Macro-économie / Taux
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Singapour détrône la Suisse dans la course mondiale aux talents / La France fait du surplace
Singapour passe en tête. Le dernier Indice mondial de compétitivité en matière de talents, publié par l’Insead, consacre Singapour, qui dépasse pour la première fois la Suisse. La cité-État s’impose grâce à une stratégie de long terme axée sur une main-d’œuvre agile, numériquement compétente et capable d’innover dans un contexte de transformations rapides liées à l’intelligence artificielle. Le GTCI 2025, centré sur la "résilience à l’ère de la disruption", évalue 135 économies selon 77 indicateurs regroupés sur six dimensions, allant de la capacité à attirer et retenir les talents à la maîtrise des compétences techniques et adaptatives.
La France conserve exactement la même position que l’an dernier, à la 19ᵉ place mondiale. Quatorzième en Europe, elle se distingue positivement en matière d’éducation, de formation continue et de compétences intermédiaires ou avancées. Mais ses faiblesses persistent, notamment son manque d’attractivité, une ouverture interne limitée et une employabilité jugée insuffisante. Comparée aux autres membres du G7, l’Hexagone présente un PIB par habitant élevé mais un score GTCI en retrait, suggérant un potentiel économique sous-exploité. Sur la décennie, son classement oscille entre la 19ᵉ et la 24ᵉ place.
Alors que Singapour accède pour la première fois à la première place, plusieurs grandes économies connaissent un décrochage notable. Les États-Unis tombent ainsi de la 3ᵉ à la 9ᵉ place, malgré une forte capacité à mobiliser des talents qualifiés dans la plupart des secteurs. L’Europe conserve néanmoins une domination écrasante, occupant 18 des 25 premières places, avec l’Allemagne 17ᵉ, le Royaume-Uni 12ᵉ et la France 19ᵉ. En Asie et Océanie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande restent très performantes en matière de rétention des talents, mais peinent davantage sur les compétences d’adaptabilité que Singapour place au cœur de sa stratégie.
Le rapport souligne que les économies capables d’obtenir des résultats élevés malgré des ressources limitées se distinguent de plus en plus. Israël, Singapour et la Corée du Sud en sont des exemples marquants, mais des pays à revenus intermédiaires ou faibles comme le Kenya, le Sri Lanka ou le Rwanda montrent eux aussi qu’un alignement efficace entre éducation, marché du travail et innovation peut compenser des moyens financiers modestes.
Dans un contexte de mutations rapides, les compétences d’adaptabilité deviennent déterminantes pour la compétitivité d’un pays. Rafael Escalona Reynoso, directeur général du Portulans Institute, partenaire de ce rapport, affirme que la capacité à collaborer, à penser de manière interdisciplinaire et à innover sous pression est désormais au cœur de la performance nationale.
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