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Les dirigeants français accélèrent à l’international pour contourner l’incertitude / Plus de la moitié des dirigeants en font désormais une priorité

Selon le baromètre 2026 d’Eurogroup Consulting, l’international devient un levier stratégique : 56% des chefs d’entreprise font de leur développement à l’étranger une priorité, et près de quatre sur dix prévoient de s’implanter dans un nouveau pays avec un critère : trouver de la rentabilité là où il y en a.
Quartier de la Défense (Photo by Emmanuel DUNAND / AFP)
Quartier de la Défense (Photo by Emmanuel DUNAND / AFP)

Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité économique et l’instabilité politique, les dirigeants français ont adopté une nouvelle philosophie : avancer malgré l’incertitude. L’édition 2026 du Baromètre d’Eurogroup Consulting, basée sur les réponses de plus de 1 000 chefs d’entreprise basés en France et à l’étranger, met en lumière une véritable mutation stratégique : l’accélération du développement à l’international. En effet, 56 % des dirigeants en font désormais une priorité stratégique, contre 36 % en 2025, soit un bond de 20 points en un an.

38 % des dirigeants envisagent de s’implanter dans un nouveau pays en 2026, un chiffre stable mais significatif dans un contexte international instable, montrant que l’expansion à l’étranger n’est plus un choix secondaire mais un levier stratégique de croissance et de compétitivité.

 

Allez là où ça marche

 

Et pour choisir leur implantation, 87 % des chefs d’entreprise privilégient les marchés dynamiques et porteurs. Du côté des freins, un obstacle domine : la réglementation. 67 % des dirigeants la dénoncent comme principal handicap à leur compétitivité, un chiffre particulièrement élevé chez les grandes entreprises (71 %). La fiscalité et les charges locales (33 %), les barrières commerciales (32 %) et la disponibilité ainsi que le coût de la main-d’oeuvre (30 %) sont également cités. La souveraineté économique cristallise attentes et frustrations : 68 % des dirigeants la considèrent prioritaire, soit 11 points de plus qu’en 2025, mais 78 % jugent que les mesures françaises et européennes sont insuffisantes.

 

L’attractivité du Moyen-Orient et de l’Italie se confirme

 

L’Europe reste néanmoins la destination privilégiée, avec 39 % des projets d’implantation. L’Asie du Sud et du Sud-Est conserve sa place (25 %), tandis que le Moyen-Orient s’impose désormais comme un terrain d’opportunités majeur (21 %) devançant l’Afrique subsaharienne (15 %) et surtout l’Amérique du Nord (14 %). "Les entrepreneurs vont chercher la rentabilité là où ils pensent la trouver", analyse Gilles Bonnenfant, président d’Eurogroup Company. Parmi les pays perçus comme les plus favorables à la compétitivité, les États-Unis arrivent en tête (23 %), suivis de l’Italie (12 %) et de la Chine (10 %). À noter cependant que les États-Unis sont deux fois moins cités qu’en 2025 dans ce classement, signe d’une érosion de leur attractivité perçue en matière de politiques de compétitivité. L’Italie, en revanche, progresse sensiblement (de 5 % en 2025 à 12 % en 2026), dépassant désormais la Chine.

 

Rentabilité et talents en priorité

 

Si l’international attire, la rentabilité demeure le critère prioritaire pour 83 % des dirigeants, suivie de la sécurisation des talents (52 %), la bataille des compétences restant essentielle.

Dans l’industrie manufacturière, l’innovation et la R & D restent des priorités pour 38 % des dirigeants, reflétant la nécessité de combiner expansion internationale et avantage technologique pour rester compétitif sur les marchés mondiaux.

L’on remarquera que les transitions écologique et énergétique, bien que cruciales à long terme, sont, pour la deuxième année consécutive, reléguées au second plan : seulement 13 % des dirigeants les jugent prioritaires, contre 18 % en 2025.

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