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Professions financières

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Blackstone signe les meilleures résultats de son histoire / La firme profite à plein du réveil des marchés privés

Derrière des résultats historiques, Blackstone met en avant bien plus qu’un bon millésime. Le groupe voit se réactiver le cercle entre distributions, collecte et redéploiement des capitaux, sur fond de boom de l’IA et de montée en puissance du private wealth.
Blackstone Group CEO Steve Schwarzman In Mumbai (Photo by Himanshu Bhatt / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Blackstone Group CEO Steve Schwarzman In Mumbai (Photo by Himanshu Bhatt / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

« Blackstone vient d’annoncer les meilleurs résultats de ses 40 ans d’histoire », a lancé d’emblée Steve Schwarzman aux analystes en présentant jeudi des comptes qui installent 2025 comme un millésime hors norme pour le géant des actifs alternatifs. Le quatrième trimestre s'est soldé par 2,2 milliards de dollars de résultat distribuable, soit 1,75 dollar par action, tandis que l’année atteint 7,1 milliards, en hausse de 20 %. Les actifs sous gestion frôlent désormais 1 300 milliards de dollars, en progression de 13 % sur un an, tirés par une collecte qui a retrouvé de l’allant : 71 milliards de dollars d’entrées nettes sur le seul trimestre, 239 milliards sur l’année.

« Cela couronne une année record pour la firme », a encore déclaré le cofondateur et président-directeur général, décrivant un exercice dont les résultats ont été « portés par une forte croissance des fee-related earnings et une accélération significative des réalisations nettes ». La mécanique est double : d’un côté, un élargissement de la base de commissions, de l’autre, un redémarrage des cessions. Les réalisations nettes progressent de 50 % sur l’année pour dépasser 2 milliards de dollars. La dynamique s’est renforcée au quatrième trimestre, où elles ont bondi de 59 % sur un an pour atteindre 957 millions de dollars, « le plus haut niveau en trois ans et demi », a souligné de son côté Michael Chae, vice-président et directeur financier.

 

Une collecte tirée par la gestion de fortune

 

L’autre point saillant concerne la collecte. « Les flux entrants ont atteint 71 milliards de dollars au seul quatrième trimestre », a souligné Steve Schwarzman, soit, là aussi, le niveau le plus élevé depuis trois ans et demi, pour environ 240 milliards sur l’année. La dynamique vient de tous les canaux, mais la gestion de fortune retient particulièrement l’attention. La collecte en private wealth a bondi de 53 % sur un an en 2025 pour atteindre 43 milliards de dollars, et la tendance ne faiblit pas, le dirigeant évoquant « de solides flux entrants à nouveau en 2026 ». Il cite d’ailleurs des travaux d’analystes selon lesquels Blackstone capterait environ la moitié des revenus du private wealth parmi les grands acteurs des alternatives. À mesure que les investisseurs individuels et les assureurs montent en puissance, la base de capitaux se diversifie et se stabilise, réduisant la dépendance aux cycles de levées institutionnelles traditionnelles.

Cette dynamique se traduit directement dans les encours, portés précisément à 1 274,9 milliards de dollars à fin 2025. À cette échelle, la taille offre un poste d’observation privilégié sur l’économie réelle. Steve Schwarzman met en avant un portefeuille de « plus de 270 entreprises », « près de 13 000 actifs immobiliers » et une vaste plateforme de crédit, autant de sources de données propriétaires qui permettent de « voir à travers le brouillard. »

 

L’effet d’entraînement de l’IA

 

Et justement, « ce que nous avons vu dans les données, c’est une économie fondamentalement solide, soutenue par le boom d’investissement en cours porté par la technologie et l’IA. », a ainsi observé le patron de la firme. L’essor de l’IA irrigue ainsi la thèse d’investissement, de la production de semi-conducteurs aux data centers en passant par l’énergie.

John Gray, le numéro deux du groupe, y voit un point d’inflexion du cycle. Selon lui, l’environnement de transaction a retrouvé de l’élan à mesure que le coût du capital se modère, tandis que l’essor de l’IA ouvre des opportunités d’investissement « générationnelles » pour le capital privé, en dette comme en actions. Dans ce contexte, Blackstone concentre ses déploiements sur les infrastructures numériques, l’électrification, le crédit privé ou encore les sciences de la vie. Le groupe a ainsi investi 138 milliards de dollars en 2025, un plus haut depuis quatre ans, que la direction présente comme la préparation des gisements de valeur futurs.

La réouverture progressive des marchés de capitaux vient compléter le tableau. L’activité d’introductions en Bourse et de fusions-acquisitions s’accélère. La taille des opérations augmente et l’activité des sponsors repart. L’introduction en Bourse de Medline, groupe américain de fournitures et d’équipements médicaux, pour 7,2 milliards de dollars, en est l’exemple le plus spectaculaire. « Medline est une illustration parfaite de la puissance du modèle de private equity de Blackstone à l’œuvre », souligne Steve Schwarzman, y voyant la démonstration de la capacité du groupe à créer de la valeur sur de grandes acquisitions avec prise de contrôle.

 

Cercle vertueux

 

Ce retour des sorties alimente à son tour la collecte. « Lorsqu’ils récupèrent du capital et des gains, il leur est plus facile de nous réallouer des capitaux. Cela remet la dynamique en marche », explique Steve Schwarzman à propos de ses investisseurs (LPs). Le cercle vertueux entre distributions, réengagement des investisseurs et nouvelles levées semble se remettre en marche, alors que le groupe dispose encore de près de 200 milliards de dollars de “dry powder”.

Dans l’intervalle, la plateforme continue de s’élargir, portée par des stratégies perpétuelles et par des segments comme le crédit et l’infrastructure, parmi les plus dynamiques en matière de performance et de collecte. En crédit, le véhicule BCRED a attiré 14 milliards de dollars de collecte brute en 2025 et affiche un rendement net annuel d’environ 10 % depuis son lancement. Côté infrastructures, la stratégie BIP gère 77 milliards de dollars d’actifs après plus de 4 milliards levés au quatrième trimestre, avec 18 % de rendement net annualisé sur sept ans, notamment grâce à son exposition aux data centers via QTS. « Les investisseurs institutionnels restent au cœur de notre modèle », a rappelé John Gray.

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