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ArcelorMittal annonce un investissement de 500 millions d’euros en France / Le plus significatif du groupe en Europe depuis dix ans, dans un contexte particulier

Alors que la filiale française du sidérurgiste est en proie à des difficultés, comme l’ensemble de son secteur à l’échelle européenne et que des débats autour de sa nationalisation ont animé les députés la semaine passée, ArcelorMittal vient d’annoncer 500 millions d’euros d’investissements sur son site de Mardyck. Le but : lancer une nouvelle filière de production d’aciers électriques.
Alain Le Grix de la Salle, président d'ArcelorMittal France (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
Alain Le Grix de la Salle, président d'ArcelorMittal France (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

Son plus grand investissement en Europe depuis une décennie. Alors que les députés ont voté la semaine dernière en faveur d’une proposition de loi de la France insoumise visant à nationaliser ArcelorMittal France - bien que l’avenir de ce texte reste compromis -, la filiale française de l’aciériste a annoncé s’apprêter à lancer une nouvelle filière de production d’aciers électriques sur son site industriel de Mardyck, dans le nord de la France. Montant de l’enveloppe dédiée : 500 millions d’euros, soit la plus importante du groupe sur le Vieux continent en dix ans. L’investissement est soutenu à hauteur de 25 millions d’euros par l’État français, dans le cadre de France 2030, indique aussi l’entreprise. Les trois premières lignes entreront en exploitation d’ici à la fin de l’année 2025, explique ArcelorMittal, qui vise la mise en service de cinq d’entre elles à l’horizon 2027.

Un projet stratégique pour ArcelorMittal Europe – Produits Plats, souligne aussi l’entreprise, puisqu’il lui permettra d’étendre son offre en matière d’aciers électriques, afin d’accompagner le développement des moteurs électriques à destination des marchés de l’industrie et de l’automobile. Grâce à cette nouvelle unité de production, venant compléter celle de Saint-Chély-d’Apcher (Lozère), la capacité de production d’aciers électriques du groupe en Europe sera portée à près de 300 000 tonnes par an.

De même, tous les aciers de ce type en Europe seront produits dans l’Hexagone, indique le groupe par voie de communiqué, "ce qui consolide l’écosystème français autour de l’électromobilité et de la transition énergétique. Nos nouvelles lignes s’intègrent au cœur du territoire dunkerquois et d’une région Hauts-de-France, dont les ambitions sont de concrétiser une filière forte et ambitieuse autour de l’électromobilité".

 

Toile de fond

 

Un investissement qui intervient dans un contexte particulier. Les annonces de suppressions de postes du groupe en France avaient suscité de vives réactions politiques, tout comme celle de la mise en suspens du vaste plan de décarbonation de son site de Dunkerque. Le groupe avait par la suite réitéré son intention de mettre en œuvre cet investissement, le conditionnant néanmoins à la réception de réponses fermes quant à la protection du marché sidérurgique européen. Il faut dire qu’il est effectivement en proie à de nombreuses difficultés, mêlant chute de la demande, surcapacités de production mondiales, concurrence déloyale de la part de la Chine et insuffisance de compétitivité des industriels européens.

Si la Commission européenne a bien présenté au début du mois d’octobre un bouclier de protection visant à donner du répit aux entreprises du secteur, elles n’ont pas encore été mises en application et sont actuellement en discussion au Parlement européen. Des annonces ayant toutefois été reçues avec soulagement du côté d’ArcelorMittal, qui avait d’ailleurs fait savoir lors de sa dernière publication trimestrielle entrevoir plusieurs signaux positifs pour la suite.

En attendant, par la voix du président d’ArcelorMittal France, l’entreprise s’est aussi plusieurs fois défendue des accusations de désengagement du territoire français, remises sur la table par les députés ayant porté le texte visant à nationaliser la filiale française du groupe, en mettant en avant des investissements, sur le territoire français, s’élevant à 1,7 milliard d’euros en cinq ans (et pointant par ailleurs l’irrationalité qu’il y aurait à séparer les actifs français de l’entreprise d’un groupe international bénéficiaire).

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