-estimée, c'est-à-dire la transformation des "petits blancs" en une communauté sur la défensive et la disparition des syndicats comme porteurs de l'insatisfaction populaire.

2/ 2017 est imprévisible du fait de Trump. Dénonciation de l'accord iranien, tensions avec la Chine, pressions russes pour tester le nouveau Président, ou rien de tout cela et "business as usual" ? Les événements géostratégiques vont prédéterminer l'activité économique (prix du pétrole, taux d'intérêt..). La politique reprend involontairement l'ascendant sur l'économie.

Nicolas Moreau, directeur de Deutsche Bank asset management, membre du directoire

1/ Les deux événements les plus marquants pour moi en 2016 sont le vote pour le Brexit et l'élection de Donald Trump comme Président des États-Unis. Ces deux événements, comme l'avènement de partis nationalistes en Europe, sont la manifestation des craintes de déclassement d'une partie des populations des pays occidentaux, qui se voient comme les perdants de la mondialisation des vingt dernières années. Le rôle des partis démocratiques sera d'apporter des réponses à leurs craintes et à ne pas laisser le monopole des solutions aux partis extrémistes.

2/ 2017 devrait marquer la fin de la crise financière qui a débutée il y a 10 ans. Sur les marchés, les taux d'intérêt remontent, les banques centrales arrêtent ou ralentissent leurs programmes de rachats de dettes. La pression réglementaire sur les acteurs financiers devrait se stabiliser avec la volonté des politiques (aux USA avec Trump ou au Royaume-Uni avec Theresa May) ou celle des régulateurs. Le gouverneur de la Banque de France, par exemple, souhaite stopper l'augmentation du coût du capital des banques afin de favoriser le financement de l'économie (...). 

Jean-Marc Forneri, président-fondateur de Bucéphale Finance

1/ L’émergence de Vladimir Poutine comme acteur dominant de la scène politique internationale et son double corollaire l’effacement dramatique de la diplomatie américaine et l’impuissance totale de l’Union européenne face aux déséquilibres mondiaux.

2/ Une année de reprise économique forte aux USA et de redressement de l’activité en Europe et en Chine s’inscrivant cependant dans un contexte de très grande instabilité politique et sociale pouvant conduire à des situations de crise grave.

Antoine Gosset-Grainville associé-fondateur du cabinet d'avocats BDGS

1/ De mon point de vue, la principale surprise de 2016 a été le Brexit, qui a totalement pris de court les gouvernants européens. Cette décision est à la fois un sujet d’inquiétude car le repli sur soi n’a historiquement jamais été porteur de progrès et de paix, et un défi lancé aux dirigeants européens : celui de donner des réponses crédibles aux mises en garde exprimées par les peuples.

2/ 2017 peut être l’année du sursaut en France, si le nouveau Président de la République qui sera élu parvient à entraîner le pays sur un programme de réformes justes et efficaces permettant de relancer la machine.

Bernard Spitz, Président de la Fédération Française de l’Assurance (FFA)

1/ Que Mick Jagger redevienne papa.

2/ 2017 sera une année politique. Pour l'Europe et pour le Monde. En Europe, avec les élections aux Pays-Bas, en République Tchèque, en France, en Allemagne , probablement en Italie ; avec partout une alternative populiste qui piaffe. L'Europe va devoir se rénover pour retrouver la confiance des opinions publiques. Mais elle va devoir le faire tout en menant le Brexit, en repensant sa défense compte tenu des positions américaines, en affrontant le terrorisme et en gérant à ses frontières l'attitude de la Russie et de la Turquie dans un contexte migratoire instable. Dans le Monde, l'incertitude politique entoure une présidence Trump encore imprévisible. La Chine pourrait profiter de l'isolationnisme américain pour renforcer sa main en Asie ; et l'onde de choc de l'intégrisme islamique perdurera. Cette incertitude politique sera une clé de l'économie mondiale (...).

Régis Brochot, Directeur Général de KBL Richelieu 

1/ A mon sens, le Bexit est le premier signal fort de la montée du protectionnisme, qui a pris le monde par surprise. On peut le voir comme le contrecoup de la mondialisation. La question que l’on peut se poser est la suivante : est-ce une réaction conjoncturelle ou bien structurelle ?

2/ 2017 sera l’année de tous les enjeux. Politiques, avec les élections françaises mais aussi économiques, avec les impacts sur l’économie mondiale de l’élection de Donald Trump. 2017 pourrait également marquer la fin des politiques monétaires accommodantes des banques centrales. Le secteur financier va devoir faire face à des évolutions réglementaires majeures, avec l’entrée en vigueur des directives et règlements MIFID 2 et PRIIPs, qui visent notamment à renforcer la stabilité et la surveillance des marchés, mais aussi la protection de l’épargnant.

Denis Kessler, PDG de Scor

1/ Après un quart de siècle marqué par l’européanisation et la globalisation, de nombreux événements survenus en 2016 montrent que nous sommes entrés dans une ère de refragmentation du monde. En témoignent le Brexit, le référendum italien, l’élection de Donald Trump... Les tendances patriotiques, protectionnistes et populistes – les fameux 3 P – sont urbi et orbi à l’œuvre. Des politiques tentent de surfer sur cette vague… tout en l’alimentant. L’entropie s’accroît, et la recherche du bien commun cède la place à la montée de l’intérêt particulier, qu’il soit régional ou national.

2/ Les positions dans le cycle économique – et politique - des différentes régions du monde ne sont pas synchrones. Les Etats-Unis connaissent une vraie reprise, mais qu’une politique monétaire inadaptée pourrait perturber. Les pays émergents – dont la Chine - ralentissent. Enfin, l’Europe poursuit sa situation de quasi-stagnation. Les élections en France et en Allemagne pourraient lui donner un nouveau souffle, à condition que les difficultés de mise en œuvre du Brexit ne viennent pas perturber une reprise encore rhumatisante. Les destins économiques de ces diverses grandes régions pourraient donc diverger de façon significative. Espérons cependant qu’en 2017 les tensions géo-économiques et géopolitiques ne dégénèrent pas, et que la raison triomphera in fine des passions.

Régis Turrini, secrétaire général de SFR et président de la FFT (Fédération française des télécoms)

1/ 2016 aura été marquée par la montée de périls de toute espèce. Une liste serait inutile, chacun connait. Comme toujours, le monde n’est qu’une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse. Il n’y a donc pas lieu d’en être surpris, et les surpris se trompent de livre d’histoire.

2/ 2017 sera - inévitablement - marquée par la réalisation desdits périls. Comme le stipule la loi de Murphy, anything that can go wrong will go wrong. Mais je voudrais distinguer, en tant que représentant d’« opérateurs d’importance vitale », celle qui me semble la première des menaces, plus grave encore que le terrorisme, le populisme ou le protectionnisme : la cyberguerre. La prévenir doit être une priorité nationale et européenne. Saluons l’initiative du ministre français de la Défense, l’installation d’un Cybercom auprès du chef d’état-major des armées.

Gilles August, associé fondateur du cabinet August Debouzy

1/ Le Brexit est sans aucun doute l’événement qui m’a le plus surpris. Le peuple anglais a été interrogé sans qu’à aucun moment les conséquences du NON lui soient clairement expliquées. Et pour cause, personne n’en connait aujourd’hui les impacts, si ce n’est que le Brexit va bouleverser les grands équilibres au sein de l’Europe et plus particulièrement en Angleterre.

2/ 2017 sera pour la France une année cruciale Les élections présidentielles vont faire émerger la nécessité de revoir en profondeur le fonctionnement de la société française dont les principales fondations datent d’après-guerre et ne correspondent plus au monde actuel. Nous avons la chance d’avoir un pays formidable qui a tous les atouts pour réussir. Le défi de nos politiques sera de faire évoluer certains codes aux regards des changements auxquels nous devons faire face. La loi doit rester au coeur du système. Elle doit évoluer vers davantage de simplification pour répondre aux souhaits de la société et aux enjeux que nous allons devoir relever.

Pierre Gattaz, Président du Medef

1/ Ce qui m’a choqué en 2016, c’est la confirmation de l’effondrement continu de notre système éducatif. C’est un problème dramatique dans une économie qui sera de plus en plus une économie de la connaissance. Nous avons formulé au Medef quatre réformes urgentes pour enrayer cette chute à terme : donner la priorité à l’enseignement primaire ; valoriser l’envie d’apprendre et développer l’esprit d’entreprendre dans le secondaire, lycées et collèges ; revoir le système d’orientation ; enfin, impliquer davantage les entreprises dans la voie professionnelle afin que l‘apprentissage et l’alternance redeviennent des voies d’excellence.

2/ Avec l’élection présidentielle, 2017 est une année cruciale. Les enjeux sont énormes : il s’agit ni plus ni moins que de lancer les réformes qui permettront à notre pays de se redresser et de retrouver le plein emploi . Pour redresser notre pays, l’entreprise doit être au cœur des politiques économiques. Il faut faire quatre réformes majeures : une réforme de la fiscalité qui doit être plus simple, compétitive, incitative et stable dans le temps ; une réforme de la législation sociale et du marché du travail qui permette aux entreprises de s’adapter aux évolutions ; une réforme de notre environnement législatif, réglementaire et normatif en se fixant des règles de fonctionnement claires ; enfin une réforme de la formation et de l’éducation.

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