Macro-économie / Taux
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Le FMI salue la résilience de la croissance mondiale / Il relève ses prévisions pour 2026
"La croissance économique mondiale continue de faire preuve d’une résilience remarquable". Tel est le diagnostic posé par Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du Fonds monétaire international (FMI), à l’occasion de la publication du nouveau jeu de prévisions de l’institution. La croissance mondiale devrait atteindre 3,3 % en 2026 puis 3,2 % en 2027, selon les nouvelles prévisions du FMI, soit une révision à la hausse de 0,2 point pour 2026 par rapport aux projections d’octobre. Dans les économies avancées, la croissance est attendue à 1,8 % en 2026 et 1,7 % en 2027, tandis que les économies émergentes et en développement devraient continuer d’évoluer juste au-dessus de 4 % sur la période.
L’organisation basée à Washington souligne que les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine se sont atténuées depuis l’automne, malgré des épisodes de crispation, notamment autour des exportations de semi-conducteurs et de terres rares. La trêve conclue jusqu’en novembre 2026, accompagnée d’un gel des contrôles à l’exportation et d’un allègement ciblé des droits de douane a pour conséquence de laisser les droits de douane effectifs américains à 18,5 %, un niveau quasi inchangé par rapport à octobre. Pour le reste du monde, ce taux demeure stable à 3,5 %. Le FMI précise que ses projections reposent sur l’hypothèse que les politiques commerciales en vigueur fin décembre sont maintenues dans le temps, y compris celles présentées comme temporaires.
Dans ce contexte incertain, les prix de l’énergie devraient jouer un rôle de stabilisateur puisque le FMI escompte une baisse d’environ 7 % des prix des matières premières énergétiques en 2026, tirée par une demande mondiale atone et une offre importante. Les prix du pétrole devraient rester bas, avec un plancher implicite assuré par les producteurs à coûts élevés, les achats stratégiques chinois et la stratégie de l’OPEP + visant à éviter un effondrement des cours. Les prix du gaz naturel, eux, devraient rester contenus grâce à une demande plus faible et à des capacités de gaz naturel liquéfié suffisantes à moyen terme.
Du côté de la politique monétaire, les taux directeurs devraient continuer de baisser aux États-Unis et au Royaume-Uni, tandis que la zone euro maintiendrait une politique monétaire inchangée et que le Japon continuerait un resserrement très graduel. Sur le plan budgétaire, plusieurs économies avancées - notamment l’Allemagne, le Japon et les États-Unis - devraient adopter une posture stimulante à court terme, marquant un tournant par rapport à l’effet légèrement restrictif des hausses tarifaires américaines.
Pour ce qui est de l'activité, aux États-Unis, la croissance est désormais attendue à 2,4 % en 2026, soutenue par la politique budgétaire et l’assouplissement monétaire, avant de ralentir à 2,0 % en 2027. Dans la zone euro, la croissance resterait modérée, à 1,3 % en 2026 et 1,4 % en 2027, pénalisée par des freins structurels persistants et une compétitivité industrielle affaiblie, malgré une hausse programmée des dépenses publiques, notamment en Allemagne. La croissance française devrait s’établir à 1 % (révision de + 0,1 point).
Du côté des grandes économies émergentes, la Chine bénéficie d’une révision à la hausse, avec une croissance attendue à 4,5 % en 2026, portée par les mesures de relance et la trêve commerciale avec Washington, avant un ralentissement à 4,0 % en 2027. L’Inde resterait l’économie majeure la plus dynamique, avec 6,4 % de croissance en 2026 et 2027, après une année 2025 particulièrement vigoureuse.
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