Macro-économie / Taux
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Une année 2025 florissante pour le Fonds norvégien, porté par la tech / Il concède qu’une correction de marché liée à l’IA lui coûterait bonbon
Le Fonds norvégien fait un peu mieux qu’en 2024. Le plus gros fonds souverain mondial a vu sa valeur croître de 133,7 milliards d’euros en 2025, atteignant 1863,6 milliards d’euros. Il faut dire que l’organisme chargé de recycler les revenus pétro-gaziers de la Norvège a enregistré un rendement de 15 % sur ses placements, contre 13 % en 2024, soit 28 points de base en dessous de son indice de référence.
« Le fonds a enregistré des résultats très solides en 2025. Les actions des secteurs de la technologie, de la finance et des matériaux de base se sont particulièrement distinguées, apportant une contribution significative au rendement global », déclare Nicolai Tangen, directeur général de Norges Bank Investment Management.
Sur l’année 2025, le rendement des investissements en actions du fonds s’est élevé à 19,3 %. Un résultat qui est en grande partie le fruit des entreprises liées au secteur de l’intelligence artificielle (IA). En effet, les cinq plus gros contributeurs à la performance « actions » furent Alphabet, Nvidia, TSMC, Broadcom et Microsoft, a-t-il été révélé lors de la conférence de presse de présentation des résultats annuels. Pour mémoire, le fonds est investi à 70 % en actions.
Par ailleurs, le rendement des investissements à revenu fixe (un quart du Fonds) est à 5,4 %, tandis que les investissements dans l’immobilier non coté (1,7 % du Fonds) ont généré un rendement de 4,4 %. Les investissements dans les infrastructures d’énergies renouvelables (0,4 % du total des placements) non cotées ont affiché un rendement de 18,1 %.
À l’occasion de la publication des résultats annuels, l’institution d’Oslo a également dévoilé ce qui était ressorti de ses récents tests de résistance, conçus pour saisir des issues de marché extrêmes sur un horizon de court à moyen terme. « Étant donné que nous examinons explicitement des événements de stress, seuls des scénarios à impact raisonnablement élevé sont retenus, et ces scénarios présentent, par définition, une probabilité de survenance relativement faible », explique le Fonds.
L’un d’eux fait l’hypothèse d’une correction boursière nourrie par le secteur de l’IA. « Cela entraînerait une révision à la baisse des flux de trésorerie attendus ainsi qu’une hausse de la prime de risque actions, avec une transmission aux marchés plus larges via des effets de richesse et des tensions sur les marchés du financement. Sur les marchés obligataires, l’intervention des banques centrales ferait baisser les taux à court terme, tandis que les taux à long terme reculeraient plus modérément en raison de perspectives de croissance affaiblies », détaille le Fonds norvégien, qui perdrait 35 % de sa valeur dans un tel scénario.
Ce n’est pas le pire qui pourrait arriver à ses placements. En effet, le scénario « monde fragmenté » lui coûterait encore plus cher. Il suppose l’instauration de droits de douane généralisés, suivis de représailles étendues. La réglementation ainsi que les restrictions aux investissements étrangers s’intensifieraient. L’incertitude et la réduction de la coopération économique entraîneraient un ralentissement de la croissance mondiale et une hausse de la volatilité des marchés. Le Fonds verrait sa valeur fondre de 37 % dans cette situation.
La principale différence avec le scénario ayant trait à l’IA est que son portefeuille de titres à revenus fixe ne pourrait servir d’amortisseur. De fait, les taux à long terme baisseraient dans le premier scénario (ce qui fait grimper le prix des obligations associées), contrairement à celui-là en raison de l’inflation élevée qui découlerait d’un monde fragmenté.
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