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Les dirigeants français accélèrent à l’international pour contourner l’incertitude / Plus de la moitié des dirigeants en font désormais une priorité
Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité économique et l’instabilité politique, les dirigeants français ont adopté une nouvelle philosophie : avancer malgré l’incertitude. L’édition 2026 du Baromètre d’Eurogroup Consulting, basée sur les réponses de plus de 1 000 chefs d’entreprise basés en France et à l’étranger, met en lumière une véritable mutation stratégique : l’accélération du développement à l’international. En effet, 56 % des dirigeants en font désormais une priorité stratégique, contre 36 % en 2025, soit un bond de 20 points en un an.
38 % des dirigeants envisagent de s’implanter dans un nouveau pays en 2026, un chiffre stable mais significatif dans un contexte international instable, montrant que l’expansion à l’étranger n’est plus un choix secondaire mais un levier stratégique de croissance et de compétitivité.
Allez là où ça marche
Et pour choisir leur implantation, 87 % des chefs d’entreprise privilégient les marchés dynamiques et porteurs. Du côté des freins, un obstacle domine : la réglementation. 67 % des dirigeants la dénoncent comme principal handicap à leur compétitivité, un chiffre particulièrement élevé chez les grandes entreprises (71 %). La fiscalité et les charges locales (33 %), les barrières commerciales (32 %) et la disponibilité ainsi que le coût de la main-d’oeuvre (30 %) sont également cités. La souveraineté économique cristallise attentes et frustrations : 68 % des dirigeants la considèrent prioritaire, soit 11 points de plus qu’en 2025, mais 78 % jugent que les mesures françaises et européennes sont insuffisantes.
L’attractivité du Moyen-Orient et de l’Italie se confirme
L’Europe reste néanmoins la destination privilégiée, avec 39 % des projets d’implantation. L’Asie du Sud et du Sud-Est conserve sa place (25 %), tandis que le Moyen-Orient s’impose désormais comme un terrain d’opportunités majeur (21 %) devançant l’Afrique subsaharienne (15 %) et surtout l’Amérique du Nord (14 %). "Les entrepreneurs vont chercher la rentabilité là où ils pensent la trouver", analyse Gilles Bonnenfant, président d’Eurogroup Company. Parmi les pays perçus comme les plus favorables à la compétitivité, les États-Unis arrivent en tête (23 %), suivis de l’Italie (12 %) et de la Chine (10 %). À noter cependant que les États-Unis sont deux fois moins cités qu’en 2025 dans ce classement, signe d’une érosion de leur attractivité perçue en matière de politiques de compétitivité. L’Italie, en revanche, progresse sensiblement (de 5 % en 2025 à 12 % en 2026), dépassant désormais la Chine.
Rentabilité et talents en priorité
Si l’international attire, la rentabilité demeure le critère prioritaire pour 83 % des dirigeants, suivie de la sécurisation des talents (52 %), la bataille des compétences restant essentielle.
Dans l’industrie manufacturière, l’innovation et la R & D restent des priorités pour 38 % des dirigeants, reflétant la nécessité de combiner expansion internationale et avantage technologique pour rester compétitif sur les marchés mondiaux.
L’on remarquera que les transitions écologique et énergétique, bien que cruciales à long terme, sont, pour la deuxième année consécutive, reléguées au second plan : seulement 13 % des dirigeants les jugent prioritaires, contre 18 % en 2025.
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