WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Abivax

Entreprises / Actions
Abivax

Abivax, la biotech qui a pulvérisé le SBF 120 en 2025 / Une capitalisation de 7,5 milliards, alors que le calendrier s’accélère

Les résultats de phase avancée publiés cet été ont profondément modifié la lecture du dossier Abivax. La biotech dispose désormais d’une visibilité financière jusqu’au quatrième trimestre 2027 et aborde une série d’échéances cliniques et réglementaires décisives. À mesure que ces jalons se rapprochent, la spéculation s’est intensifiée autour d’un actif susceptible d’attirer l’attention des grands laboratoires.
Marc de Garidel, le directeur général d'Abivax (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)
Marc de Garidel, le directeur général d'Abivax (Photo by ERIC PIERMONT / AFP)

Les publications financières d’Abivax se suivent et, en apparence, se ressemblent. À la lecture des comptes du troisième trimestre 2025, la perte se creuse nettement (254,1 millions d’euros à fin septembre, contre 136,9 millions un an plus tôt) et la réaction boursière du jour, avec un titre en baisse de 9,6 % à 94,2 euros, pourrait laisser penser à une forme de déception. Ce serait pourtant une lecture largement à côté de l’essentiel. Pour une biotech entrée dans la phase la plus exigeante de son développement clinique, ces chiffres racontent avant tout un changement d’échelle.

Chez Abivax, l’événement le plus marquant du trimestre et de l’année s’est joué en clinique. En juillet, la société a publié des résultats positifs de phase 3 sur obefazimod, une étape décisive dans le développement clinique, issus de deux études de huit semaines menées chez des patients atteints de rectocolite hémorragique modérément à sévèrement active. Les essais ont montré que le traitement permettait d’obtenir davantage de rémissions cliniques que le placebo, avec un effet net aux doses testées. Obefazimod se distingue par son administration orale et par un mécanisme d’action innovant, visant à moduler la réponse immunitaire plutôt qu’à la bloquer, une approche qui alimente l’idée d’un profil à la fois efficace et bien toléré.

 

Un saut de dimension pour la plus grande biotech française

 

Ces résultats ont fait basculer Abivax dans une catégorie encore jamais atteinte par une biotech tricolore : celle des sociétés capables d’afficher, en phase avancée, des données solides dans une indication à fort potentiel. La rectocolite hémorragique (RCH) n’est pas une pathologie de niche, mais une maladie chronique, lourde, qui pèse sur la qualité de vie et peut entraîner des complications sévères. Le marché mondial des traitements de la RCH est aujourd’hui estimé entre 8 et 10 milliards de dollars, avec une croissance attendue régulière au cours de la prochaine décennie, d’où l’attention portée aux actifs capables de s’y différencier à un stade clinique avancé.

En Bourse, le titre Abivax a changé d’échelle depuis l’été : multiplié par six lors de la publication des résultats cliniques de juillet, il affiche désormais une hausse d’environ quatorze fois depuis le début de l’année, la meilleure performance de l’indice. La capitalisation atteint près de 7,5 milliards d’euros, un record pour le secteur en France.

Dans ce contexte, la publication financière du troisième trimestre est instructive non pas tant pour l’évolution des pertes, logique compte tenu de la hausse des dépenses de recherche et développement, mais pour celle de la trésorerie.

Fin juillet, Abivax a profité de conditions de marché exceptionnelles pour lever près de 747,5 millions de dollars, une opération qui a porté la trésorerie et les équivalents de trésorerie à 589,7 millions d’euros au 30 septembre, contre 144,2 millions fin 2024. Le groupe dispose ainsi d’une autonomie financière jusqu’au quatrième trimestre 2027, une donnée clé pour exécuter la suite du plan.

 

La spéculation s’installe

 

Avec cette trésorerie, Abivax aborde la suite du programme clinique avec une visibilité rare. L’enjeu repose désormais sur l’étude dite de maintenance, qui vise à vérifier sur la durée, sur plusieurs mois, la capacité du traitement à maintenir la rémission obtenue après l’induction. Les premiers résultats synthétiques de cette étude, attendus au deuxième trimestre 2026, doivent ensuite permettre à la société d’engager, au second semestre 2026, les discussions formelles en vue des dépôts de dossier d’autorisation auprès des autorités de santé américaines et européennes.

La spéculation, qui s’est nettement intensifiée début décembre sur le titre, est logiquement alimentée par l’approche de ces échéances cliniques et réglementaires déterminantes, susceptibles de confirmer le changement de dimension du groupe et de marquer sa transition d’une biotech de recherche vers une biotech commerciale, appelée à générer ses premiers revenus à partir de la vente de produits.

Après la levée de fonds de l’été, la société a les moyens de viser une trajectoire autonome, au moins aux États-Unis, tout en envisageant des partenariats régionaux ailleurs. Mais, dans le même temps, obefazimod réunit plusieurs atouts qui attirent mécaniquement l’attention des grands groupes : un médicament oral, plus simple d’usage pour les patients, une approche thérapeutique différente de l’existant, et une efficacité démontrée même chez des patients difficiles à traiter, sans signal de sécurité rédhibitoire à ce stade. Invest Securities rappelait récemment que plusieurs grandes pharmas apparaissent, sur le papier, comme des candidats crédibles sur le terrain des maladies inflammatoires intestinales, de Merck à Roche, Pfizer, Eli Lilly ou AstraZeneca, toutes en quête de nouveaux relais en immunologie et susceptibles de valoriser un actif oral différenciant.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article