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Meta voit encore plus grand dans l’IA, mais enchante les investisseurs / Pendant que Microsoft paie une déception sur sa croissance dans le cloud

Si elle ne compte pas ralentir la cadence sur ses investissements dédiés à l’intelligence artificielle, la firme de Mark Zuckerberg semble avoir été en mesure de prouver aux marchés financiers qu’elle était bel et bien capable de monétiser ses avancées en la matière - qui profitent à l’ensemble de ses domaines d’activité. D’un autre côté, la division Azure du groupe dirigé par Satya Nadella, particulièrement scrutée, a vu sa croissance légèrement ralentir. Ce qui n’a pas échappé aux investisseurs, bien que la direction ait souhaité expliquer que cette activité n’était pas la seule à profiter de ses investissements.
Mark Zuckerberg. (Photo : ANGELA WEISS / AFP)
Mark Zuckerberg. (Photo : ANGELA WEISS / AFP)

À l’heure où les craintes d’une bulle spéculative liée à l’intelligence artificielle (IA) planent sur les marchés financiers, les réactions inverses suscitées par les publications financières de Meta et Microsoft semblent faire la démonstration des points cristallisant les attentions et tensions des investisseurs. Soit que la monétisation de la technologie ressorte bien à la hauteur de leurs attentes, au regard des investissements colossaux mobilisés pour la soutenir. Ce jeudi, la firme de Mark Zuckerberg flambe ainsi de plus de 9 % à Wall Street, pendant que celle dirigée par Satya Nadella accuse un net recul de plus de 7 %.

 

Encore plus

 

Meta a pourtant annoncé la couleur : la firme verra plus grand pour ses investissements dans l’IA en 2026. La maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, a prévu de déployer 162 à 169 milliards de dollars de dépenses cette année, dont jusqu’à 135 milliards dédiés à des infrastructures pour l’IA, notamment pour poursuivre les efforts de son laboratoire dédié à la « superintelligence ».

C’est bien plus que ce qui n’avait été envisagé jusqu’ici. Au troisième trimestre, le groupe avait indiqué que ses dépenses sur le sujet s’élèveraient jusqu’à 72 milliards de dollars en 2025… ce qui n’avait d’ailleurs, à l’inverse, pas ravi les marchés. « En 2025, nous avons reconstruit les fondations de notre programme d’IA. Au cours des prochains mois, nous allons commencer à commercialiser nos nouveaux modèles et produits », a indiqué Mark Zuckerberg lors de la conférence avec les analystes.

« Cela a également des implications pour le commerce. Nos publicités actuelles aident les entreprises à trouver exactement les personnes qui s’intéressent à leurs produits. De nouveaux outils d’achat permettront aux utilisateurs de trouver les produits qu’ils recherchent parmi les entreprises répertoriées dans notre catalogue. Nous nous efforçons de rendre ces expériences fonctionnelles à la fois dans nos flux et dans les messages professionnels, ce qui augmentera considérablement les possibilités offertes par WhatsApp au fil du temps », a poursuivi le fondateur de Meta. Détaillant sa manière de voir l’avenir de l’IA – à savoir, une technologie capable de comprendre l’humain, de lui proposer du contenu adapté ou même d’en générer de manière personnalisée sur les plateformes, il a ajouté : « Les lunettes incarnent cette vision ».

 

Des canaux tangibles

 

Le groupe est en effet associé avec EssilorLuxottica sur ce plan. Les deux entreprises développent notamment ensemble les Ray-Ban Meta ou Oakley Meta. « Les ventes de nos lunettes ont plus que triplé l’année dernière, et nous pensons qu’elles font partie des produits électroniques grand public qui connaissent la croissance la plus rapide de l’histoire. Des milliards de personnes portent des lunettes ou des lentilles de contact pour corriger leur vue. Je pense que nous sommes à un moment similaire à celui où les smartphones sont arrivés, et il était clair que ce n’était qu’une question de temps avant que tous ces téléphones à clapet ne deviennent des smartphones. Il est difficile d’imaginer un monde, dans quelques années, où la plupart des lunettes que les gens portent ne seraient pas des lunettes à IA », a assuré Mark Zuckerberg.

En clair, du fait de ses plateformes de réseaux sociaux regroupant 3,6 milliards d’utilisateurs actifs quotidiens, ou bien des produits grand public infusés par sa technologie, le groupe peut se targuer de toucher directement ses clients avec ses avancées dans l’IA et d’en tirer ainsi les bénéfices en la monétisant - grâce à un engagement accru de la part des utilisateurs du fait d’algorithmes perfectionnés, de ciblage publicitaire faisant mouche auprès des annonceurs, et donc de produits physiques.

Dans l’ensemble, l’activité a ainsi été au rendez-vous. Si toute la progression des revenus ne peut être imputée à l’IA, reste que le groupe a franchi la barre des 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 22 %, tandis que sa croissance trimestrielle a nettement dépassé les attentes des marchés. En revanche, à 41 %, la marge opérationnelle a baissé d’un point. Et à 62,3 milliards de dollars, le bénéfice net annuel a reculé de 3 %. Ce qui ne semble néanmoins pas avoir focalisé l’attention des marchés.

 

Un petit décalage qui pèse

 

À l’inverse, chez Microsoft, en dépit d’un bénéfice net par action ayant bondi de 24 %, ils se sont nettement concentrés sur les résultats et perspectives de sa division de cloud, Azure. Elle est surveillée de près, car censée récolter en premier lieu les investissements dans l’IA du groupe. Au deuxième trimestre de l’exercice fiscal de la firme fondée par Bill Gates, Azure a ainsi enregistré une hausse de 38 % de ses revenus, à taux de change constants – le consensus des analystes tablait sur 39 %. Une croissance honorable, mais inférieure d’un point à celle qui avait été enregistrée lors du trimestre précédent. Pour le suivant, la hausse devrait osciller entre 37 % et 38 %.

« Les dépenses d’investissement se sont élevées à 37,5 milliards de dollars (contre près de 35 milliards de dollars le trimestre précédent et traduisant une hausse de 66 % sur un an, ndlr), et ce trimestre, environ deux tiers de nos dépenses d’investissement ont été consacrées à des actifs à courte durée de vie, principalement des processeurs graphiques et des processeurs centraux. La demande de nos clients continue de dépasser notre offre », a précisé la directrice financière de la firme, Amy Hood, expliquant par ailleurs qu’il allait être nécessaire de trouver un équilibre entre l’adaptation à la demande croissante pour Azure ainsi que l’expansion de l’utilisation de l’IA en interne, en augmentant les allocations aux équipes de recherche et développement afin d’accélérer l’innovation sur les produits. "Une grande partie de l’accélération que vous avez constatée chez nous et dans nos produits au cours des derniers mois est due au fait que nous allouons des GPU et des capacités à de nombreux talents en IA que nous avons recrutés ces dernières années. Au final, le reste est consacré à la capacité Azure, dont la demande ne cesse de croître", a-t-elle aussi tenu à nuancer.

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