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Macro-économie / Taux

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Les investissements directs étrangers mondiaux accélèrent mais… / C'est une reprise en trompe-l’œil dominée par la finance et la tech

Selon le dernier rapport de la Cnuced, les investissements directs étrangers (IDE) ont progressé de 14 % en 2025 pour atteindre 1 600 milliards de dollars, après 8 % en 2024. Mais derrière cette accélération se cache une réalité plus contrastée : la hausse est largement portée par les grands centres financiers et par quelques méga-projets dans les data centers et les semi-conducteurs, tandis que l’investissement productif et les pays les plus pauvres restent à la peine.
Centre de données en Californie - MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Centre de données en Californie - MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Une croissance qui masque de profondes fragilités. Après deux années de volatilité, les investissements directs étrangers (IDE) mondiaux ont retrouvé des couleurs en 2025. Cette progression apparente repose toutefois en grande partie sur des flux transitant par des hubs financiers comme le Royaume-Uni, le Luxembourg, la Suisse et l’Irlande, qui ont à eux seuls ajouté plus de 140 milliards de dollars au total, selon un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Corrigée de ces flux indirects, la hausse réelle n’atteindrait que 5 %.

Les annonces de projets "greenfield", indicateur clé de l’implantation de nouvelles capacités industrielles, ont chuté de 16 %. Leur valeur totale est restée élevée, tirée par quelques investissements massifs dans les data centers, l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs, mais la dynamique globale s’essouffle.

Le financement international de projets, principalement orienté vers les infrastructures, poursuit sa décrue pour la quatrième année consécutive. En 2025, le nombre de transactions a reculé de 12 % et leur valeur de 16 %, malgré une légère détente des taux d’intérêt. Le boom des énergies renouvelables, qui soutenait jusqu’ici les montants investis, montre des signes d’essoufflement.

Les économies développées ont capté 728 milliards de dollars d’IDE, en hausse de 43 %. L’Union européenne se distingue avec une progression de 56 %, portée notamment par l’Allemagne, la France et l’Italie, favorisées par un regain des fusions-acquisitions transfrontalières. En France, les flux ont bondi de 45 %, soutenus par de grands projets technologiques, dont un vaste campus d’IA annoncé par un investisseur des Émirats arabes unis.

Aux États-Unis, premier pays d’accueil mondial, les IDE n’ont progressé que de 2 %, dans un contexte de recul marqué des opérations de fusions-acquisitions. Les investissements se concentrent toutefois fortement sur les semi-conducteurs et les télécommunications, illustrant le rôle central des chaînes de valeur technologiques. À l’inverse, les flux vers les économies en développement ont légèrement reculé (-2 %) et représentent désormais 55 % des IDE mondiaux. L’Amérique latine tire son épingle du jeu, avec un bond de 42 % au Brésil, dopé par les énergies vertes, et de 16 % au Mexique, grâce à l’industrie exportatrice.

La situation est plus préoccupante pour les pays à faible revenu, où les flux ont reculé de 5 %. En Afrique, les IDE chutent d’environ un tiers, hors effets ponctuels. Si l’Angola et le Mozambique retrouvent des investissements positifs, la tendance générale reste marquée par des contraintes de financement, une perception du risque élevée et une marginalisation croissante face aux investissements technologiques.

L’année 2025 confirme la concentration sectorielle des IDE. Les data centers à eux seuls ont généré plus de 270 milliards de dollars d’investissements annoncés, soit plus d’un cinquième du total mondial. La France, les États-Unis et la Corée du Sud figurent parmi les principaux pays d’accueil, mais plusieurs économies émergentes, comme le Brésil, l’Inde ou la Thaïlande, s’imposent aussi dans le top 10.

Inversement, les investissements dans les énergies renouvelables, les industries extractives et les minerais critiques reculent fortement, freinés par l’incertitude réglementaire, la volatilité des prix et des perspectives de rentabilité plus incertaines.

Pour 2026, la Cnuced se montre prudente puisqu'une amélioration des conditions financières et un regain des opérations de fusions-acquisitions pourraient soutenir les flux, mais la reprise resterait fragile et largement dépendante de transactions exceptionnelles et des centres financiers.

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