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Apple, vendeur d’iPhone contre vents et IA / Les questions sur la stratégie restent néanmoins de mise

La firme de Cupertino a réalisé un trimestre record, porté par des ventes d’iPhone plus que robustes et un net rebond en Chine. Elle ne fait aussi pas la sourde oreille quant aux interrogations des investisseurs vis-à-vis de sa stratégie d’intelligence artificielle, avec plusieurs avancées récentes en ce sens, dont une acquisition de taille révélée en marge de la publication. Des détails ont toutefois été demandés à la direction sur la manière dont elle entendait monétiser la technologie pour la suite.
Tim Cook, président-directeur général d'Apple. Crédits : Fabrice Coffrini / AFP
Tim Cook, président-directeur général d'Apple. Crédits : Fabrice Coffrini / AFP

Les marchés financiers et les analystes ont peut-être des doutes quant à la manière dont Apple mène sa stratégie d’intelligence artificielle (IA). Mais les consommateurs, eux, ne semblent pas freinés par la question lorsqu’il s’agit d’acheter un iPhone. La marque à la pomme a dévoilé, après la clôture de la Bourse new-yorkaise jeudi, les résultats du premier trimestre de son exercice fiscal. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la croissance a été au rendez-vous. Elle a en effet enregistré 143,8 milliards de dollars de revenus d’octobre à décembre, soit une hausse de 16 % sur un an. Un trimestre record à plusieurs égards. « La demande pour l’iPhone a été tout simplement stupéfiante, avec une croissance des revenus de 23 % par rapport à l’année précédente et des chiffres jamais atteints dans tous les segments géographiques », a indiqué le patron du groupe, Tim Cook, lors de la présentation des résultats aux analystes.

Porté par le succès du lancement de l’iPhone 17 et les achats liés aux fêtes de fin d’année, Apple a en effet tiré plus de 85 milliards de dollars des ventes de son appareil mobile phare. Le reste de ses sources de revenus (Mac, iPad, appareils connectés et services) n’ont pas démérité, avec des chiffres trimestriels orientés à la hausse. La marge brute s’est de son côté fixée à 48,1 %, contre 46,9 % l’an passé. Le bénéfice par action a quant à lui atteint 2,84 dollars, soit une progression de 19 % sur un an.

La firme a tout particulièrement enregistré de bons résultats en Chine, où elle avait rencontré des difficultés de croissance sur les derniers trimestres. Ses revenus y ont grimpé de 38 % sur un an, à 25,5 milliards de dollars, représentant par ailleurs le meilleur trimestre de ventes d’iPhone dans le pays à date. « Cela tient principalement à la force du produit et à la réaction des clients face à celle-ci. Nous constatons que, pour les produits autres que l’iPhone, la majorité des clients qui achètent un Mac, un iPad ou une montre (en Chine) sont encore novices dans l’utilisation de ces produits. C’est donc un très bon signe pour nous », a assuré Tim Cook.

 

Cela n’a pas suffi à réveiller la Bourse

 

La publication a été accompagnée de perspectives d’activité de bon augure, puisque le groupe estime que ses revenus devraient grimper de 13 % à 16 % sur le trimestre qui se clôturera en mars. A la Bourse de New York, elle n’a toutefois pas créé d’éveil. Les marchés réagissent peu dans les échanges électroniques hors séance, le titre d’Apple reculant légèrement de 0,8 % en début d’après-midi, heure française, avant l'ouverture de la séance à Wall Street. 

Plusieurs sujets ont aussi interrogé les analystes lors de la séance de questions-réponses, à commencer par celui des contraintes d’approvisionnements en puces de mémoire, mentionnées par Tim Cook lors de ses propos liminaires. « Nous avons terminé le trimestre de décembre avec des stocks très réduits en raison de cette demande exceptionnelle (d’iPhone). Dans ce contexte, nous sommes en mode « course à l’approvisionnement » pour y répondre. Nous sommes actuellement confrontés à des contraintes », a effectivement répondu le patron d’Apple, indiquant qu’il serait difficile de savoir quand l’offre et la demande s’équilibreraient.

Mais c’est essentiellement à propos de l’IA que plusieurs analystes ont tenté d’interpeller la direction. Il est vrai qu’Apple est souvent pointé du doigt, par les observateurs de marché, pour une forme de déficit de lisibilité sur la stratégie menée en la matière. Un manque d’indications, quant aux investissements ou avancées promises par la technologie, qui s’affiche à rebours des dynamiques dans lesquelles s’inscrivent les autres grands géants technologiques américains ou les acteurs concurrents à la firme. Si les investissements sans précédents déployés par les Big Tech américaines pour prendre la tête de cette course peuvent créer des circonspections, c’est surtout la monétisation qu’elles en tirent qui reste scrutée de près.

 

Pas à pas

 

À un analyste de Morgan Stanley qui l’interrogeait sur les capacités du groupe à faire grimper ses revenus grâce à l’IA, Tim Cook n’a pas donné de détails de plus grande ampleur. « Je dirais simplement que nous apportons de l’intelligence à davantage de produits que les gens aiment, et que nous l’intégrons dans le système d’exploitation de manière personnelle et privée. Je pense que cela crée une grande valeur ajoutée et ouvre toute une série d’opportunités pour nos produits et services. Je tiens à ajouter que nous sommes également très satisfaits de notre collaboration avec Google », a-t-il ainsi répondu.

Au mois de janvier, Apple avait en effet annoncé avoir conclu un partenariat pluriannuel avec Google, qui fournira au fabricant d’iPhone ses modèles d’IA générative Gemini pour améliorer ses fonctionnalités en la matière - notamment en vue d’une version renouvelée de l’assistant vocal Siri. Auparavant, le groupe avait aussi décidé de remanier sa gouvernance relative à l'IA, et était allé débaucher chez Microsoft pour ce faire. L’acquisition de la start-up israélienne Q.ai, annoncée en marge des résultats, semble aussi prouver que le groupe reste prêt à mettre la main au portefeuille pour préparer la suite.

D’après le fonds de capital-risque GV (ex-Google Ventures), dont l’entreprise faisait partie du portefeuille, ce rachat représenterait la deuxième plus grande acquisition de l’histoire d’Apple. Selon les médias anglo-saxons, le chèque s’élèverait à 2 milliards de dollars. La technologie de l’entreprise permet d’analyser les expressions faciales, afin de les rendre intelligibles pour des machines. « Q.ai est une entreprise remarquable qui ouvre des voies nouvelles et créatives pour utiliser l’imagerie et le machine learning », a indiqué Johny Srouji, vice-président des technologies hardware d’Apple. Fait intéressant, le co-fondateur de l’entreprise, Aviad Maizels, n’en est pas à son premier "deal" avec la firme de Cupertino : il avait fondé la start-up, rachetée par Apple, à l’origine de la technologie ayant servi à bâtir celle de reconnaissance faciale du groupe, Face ID.

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