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exclusif Temasek compte se développer en Europe

EXCLUSIF. Boon Sim, le patron du fonds souverain de Singapour, a confirmé son intention de gonfler son portefeuille dans le Vieux Continent, en ciblant des sociétés présentes à l'international.
Au regard de la situation économique actuelle, la stratégie de développement du fonds singapourien Temasek peut paraître originale. A la tête du groupe, Boon Sim a réaffirmé hier, au court d'un long entretien accordé au Wall Street Journal, son intention de développer ses activités sur le Vieux Continent et aux Etats-Unis, malgré les inquiétudes persistantes des investisseurs. A contre-courant des opinions habituelles, Mr Sim a défendu sa stratégie d'expansion à l'international. Pour lui, les sociétés américaines disposent d'avantages comparatifs dans plusieurs industries, telles que l'énergie, la santé et la technologie, et offrent dans ce sens des opportunités intéressantes. L'ex-directeur de l'activité M&A chez Crédit Suisse à New York entend en parallèle cibler les sociétés européennes présentes à l'international, suffisamment solides pour compenser la faiblesse des économies locales. "Le luxe pour nous, c'est que nous sommes un investisseur de long terme ", ajoute-t-il encore. L'an passé, le fonds d'investissement a déjà investi 2,7 milliards de dollars dans trois sociétés américaines, spécialisées dans le secteur de l'énergie. En Europe, le fonds singapourien a déboursé en mars dernier 1,35 milliard de dollars pour acquérir une participation de 5% dans Repsol, faisant de lui le quatrième plus important actionnaire de la société pétrolière espagnole, présente dans 30 pays à travers le monde. En parallèle, le groupe de Mr Sim a réduit son exposition au secteur financier, qui est passé de 36% à 31% entre 2011 et 2012. Pour autant, le groupe est depuis ses débuts solidement implanté en Asie. Les avoirs de Temasek à Singapour, où le fonds est actionnaire majoritaire des principales sociétés de la cité-Etat, et en Chine -où il détient des participations dans les plus grandes banques nationales- ont représenté 72% du total de son portefeuille l'an passé, selon le dernier rapport d'activité. C'est toutefois moins qu'en 2011, où l'exposition s'élevait à 77%. Sur la période, la part des investissements en Europe a augmenté de 8% à 11%. Concernant les perspectives de l'économie mondiale, Mr Sim se dit "prudemment optimiste", même s'il considère que la période de volatilité actuelle sur les marchés pourrait se prolonger au cours des 18 à 24 prochains mois, à mesure que la Fed diminue ses rachats d'actifs. Il précise également que les investisseurs vont devoir "réviser" leurs attentes concernant la Chine. Le pays devrait, selon lui, passer d'une croissance à deux chiffres, stimulée par les investissements en infrastructure, à une croissance de 7%, dopée par les dépenses de consommation. Quoi qu'il en soit, Temasek entend ouvrir sous peu deux antennes à New York et à Londres, avec des équipes réduites de 20 personnes chacune.
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