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Stellantis n’entend pas rater le coche de la conduite autonome / Et s’appuie sur une approche partenariale pour ce faire

Ces derniers mois, le constructeur automobile a révélé plusieurs partenariats pour accélérer le déploiement à grande échelle de la mobilité autonome en Europe et renforcer sa stratégie mondiale de robots-taxis. Une approche collaborative, s’appuyant tant sur des géants et pépites technologiques que sur des spécialistes des solutions de mobilité, complétée mardi par l’annonce d’une association avec la plateforme européenne Bolt.
(Photo by Mohamad Salaheldin Abdelg Alsaye / Anadolu via AFP)
(Photo by Mohamad Salaheldin Abdelg Alsaye / Anadolu via AFP)

La course aux véhicules autonomes a bien amorcé son départ. Et les États-Unis et la Chine forment le peloton de tête : déjà, à la mi-2024, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan estimait que depuis 2012, une centaine de milliards d’euros en recherche et développement avaient été investis dans l’autonomie de conduite, presque exclusivement dans les deux pays. Des montants dont les premiers bénéficiaires ont été les robots-taxis, portés par les avancées des champions technologiques des deux pays (comme Uber, Google, Tesla ou BYD) sur ce terrain.

Un sujet d’avenir pour l’industrie automobile européenne, qui faisait notamment partie des grands axes présentés par la Commission européenne au mois de mars dans son plan d’action pour le secteur. Au programme, entre autres : une proposition relative à des procédures d’autorisation harmonisées qui sera lancée début 2026, afin de faciliter l’essai sur route de systèmes de conduite automatisée dans tous les États membres. Si la France et l’Europe apparaissent aujourd’hui moins en avance que leurs grands rivaux économiques, les entreprises du Vieux continent semblent en tout cas décidées à y accélérer. Dans la lignée de plusieurs annonces formulées récemment, Stellantis a fait savoir ce matin avoir noué un partenariat avec Bolt, célèbre plateforme de services de VTC en Europe, afin de développer et déployer conjointement des véhicules autonomes de niveau 4 (soit sans conducteur) pour leurs activités commerciales en Europe.

 

Étape par étape

 

L’alliance combinera certaines plateformes du groupe franco-italo-américain (en particulier celles destinées aux fourgons de taille moyenne et pour les véhicules compacts, nommées AV-Ready) avec le réseau opérationnel de Bolt, afin d’intégrer les véhicules autonomes de Stellantis. Et de déployer ainsi à plus grande échelle ces solutions.

Les essais débuteront dans des pays européens dès l’année prochaine, en mettant l’accent sur la mise en place d’un service aligné avec les normes de sécurité et de performance de l’Europe, explique le groupe. Le déploiement se fera ainsi par étapes, allant des prototypes et des flottes pilotes jusqu’à l’industrialisation à plus grande échelle, avec un objectif de production initial visé pour 2029. "Les flottes de véhicules autonomes contribuent également à réduire l’empreinte carbone grâce à une mobilité partagée et optimisée, réduisant les embouteillages et les émissions de CO2", a assuré le directeur général du groupe, Antonio Filosa.

L’occasion également pour Stellantis de rappeler les enjeux de cette collaboration : soit de renforcer son écosystème de partenaires en Europe et sa stratégie globale de mobilité autonome. Cette annonce prend la suite de celle d’une association avec Pony.AI, l’un des leaders chinois des technologies de conduite autonome, afin d’accélérer le développement et le déploiement de solutions de robots-taxis sur le Vieux continent. Elle avait été officialisée au mois d’octobre par la filiale européenne de l’entreprise, installée au Luxembourg au travers de la signature d’un protocole d’accord. Elle permettra d’intégrer son logiciel avancé de conduite autonome à la plateforme de Stellantis pour les fourgons de taille moyenne, en version 100 % électrique. Des essais sur route devraient être lancés dans plusieurs villes européennes dès l’année prochaine, avait-il alors été expliqué.

 

Articulation à la stratégie mondiale

 

Cette architecture européenne combinant des partenariats technologiques et de mobilité, destinée à permettre au groupe d’avancer sur sa feuille de route de conduite autonome, s’articule à la stratégie globale de Stellantis sur le sujet. À la fin du mois d’octobre, Stellantis indiquait en effet avoir entrepris une collaboration avec trois géants technologiques – Nvidia, Uber et Foxconn –. Une manière d’explorer de concert le développement conjoint et le déploiement futur de véhicules de niveau 4, afin d’étendre l’écosystème mondial du groupe dédié à la mobilité autonome et de muscler sa stratégie liée aux robots-taxis.

Le but : combiner le savoir-faire du constructeur en ingénierie et fabrication de véhicules (en s’appuyant sur la plateforme AV-Ready), le logiciel de conduite autonome et l'informatique IA de Nvidia, les capacités de Foxconn en matière d’électronique et d’intégration des systèmes, ainsi que la force de frappe d’Uber dans l’exploitation de services VTC. Le déploiement des véhicules autonomes de Stellantis, aux États-Unis, devrait ainsi prendre un petit coup d’avance sur l’Europe. En octobre, le groupe estimait qu’Uber prévoyait de le faire dans certaines villes sélectionnées à travers le monde, avec des opérations initiales qui débuteront outre-Atlantique. Les programmes pilotes et les tests devraient ainsi s’intensifier au cours des prochaines années, le début de la production étant prévu pour 2028.

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