Macro-économie / Taux
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France : une amélioration trompeuse de la balance commerciale / L’énergie derrière ce phénomène
L’année 2025 n’aura pas signé le réveil de la France en matière de commerce extérieur. Certes, les Douanes rapportent que ses échanges de marchandises avec le reste du monde ont affiché un déficit en diminution de 10 milliards d’euros comparativement à 2024. Il s’établit ainsi à 69,2 milliards d’euros (FAB/FAB). Les exportations ont progressé de 2,5 % quand les importations ont reculé de 0,7 %.
Pour autant, ce qui se cache derrière cette amélioration n’est pas lié à un rebond manufacturier de notre pays. En effet, c’est le déficit des échanges de biens énergétiques qui l’explique en grande partie, celui-ci s’étant résorbé de 11,2 milliards d’euros (CAB/FAB). Dans le détail, près de la moitié de l’amélioration du solde énergétique provient de la hausse du solde des produits pétroliers raffinés (+ 5,4 milliards d’euros) et plus de 40 % de la hausse s’explique par l’amélioration du solde des hydrocarbures naturels (+ 4,7 milliards d’euros) regroupant le gaz naturel liquéfié, le gaz naturel gazeux et le pétrole brut.
Cette amélioration du solde commercial énergétique est en lien avec le recul des importations d’énergie, dont les prix ont continué de baisser en 2025. Ils avaient fortement crû en 2021 avec la reprise économique post-Covid et en 2022 avec les tensions géopolitiques liées à la guerre en Ukraine.
La hausse du solde de l’électricité (+ 400 millions d’euros) contribue ainsi dans une très faible mesure. Reste que, « avec un excédent de 5,4 milliards d’euros en 2025, le solde de l’électricité atteint pour la deuxième année consécutive un niveau historique, le plus haut niveau depuis au moins l’an 2000 », notent les Douanes.
Pour ce qui concerne les échanges manufacturiers, le déficit se creuse à 46,1 milliards d’euros (-2,4 milliards d’euros) après s’être redressé les deux années précédentes. Les produits qui contribuent le plus à la baisse sont les produits des industries agroalimentaires (-4,0 milliards d'euros), notamment les boissons et la viande et les produits à base de viande, ainsi que les produits chimiques, parfums et cosmétiques (-3,7 milliards d’euros). Les soldes des produits pharmaceutiques (-1,5 milliard d'euros) et du textile, habillement, cuir et chaussures (-1,3 milliard d'euros) diminuent également.
Tout n’est pas noir pour autant : le solde des matériels de transport se renforce (+ 5,3 milliards d’euros) en particulier grâce à l’aéronautique et à l’automobile, tout comme celui des équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique (+ 1,4 milliards d’euros).
Dans une année marquée par la guerre commerciale avec les États-Unis, les équipes des Douanes se sont intéressées à l’évolution des échanges avec l’Oncle Sam. En comparaison de ses principaux partenaires européens, et à l’exception des exportations de l’Italie qui augmentent sensiblement (+ 8 %), les exportations de la France paraissent mieux résister à l’effet des droits de douane additionnels entrés en vigueur.
"Si on raisonne globalement, sur une période couvrant l’anticipation de nouveaux droits de douane et leur mise en application, entre janvier-novembre 2024 et janvier-novembre 2025, les exportations de la France ont augmenté de 1 %, tandis que celles de l’UE hors Irlande ont reculé de 4 %, celles du Royaume-Uni ont diminué de 7 % et celles de l’Allemagne de 9 %", indiquent les Douanes, ajoutant que "la France est moins concernée par les taxes sectorielles (automobiles, acier et aluminium) que les autres principaux pays européens, Allemagne en tête".
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