Macro-économie / Taux
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Energie : ce gap qui sépare les entreprises dans la façon de la mobiliser / Des écarts d’efficacité de 1 à 20
Une amplitude qui pose question. Une vaste étude de l’OCDE sur la productivité énergétique des entreprises industrielles dans neuf pays fait un constat sans appel : la performance énergétique (valeur ajoutée produite par unité d'énergie consommée) varie dans des proportions bien plus extrêmes que la productivité du travail.
Au sein d’un même secteur, le rapport entre une entreprise du 90ᵉ percentile (en termes de productivité énergétique) et une autre du 10ᵉ atteint 20 pour 1 pour la productivité énergétique, contre 5 pour 1 pour la productivité du travail. Et même en comparant des entreprises produisant exactement les mêmes biens, ces disparités persistent.
L’étude observe que les entreprises les plus en retard sur le plan énergétique n’améliorent pas leur position relative. Dans plusieurs pays, leur rythme de rattrapage a même ralenti, et l’écart entre les meilleures et les moins bonnes reste stable ou augmente.
Il semblerait que la variable la plus prédictive de la productivité énergétique d’une entreprise est sa productivité du travail. Cette relation s’expliquerait par des facteurs communs : qualité du management, organisation du travail, capacité à adopter rapidement des technologies modernes. Elle ne fonctionne cependant pas dans l’autre sens : la productivité énergétique ne prédit pas la productivité du travail.
L’étude met également en évidence une observation contre-intuitive : les grandes entreprises sont en moyenne moins productives en énergie que les petites. "Une explication possible de ce résultat est que les grandes entreprises ont tendance à payer des prix de l’énergie plus bas, ce qui réduit relativement leurs incitations à utiliser l’énergie plus efficacement", pointe l’étude.
Les secteurs où les écarts de productivité énergétique sont les plus importants sont ceux où, notamment, la concurrence est limitée et où les entreprises disposent de peu de liquidités pour investir dans des équipements plus efficaces. À l’inverse, des prix de l’énergie plus élevés tendent à réduire ces écarts, en poussant les entreprises les moins efficaces à changer leurs processus. Les chercheurs ont fait le calcul que si toutes les entreprises situées sous le 25ᵉ percentile atteignaient simplement le niveau de productivité énergétique du 25ᵉ percentile, les émissions et la consommation d’énergie industrielles chuteraient de 42 % à production constante.
Pour l’étude, la transition vers une industrie bas carbone passe par une stratégie visant à améliorer la performance des entreprises les moins efficaces. Cela implique de renforcer la pression concurrentielle, de moderniser plus rapidement les outils de production et de mettre en place une tarification de l’énergie ou du carbone qui ne protège pas excessivement les grands consommateurs au détriment de l’efficacité collective.
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