Macro-économie / Taux
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Climat : comment le commerce mondial peut apporter son écot / Quand les échanges deviennent un accélérateur de la transition bas-carbone
Un allié de plus dans la lutte contre le changement climatique ? C’est ce qu’un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) tend à suggérer à propos du commerce mondial. L’organe subsidiaire juge qu’en orientant les flux vers les biens et services bas-carbone, les États peuvent à la fois réduire leurs émissions, renforcer leur résilience économique et capter de nouvelles sources de revenus pour financer la transition.
En 2024, les exportations de biens environnementaux ont atteint 2 000 milliards de dollars, soit 14 % des exportations manufacturières mondiales. D’autres segments connaissent un essor spectaculaire : les produits de substitution non plastiques ont atteint 485 milliards de dollars d’exportations en 2023, tandis que les biens issus de la biodiversité représentaient déjà 3 700 milliards de dollars en 2021.
Cette dynamique reste pourtant freinée par des politiques commerciales souvent inadaptées. Les tarifs appliqués aux équipements nécessaires aux énergies renouvelables demeurent bien plus élevés que ceux imposés aux produits fossiles, avec un pic en Afrique où ils atteignent 7,1 %, et même 7,6 % en ajoutant les mesures non tarifaires. Les obstacles sont aussi réglementaires : les normes climatiques, concentrées sur les secteurs les plus émetteurs, influencent désormais plus d’un quart des flux commerciaux mondiaux.
Or l’intégration du commerce dans les plans climat reste partielle. La Cnuced a analysé les Contributions déterminées au niveau national (NDC - efforts déployés par chaque pays pour réduire ses émissions) déposées jusqu’en septembre 2023 : si de plus en plus de pays – notamment en développement – utilisent des mesures commerciales pour promouvoir les énergies renouvelables ou l’efficacité énergétique, les instruments directs comme les tarifs ou les réglementations techniques demeurent peu mobilisés. Pourtant, l’enjeu est majeur : seuls 64 États ont soumis une NDC actualisée entre 2024 et 2025, représentant à peine 30 % des émissions mondiales.
Pour les pays en développement, qui ont porté près de 90 % des nouvelles NDC, le commerce constitue un vecteur d’opportunités économiques. Certains y voient un moyen de gagner en compétitivité climatique : le Brésil mise sur l’électrification et les biocarburants dans les transports, le Cambodge sur le bois énergétique certifié, le Népal sur la récupération de chaleur dans le ciment, Singapour sur la réduction des hydrofluorocarbures dans le froid industriel. D’autres identifient des besoins précis en technologies propres – photovoltaïque décentralisé, systèmes de refroidissement bas-émissions ou innovations agricoles – qui pourraient être satisfaits par l’ouverture commerciale et la coopération internationale.
La Cnuced appelle ainsi à harmoniser politiques commerciales, industrielles et climatiques pour créer des chaînes de valeur durables, soutenir l’investissement vert et faciliter l’accès aux technologies propres. Elle rappelle que les accords commerciaux, notamment Sud-Sud, peuvent réduire significativement les coûts de transition.
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