Macro-économie / Taux
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Reshoring : un débat plus qu’une réalité en Europe / Les relocalisations apparaissent très faibles
Le reshoring, un mirage européen ? Les chiffres de l’European Restructuring Monitor (ERM), publiés par la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, n’incitent pas à l’optimisme. Celui-ci suit les annonces des entreprises de taille moyenne à grande dans les États membres, telles que rapportées par les médias locaux ou sur les sites web des entreprises.
Depuis 2019, "l’ERM a recensé plus de 4 500 événements de restructuration dans la zone euro, tels que des expansions d’entreprise, des restructurations internes, des fermetures, etc. Parmi ceux-ci, les reshorings représentent moins de 1 % (même si ce chiffre est probablement surestimé) et les offshorings environ 4 %", analysent Bert Colijn et Amrita Naik Nimbalkar, économistes au sein de la banque ING. Même en 2022, au plus fort des problèmes de chaînes d’approvisionnement, avec des coûts de transport en forte hausse et des pénuries d’intrants, seules 13 annonces de reshoring ont été enregistrées.
Depuis 2019, le nombre de relocalisations déclarées est tombé à un niveau inférieur à celui de 2016-2018. À l’exception de cette période, les cas de délocalisation ont toujours dépassé les relocalisations. La collecte de données sur le reshoring a commencé en 2014, tandis que pour l’offshoring elle remonte à 2002. L’offshoring s’est modéré depuis la crise financière mondiale, mais il n’a pas disparu. Même dans les années post-pandémie, alors que la démondialisation est largement discutée, les délocalisations continuent de dépasser les relocalisations.
Géographiquement, environ la moitié de toutes les annonces de délocalisation proviennent d’entreprises situées en Europe de l’Ouest – Allemagne, Belgique et France. Du point de vue sectoriel, les industries représentant la majorité de ces annonces sont la fabrication, les équipements de transport, les produits électriques et électroniques et les machines.
"Plusieurs facteurs expliquent pourquoi les entreprises continuent de se tourner vers l’étranger, tels que les coûts et pénuries de main-d’œuvre, l’adaptation à la demande locale, les investissements importants nécessaires au reshoring, la facilité réglementaire ailleurs, ou des chaînes de valeur spécialisées et profondément intégrées difficiles à modifier", indiquent les économistes d’ING.
A quoi s’attendre dans les années à venir pour le Vieux continent ? "Les risques géopolitiques pourraient renforcer les raisons de produire localement. Mais pour l’instant, les coûts de production en Europe semblent trop élevés pour entraîner une relocalisation massive des activités", jugent Bert Colijn et Amrita Naik Nimbalkar.
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