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Macro-économie / Taux

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La Fed entre dans une nouvelle phase monétaire / Face aux risques pesant sur l’emploi, elle se place en terrain neutre

Avec la nouvelle réduction de 25 points de base du taux directeur de l’institution de Washington, celui-ci évolue probablement dans une zone neutre, a fait valoir le président Jerome Powell. L’an prochain, le Comité de politique monétaire prévoit une seule baisse de taux alors que l’inflation devrait se situer encore sensiblement au-dessus de 2 %.
Jerome Powell, président de la Fed - SAUL LOEB / AFP
Jerome Powell, président de la Fed - SAUL LOEB / AFP

Et de trois. Pour sa troisième réunion d’affilée, le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) a choisi de diminuer son taux directeur de 25 points de base, le portant dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. Au cours de sa traditionnelle conférence post-réunion, Jerome Powell, président de la Fed, est revenu sur les déterminants de cette décision.

"À court terme, les risques d’inflation sont orientés à la hausse et les risques pour l’emploi à la baisse - une situation difficile", a-t-il déclaré. "Un scénario de base raisonnable est que les effets des tarifs sur l’inflation seront relativement de courte durée - en pratique, un décalage ponctuel du niveau des prix. Notre responsabilité est de veiller à ce qu’une hausse ponctuelle du niveau des prix ne se transforme pas en problème d’inflation persistante", a expliqué l’Américain.

"Mais avec l’augmentation des risques baissiers pour l’emploi ces derniers mois, l’équilibre des risques s’est déplacé ", a-t-il ajouté, estimant que le mandat de la Fed appelle à adopter une approche équilibrée pour promouvoir ses deux volets.

Sur le marché du travail, bien que les données officielles sur l’emploi pour octobre et novembre soient retardées, "les éléments disponibles suggèrent que les licenciements comme les embauches restent faibles, et que la perception de la disponibilité d’emplois par les ménages, ainsi que la perception de la difficulté d’embauche par les entreprises, continuent de diminuer", a jugé Jerome Powell.

Le rapport officiel sur le marché du travail pour septembre, la publication la plus récente du fait du shutdown, a montré que le taux de chômage a continué d’augmenter légèrement, atteignant 4,4 %, et que les créations d’emplois avaient nettement ralenti par rapport au début de l’année. "Une bonne partie de ce ralentissement reflète probablement un affaiblissement de la croissance de la population active, dû à une baisse de l’immigration et de la participation au marché du travail, même si la demande de main-d’œuvre s’est également clairement affaiblie", a soutenu le banquier central.

Du côté des prix, l’inflation annuelle mesurée par l’indice PCE a atteint 2,8 % en septembre, (même chose en excluant les catégories volatiles de l’alimentation et de l’énergie). "Ces chiffres sont plus élevés que plus tôt dans l’année, l’inflation des biens ayant augmenté sous l’effet des tarifs douaniers. En revanche, la désinflation semble se poursuivre pour les services", a fait remarquer Jerome Powell.

Cette réunion du FOMC a également été l’occasion pour ses membres de communiquer leurs nouvelles prévisions de trajectoire du taux d’intérêt directeur (dots). La prévision médiane fait état d’un taux à 3,4 % fin 2026 et 3,1 % fin 2027 ainsi que fin 2028. Dans le détail, pour l’an prochain, sept membres ne privilégient aucune baisse, quatre anticipent une baisse, quatre prévoient deux baisses, deux escomptent trois baisses, un quatre baisses et un autre six baisses.

Le marché, lui, octroie une probabilité de 70 % au scénario d’au moins deux baisses de taux, peut-on calculer grâce à CME FedWatch Tool.

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