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L’export reste une clé de résilience pour les PME françaises / Un besoin d'accompagnement sur les mises en relations chez les habituées

Les TPE et PME françaises ne pratiquent pas encore l’export à grande échelle. Celles engagées dans cette dynamique ont pourtant prouvé, au terme d’une année 2025 ayant mis les entreprises tricolores à l’épreuve, qu’elles savaient faire preuve de davantage de résilience et que leurs perspectives étaient aussi plus souriantes. Ceci n’effaçant pas les risques que représente cette pratique, résonnant d’autant plus au regard des tensions géopolitiques et commerciales à l’œuvre. 
Bpifrance.  (Photo de Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
Bpifrance. (Photo de Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Les TPE et PME françaises restent timides face à l’export. La troisième édition du baromètre export de Bpifrance Le Lab rappelle en effet que sur 5 000 d’entre elles à avoir été interrogées en fin d’année dernière, elles ne sont que 32 % à être des exportatrices ou proches de viser au-delà des frontières françaises. Une population stable au fil des années. Parmi elles, l’avantage va aux exportatrices régulières : elles représentent 16 % de cette part, dont 45 % réalisent plus d’un quart de leur chiffre d’affaires à l’international. Viennent ensuite les exportatrices occasionnelles (11 %) et celles qui se sentent concernées.

Ce qui signifie toutefois qu’une large majorité d’entre elles ne sont pas encore installées dans ce couloir. Les petites et moyennes entreprises tricolores auraient pourtant tort de se priver de l’être. « L’export a été un facteur de résilience dans une année agitée sur le plan national et international », remarque Baptiste Thornary auprès de WanSquare, Responsable des Études macroéconomiques et d’évaluation de Bpifrance. Comme l’avait déjà souligné la dernière enquête de conjoncture du laboratoire d’idées de la banque publique d’investissement, la situation économique des TPE et PME exportatrices s’est en effet stabilisée en 2025.

 

L’UE comme destination de choix

 

Celles réalisant plus de 25 % de leurs revenus à l’international s’en sortent même mieux que celles dont cette part est inférieure à 5 % : le solde d’opinion, relatif à l’évolution de leur chiffre d’affaires pour l’année en cours, ont pris des tendances divergentes en 2025, remontant la pente chez les premières. Si l’ensemble des patrons de TPE et PME tricolores ne baissent pas les bras pour l’année à venir, les perspectives des exportatrices sont aussi plus enthousiastes, en termes d’activité (avec un fort redressement de 11 points de leurs prévisions, contre 5 points pour les non-exportatrices), et de carnets de commandes.

Leurs exportations sont d’ailleurs attendues plus dynamiques pour 2026. Les montants devraient être en hausse, tandis que l'export devrait plus particulièrement accélérer dans l’industrie. Ces mouvements s’opéreront néanmoins essentiellement dans l’Union européenne, celles prévues en dehors de la région sont attendues en ralentissement. « Dans un monde ballotté par la géopolitique, le protectionnisme américain et la volatilité des taux de change, adresser le marché européen peut être une manière de rester abrité de tous ces aléas. La croissance européenne a aussi rebondi en 2025. Même parmi les économies moins dynamiques, comme l’Allemagne qui est notre principal partenaire commercial, les perspectives s’améliorent », explique Baptiste Thornary.

 

Des inquiétudes qui grimpent

 

Effectivement, bien que l’entrain des exportatrices semble être au rendez-vous, il n’occulte pas les périls qui pourraient se présenter à elles. « Davantage de dirigeants perçoivent des risques à l’export pour l’année prochaine », nous rappelle de son côté Sabrina El Kasmi, Responsable du pôle Conjoncture-Macroéconomie-Risque pays de Bpifrance. Ils sont en effet 83 % à en percevoir, soit une hausse de deux points sur un an. Les tensions géopolitiques sont pointées comme étant le premier d’entre eux (46 %), tandis que le durcissement des politiques commerciales suit (34 %), précédant ainsi la concurrence accrue (27 %), ou encore la faiblesse de la demande mondiale (27 %).

Face à ce tableau d’ensemble, les TPE et PME ont de quoi se faire épauler. L’étude de Bpifrance Le Lab a donc souhaité les sonder à ce propos, notamment quant à leur recours à la Team France Export (TFE), le guichet unique de l’accompagnement à l’export. Il repose, pour mémoire, sur un réseau de conseillers territoriaux centralisant les offres de financement et d’aide, proposées par Business France, les régions, les Chambres de commerce et d’industrie, Bpifrance ou bien des partenaires privés. Les aides sont réparties sur trois volets : financier, de couverture du risque au travers de la direction export de Bpifrance, et de mise en relations.

 

Identifier les besoins

 

Il en ressort que 11 % des TPE et PME ayant exporté ou étant proches de le faire y ont eu recours. Une part qui reste à mettre en relation avec le faible nombre de TPE et PME exportatrices. « La réponse reste d’aller les chercher, et les besoins d’accompagnement en découleront », nous indique Olivier Vincent, directeur exécutif en charge de l’Export chez Bpifrance. Car en dépit d’une offre d’accompagnement jugée lisible par les patrons connaissant l’existence de la TFE, il reste intéressant de relever que dans l’ensemble, plus de la moitié des TPE et PME familières ou ayant un projet à l’export indique ne pas exprimer de besoin d’aide dans le cadre de cette aventure.

« Un certain nombre d’entreprises exportent de manière ponctuelle, sans construire véritablement de stratégie de long terme. D’où le caractère fondamental de la mise en relation avec des partenaires et acheteurs étrangers, sur laquelle nous montons en puissance », remarque Olivier Vincent. Ce besoin est d’ailleurs d’autant plus prononcé que les entreprises exportatrices régulières (29 %), signe qu’il s’agit effectivement d’une clé nécessaire à une vision d’export véritablement long-termiste, plus qu’utile à sa réussite. La qualité du conseil apporté arrive d’ailleurs en tête parmi les critères déterminant le choix des partenaires, à hauteur de 48 %. Juste devant le coût (47 %) et la facilité d’accès aux services, ainsi que celle à répondre à une diversité de besoins (31 % pour les deux).

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