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Les investisseurs étrangers gardent la main sur la moitié du CAC 40 / Mais la zone euro gagne du terrain sur les capitaux américains

Les investisseurs étrangers continuent de peser lourd sur les grandes entreprises françaises. En 2024, ils détenaient toujours la moitié du capital du CAC 40, confirmant l’ancrage durable des capitaux internationaux à Paris. Mais derrière cette stabilité apparente, une étude de la Banque de France révèle des arbitrages sectoriels marqués et un discret rééquilibrage géographique, au détriment des investisseurs américains.  
CAC 40 (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP)
CAC 40 (Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas via AFP)

La présence étrangère au capital des grandes entreprises françaises demeure massive. Selon le Bulletin de la Banque de France de novembre-décembre 2025, les investisseurs non-résidents détenaient, fin 2024, 1 083 milliards d’euros d’actions des sociétés du CAC 40, sur une capitalisation totale de 2 165 milliards. Soit exactement 50 % du capital, en légère progression de 0,5 point sur un an. Hors indice phare, la détention étrangère tombe à 32 %.

Ce niveau confirme une tendance installée. Depuis 2019, la part du capital du CAC 40 contrôlée par des investisseurs étrangers gravite autour de ce seuil de 50 %, bien en deçà toutefois du pic atteint au milieu des années 2010, lorsque la détention étrangère dépassait 54 %.

A noter que toutes capitalisations confondues, les non-résidents détiennent 46 % des actions françaises cotées sur Euronext. Un taux qui place la France parmi les pays les moins ouverts d’Europe : l’Allemagne affiche une détention étrangère de 57 %, tandis que les Pays-Bas culminent à près de 88 %, reflet d’une architecture financière singulière au sein de la zone euro.

 

Une domination persistante des investissements de portefeuille

 

La physionomie des investissements étrangers reste, quant à elle, inchangée. En 2024, 92,9 % des détentions étrangères dans le CAC 40 ont relevé d’investissements de portefeuille, c’est-à-dire de participations inférieures à 10 % du capital. Les investissements directs, synonymes d’ancrage stratégique et de contrôle, ne représentent que 7,1 %, un ratio stable depuis une dizaine d’années.

Cette structure explique qu’un actionnariat majoritairement étranger ne rime pas nécessairement avec prise de contrôle. Parmi les 35 sociétés françaises du CAC 40 étudiées, seules sept comptent au moins un actionnaire non-résident détenant plus de 10 % du capital.

À la fin de l’année 2024, 19 entreprises françaises de l’indice étaient détenues à plus de 50 % par des non-résidents. Onze affichaient une détention comprise entre 30 % et 50 %, et cinq seulement restaient sous le seuil des 30 %. Une répartition globalement stable, malgré les ajustements de composition de l’indice, marqués en 2024 par l’entrée d’Accor et de Bureau Veritas et la sortie de Vivendi et d’Alstom.

Sur le plan sectoriel, les flux d’investissements étrangers ont privilégié la santé et les services aux collectivités, dont la part de capital détenue par des non-résidents a progressé de 2,6 points en 2024. Les biens et services de consommation ont également bénéficié d’achats nets, à hauteur de 2,1 milliards d’euros, après trois années consécutives de désengagement.

À l’inverse, les investisseurs étrangers ont réduit leur exposition aux secteurs de l’industrie et de l’énergie, enregistrant des ventes nettes de 2,2 milliards d’euros. Un retournement après cinq années de flux acheteurs continus.

 

Un rééquilibrage géographique discret mais significatif

 

Enfin, l’étude met en évidence une inflexion géographique notable. En 2024, 39,7 % des actions cotées et parts d’organismes de placement collectif français détenues par des non-résidents provenaient de la zone euro, une part en légère hausse, pour la première fois depuis 2020. À l’inverse, le poids des investisseurs américains recule nettement : leur part tombe à 33,6 %, soit une baisse de 2,4 points en un an.

Ce mouvement marque une rupture après plusieurs années de montée en puissance des capitaux américains. Parallèlement, les détentions transitant par les îles Caïmans progressent, sous l’effet d’une amélioration de la couverture statistique, et dépassent désormais celles enregistrées via la Suisse.

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