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Macro-économie / Taux

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Fed : qui est Kevin Hassett, le grand favori pour succéder à Jerome Powell ? / Inféodé ou indépendant, telle serait la question

D’après des sources de presse et les marchés prédictifs, le directeur du Conseil économique national (NEC) tiendrait la corde pour prendre la suite de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine. Les observateurs s’interrogent sur la nature de son dévouement envers Donald Trump s’il venait à être nommé alors que celui-ci attend un assouplissement monétaire sensible.
Kevin Hassett - KENT NISHIMURA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Kevin Hassett - KENT NISHIMURA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

"Je sais qui je vais choisir". Dimanche dernier, à bord d’Air Force One, c’est ce que Donald Trump, président des Etats-Unis, a lancé aux journalistes, alors questionné sur l’identité du futur patron de la Réserve fédérale américaine (Fed). S’il a préféré taire son nom, les spéculations vont bon train et semblent pour la plupart aller dans le même sens. La semaine dernière, citant des sources proches du dossier, l’agence Bloomberg faisait valoir que c’était Kevin Hassett, directeur du National Economic Council (NEC), organe de coordination des politiques économiques du gouvernement (placé auprès de la Maison Blanche), qui était en pole position.

A la suite de la publication de la dépêche, les marchés prédictifs (Polymarket) ont réévalué à la hausse de 32% à 52% la probabilité qu’il soit nommé. Elle se situe aujourd’hui à 81%, contre, en ce qui concerne les autres prétendants, 7% pour l’ex-gouverneur de la Fed Kevin Warsh, 6% pour le gouverneur de la Fed Christopher Waller, 3,2% pour le secrétaire au Trésor Scott Bessent et 3% pour Rick Rieder, à la tête de l’investissement obligataire mondial chez BlackRock.

Diplômé du Swarthmore College, Kevin Hassett a également obtenu un doctorat en économie à l’Université de Pennsylvanie. Il enseignera après à l’Université Columbia avant d’intégrer la Fed pendant cinq ans où il évoluera au sein de la division "recherche et statistiques". Puis l’année 1997 marque son arrivée à l’American Enterprise Institute for Public Policy Research (AEI), think tank conservateur au sein duquel il travaillera pendant près de vingt ans. Les travaux de Kevin Hassett publiés dans des revues académiques ont souvent porté sur le lien entre la fiscalité et l’investissement des entreprises.

A l’orée du 21ème siècle, il sera conseiller économique de John McCain à l’occasion de sa candidature aux élections primaires du Parti républicain dans le cadre de l'élection présidentielle de 2000. C’est ensuite George W. Bush qui bénéficiera de ses éclairages sur les questions économiques lors de l’élection présidentielle de 2004. Il retrouvera un rôle de conseiller auprès de John McCain lors de l’élection présidentielle de 2008 avant d’épauler le républicain Mitt Romney en 2012.

En 2017, le président Donald Trump le propulsera à la tête du Council of Economic Advisers (CEA – composé d’universitaires, il fournit au président des Etats-Unis des analyses économiques). Il quittera son poste en 2019 et sera nommé à la tête du NEC lors du second mandat de Donald Trump.

Depuis le début de l’année celui-ci n’a eu de cesse de vilipender la Fed, en particulier Jerome Powell, lui reprochant de diminuer insuffisamment son taux d’intérêt directeur. Kevin Hassett n’a pas non plus été tendre avec l’institution de Washington.

"Si vous regardez les choix de la Fed au cours des dernières années, vous pourriez vous demander : ont-ils mis la politique avant leur mandat ?", a-t-il lancé en août.  Il est reproché aux banquiers centraux d’avoir baissé les taux d’intérêt jusqu’à l’élection présidentielle de 2024 et d’avoir joué le statu quo durant le premier semestre 2025. Cette prise à partie a atterré plusieurs experts qui tenaient en haute estime Kevin Hassett.

Dans le même temps, l'économiste a tenu des propos indiquant qu’il ne serait l’obligé de Donald Trump s’il était nommé.

"Je dirais à 100 % que la politique monétaire, la politique monétaire de la Réserve fédérale, doit être entièrement indépendante de toute influence politique, y compris celle du président Trump.", avait-il déclaré en septembre. " Le fait est que nous avons étudié des pays qui ont permis aux dirigeants de prendre le contrôle des banques centrales, et ce qui a tendance à se produire, c’est que cela mène à l’inflation et au malheur des consommateurs ", ajoutait-il.

Selon les analystes de BofA Securities, Kevin Hassett tenterait d'amener le taux d'intérêt directeur bien en-dessous de 3% s'il était nommé. A date, il se situe entre 3,75% et 4%. Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed s'attend à ce qu'il s'établisse à 3,4% fin 2026, 3,1% fin 2027 et fin 2028. Aux Etats-Unis, le taux d'intérêt nominal neutre, celui qui ne soutient ni ne freine l'activité et in fine l'nflation, est estimé à 3%. Ces derniers trimestres, l'inflation s'est maintenue à 3% l'an, soit un niveau supérieur à celui exigé par le mandat de la Fed.

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