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Yann LeCun confirme son départ de chez Meta / Pour fonder une start-up et suivre sa vision de l'IA

Le Français qui chapeautait depuis 12 ans l’intelligence artificielle et la recherche en la matière chez Meta a officialisé son départ imminent du géant américain. Alors que la firme fondée par Mark Zuckerberg met les bouchées doubles sur la "super-intelligence", Yann LeCun compte quant à lui monter une start-up pour poursuivre son programme de recherche sur l’intelligence avancée des machines, dont certaines ambitions ne recoupent pas nécessairement les intérêts du groupe.
Mark Zuckerberg et Yann LeCun (crédits : LinkedIn de Yann LeCun)
Mark Zuckerberg et Yann LeCun (crédits : LinkedIn de Yann LeCun)

C’est l’une des figures françaises de la Silicon Valley, qui s’apprête à quitter le navire de l’un de ses géants. Comme l’avaient laissé entendre des rumeurs depuis plusieurs semaines, Yann LeCun prépare sa sortie de chez Meta. Une annonce officialisée sur ses réseaux sociaux, après 12 années passées au sein de la firme fondée par Mark Zuckerberg : 5 en tant que directeur fondateur de FAIR, le laboratoire de recherche fondamentale en intelligence artificielle (IA) du groupe et sept comme scientifique en chef de l’IA. "L’impact de FAIR sur l’entreprise, dans le domaine de l’IA, sur la communauté technologique et sur le monde entier a été spectaculaire. La création de FAIR est ma plus grande fierté non technique", a souligné le lauréat d’un prix Turing (sorte de "Nobel" de l’informatique) et pionnier du "deep learning", ou l'apprentissage profond permettant aux ordinateurs de résoudre des problèmes complexes.

Arrivé chez Meta en 2013 afin de chapeauter la recherche en IA, le professeur à l’Université de New York, docteur en informatique, prévoit désormais de se lancer dans une aventure entrepreneuriale. "Je crée une start-up pour continuer le programme de recherche sur l’intelligence avancée des machines (AMI) que j’ai mené cette année avec des collègues de FAIR, de NYU et d’ailleurs. L’objectif de cette start-up est de provoquer la prochaine révolution dans le domaine de l’IA : des systèmes qui comprennent le monde physique, ont une mémoire persistante, sont capables de raisonner et peuvent planifier des séquences d’actions complexes", a-t-il expliqué. Et de poursuivre : "Tel que je l’imagine, l’AMI aura des applications de grande envergure dans de nombreux secteurs de l’économie, dont certains recoupent les intérêts commerciaux de Meta, mais beaucoup non".

Il faut dire que les ambitions de Meta dans l’IA ne semblent plus vraiment alignées avec ce projet. Mark Zuckerberg a recentré la stratégie du groupe sur les grands modèles de langage (LLM), qui alimentent notamment les robots conversationnels d'IA générative comme ChatGPT. Yann LeCun a de son côté souvent affiché plus de mesure quant à leur pertinence en les estimant utiles, mais pointant qu’ils ne seraient jamais capables de raisonner comme des humains. Le fondateur de Meta, lui, a mis le cap sur la "super-intelligence". Et se donne les moyens d’y parvenir, à renfort d’investissements massifs et de recrutements clés à prix d’or.

 

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Aux côtés des annonces de déploiements monstres de capitaux pour soutenir sa puissance de calcul, Meta a signé en juin un chèque de 14,3 milliards de dollars pour acquérir 49 % de Scale AI, une start-up du secteur. Son fondateur Alexandr Wang a pris la tête de cette équipe de "super-intelligence", dont le directeur scientifique est aussi l’un des cerveaux derrière la création du ChatGPT d’OpenAI. Ce faisant, le groupe s’est progressivement détourné des travaux à long terme de FAIR et a réorganisé son organigramme d’IA : alors que Yann LeCun relevait auparavant du directeur des produits Chris Cox, il rapporte désormais à Alexandr Wang, relève le Financial Times. Un changement de braquet qui peut être mis en regard d’une forme de retard pris par Meta sur ses concurrents en matière de LLM, alors la dernière version de son modèle maison, LLama 4, n’avait pas suscité d’enthousiasme particulier.

Pendant que les craintes autour d’une bulle de l’IA générative grimpent sur les marchés financiers, les investisseurs scrutent donc à la loupe les avancées des géants de la Tech en la matière, tout comme les retombées que produisent les investissements réalisés. Meta peut se targuer de profiter des avantages de l’IA pour doper ses revenus publicitaires, grâce à des recommandations affinées, qui stimulent l’engagement des utilisateurs sur ses plateformes et permettent aux annonceurs de mieux cibler leurs publicités. Néanmoins, l’annonce d’un nouveau relèvement des investissements qui seront dédiés à l’IA cette année par la firme, lors de sa dernière publication trimestrielle, avait fait tiquer les marchés, ayant sévèrement sanctionné son titre par la suite. Il avait par ailleurs annoncé qu’ils seraient d’autant plus importants l’année prochaine, que les 70 à 72 milliards de dollars désormais prévus pour cette année.

En attendant, Yann LeCun restera chez Meta jusqu’à la fin de l’année, a-t-il indiqué et donnera plus de détails sur sa nouvelle entreprise en temps voulu. Saluant le soutien de Mark Zuckerberg, Andrew Bosworth (directeur de la technologie), Chris Cox et Mike Schroepfer (ancien directeur de la technologie), il a par ailleurs souligné que Meta serait partenaire de sa nouvelle entreprise.

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