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Safran avance dans la rationalisation de l’ex-Zodiac / Safran Passenger Innovations cédée à Kingswood

En vendant Safran Passenger Innovations, activité héritée du rachat de Zodiac, Safran se défait d’un métier désormais jugé non stratégique. Cette opération intervient alors que le groupe envisage également de céder une partie plus large de ses activités de cabines.
Olivier Andriès, le directeur général de Safran (Photo by ERIC LALMAND / Belga / AFP)
Olivier Andriès, le directeur général de Safran (Photo by ERIC LALMAND / Belga / AFP)

Il y a tout juste un an, lors de son Capital Markets Day, Safran avait fait figurer la rationalisation de son portefeuille parmi ses priorités stratégiques, ce qui supposait des cessions à venir. En attendant celle, dont le principe est évoqué depuis plusieurs mois dans la presse et confirmé par le groupe, qui doit concerner une part des activités d’aménagement intérieur d’avions au sein de Safran Cabin, Safran a choisi de se séparer d’une activité de moindre envergure mais qui ne relève plus, elle non plus, de son cœur stratégique : Safran Passenger Innovations, soit son activité spécialisée dans le divertissement et la connectivité à bord.
Une activité issue de l’ancien périmètre Zodiac, qui s’est imposée au fil des années comme l’un des acteurs reconnus de ce segment.

À l’origine de Safran Passenger Innovations, on trouve en effet l’acquisition en 2012, par Zodiac Aerospace, de la société IMS, qui développait le système d’infotainment embarqué RAVE. Le rachat de Zodiac par Safran en 2018 a ensuite conduit à l’intégration de ces activités au sein du groupe et à la création de l’entité SPI.

Elle génère aujourd’hui environ 460 millions de dollars de chiffre d’affaires et emploie près de 740 salariés répartis sur trois sites, deux aux États Unis et un en Allemagne. Elle va passer sous le contrôle de la société d’investissement Kingswood Capital Management, qui entend s’appuyer sur ses ressources financières et son réseau pour accélérer le développement de nouvelles solutions connectées dans un marché porté par la croissance du trafic aérien. La finalisation de la transaction est attendue d’ici la fin du premier trimestre 2026, sous réserve des autorisations réglementaires usuelles.

 

Safran fait le tri dans l’héritage Zodiac

 

Cette opération d’une envergure relativement limitée à l’échelle de Safran montre que le groupe n’entend plus conserver des activités pourtant bien positionnées dès lors qu’elles ne relèvent pas de son cœur de métier redéfini autour de la propulsion, des équipements critiques et des systèmes embarqués à forte valeur ajoutée. Dans le cas de SPI, l’exposition au divertissement et à la connectivité, aussi dynamiques soient ces marchés, s’écarte désormais de cette ligne de force.

Cette cession trouvera d’ailleurs son prolongement dans un chantier de bien plus grande ampleur. Depuis l’automne, Safran a confirmé travailler à la cession d’environ 30 pour cent des activités d’aménagement intérieur d’avions héritées du rachat en 2018 de Zodiac, hors sièges, une fois la rentabilité rétablie. On suivra attentivement ce qu’il en est dans les résultats annuels qui seront publiés le 13 février prochain.

 

Des arbitrages au service des investissements prioritaires

 

Derrière ces arbitrages, l’enjeu n’est pas tant de générer du cash à court terme que de poursuivre le recentrage stratégique engagé. La cession de Safran Passenger Innovations, comme le projet de désengagement partiel des activités de cabines, participe avant tout de cette volonté de clarification du portefeuille. Elle offre en parallèle au groupe une flexibilité accrue dans l’allocation de son capital, entre poursuite du programme de rachats d’actions et opportunités d’acquisitions ciblées, à l’image de l’opération sur les commandes de vol de Collins Aerospace en juillet 2025.

Sur le front du M&A, Safran s’est en effet davantage illustré, ces deux dernières années, par ses opérations de croissance externe que par ses cessions. L’acquisition des activités d’actionnement et de commandes de vol de Collins Aerospace, pour 1,8 milliard de dollars, finalisée en juillet 2025 et consolidée au 1er août, a constitué l’opération la plus emblématique. Elle s’est ajoutée à plusieurs mouvements plus ciblés : les activités aéronautiques d’oxygène et d’azote d’Air Liquide, finalisées début 2024 ; Preligens en septembre 2024, pour environ 220 millions d’euros, afin de renforcer les capacités en intelligence artificielle ; et Component Repair Technologies, annoncé en septembre 2024 puis finalisé début 2025, qui élargit le réseau mondial de réparation de pièces moteurs. Autant d’opérations qui ont renforcé la focalisation du groupe sur les moteurs, les équipements high-tech et la résilience de sa chaîne de valeur.

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