Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux
Zone euro : des banques plus prudentes en matière de crédit / La guerre commerciale joue un rôle
Les banques de la zone euro jouent la carte de la prudence. Au quatrième trimestre 2025, un pourcentage net de 7 % d’entre elles a déclaré avoir durci ses standards de crédit pour les prêts aux entreprises, contre 4 % au trimestre précédent, dépassant largement les attentes des banques elles-mêmes, nous apprend une enquête de la Banque centrale européenne (BCE). Le resserrement net est proche de la moyenne depuis 2003 (8 %), mais supérieur à la moyenne depuis 2014 (3 %).
À l’automne, les grandes entreprises ont été davantage concernées, avec un pourcentage net de 6 % des banques déclarant un resserrement de leurs conditions, contre seulement 2 % pour les PME, et les banques ont indiqué un durcissement similaire pour les prêts à court et long termes.
La situation varie selon les pays : les banques allemandes et françaises ont rapporté un renforcement de leurs standards, tandis que celles d’Espagne et d’Italie ont indiqué que leurs conditions étaient restées globalement stables. Selon la BCE, ce durcissement traduit une aversion au risque accrue et une approche prudente du crédit, motivée par les risques économiques et sectoriels, la qualité des actifs et les ratios de prêts non performants.
Bert Colijn, chef économiste chez ING, explique que « les banques ont durci leurs standards, en partie à cause de la guerre commerciale et des incertitudes qui en découlent, ce qui a aussi freiné la demande de prêts ». Il précise que cette prudence explique que, malgré un climat économique légèrement plus favorable pour certaines entreprises, la croissance du crédit reste modérée.
Pour le premier trimestre 2026, les banques s’attendent à un durcissement net modéré, avec 6 % d’entre elles anticipant un renforcement des standards de crédit pour les entreprises. Les grandes entreprises devraient rester plus affectées (7 %) que les PME (2 %), et les prêts à long terme devraient connaître un durcissement plus marqué (7 %) que les prêts à court terme (3 %).
À noter par ailleurs que les banques ont déclaré un léger assouplissement net de leurs critères d’octroi pour les prêts au logement accordés aux ménages (pourcentage net de - 2 %), tandis que les critères d’octroi pour les crédits à la consommation et les autres prêts aux ménages se sont de nouveau durcis (pourcentage net de 6 %).
Cette enquête est très scrutée par le Conseil des gouverneurs de la BCE puisqu’elle lui permet d’apprécier la transmission de sa politique monétaire. "Les données ne révèlent pas de tendance particulièrement marquée sur la façon dont la politique monétaire se transmet au crédit. Un taux d’intérêt neutre semble rencontrer une réponse de crédit également neutre. C’est donc, une fois de plus, une raison supplémentaire pour la BCE de maintenir sa politique de taux inchangée jeudi", juge Bert Colijn, chef économiste chez ING.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

