Macro-économie / Taux
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Dette verte : une efficacité sensible sur la décarbonation des entreprises / Une intensité carbone qui peut à moyen terme être divisée par deux
La finance verte changerait bien la donne. Les préoccupations liées aux conséquences économiques et environnementales du changement climatique ont conduit les acteurs financiers à intégrer de plus en plus les critères climatiques dans leurs décisions d’investissement. Entre 2013 et 2023, les actifs gérés par des fonds axés sur la durabilité ont été multipliés par dix, dépassant 3 400 milliards de dollars, soit 7,2 % du total des portefeuilles mondiaux.
La dette verte, constituée de prêts syndiqués et d’obligations vertes, est devenue un instrument central pour mobiliser des capitaux en faveur d’activités à faible impact carbone. Ces instruments peuvent soit consacrer les fonds à des usages verts spécifiques, soit lier les modalités de remboursement aux performances environnementales des entreprises.
Une étude de quatre chercheurs de la Banque mondiale, qui s'est appuyée 6 412 émissions de dette verte et 120 711 émissions de dette conventionnelle par 50 832 entreprises non financières dans 85 pays entre 2012 et 2023, a comparé les trajectoires des entreprises après émission de dettes vertes ou conventionnelles, en termes de taille (actifs et chiffre d’affaires) et d’intensité carbone (émissions de CO2 par unité de revenu).
Les résultats montrent que les trajectoires de croissance sont similaires entre dette verte et dette conventionnelle, mais que l’intensité carbone diverge. En effet, elle reste stable ou augmente après une émission conventionnelle, tandis qu’elle diminue régulièrement après une émission verte, avec une réduction cumulative d’environ 50 % après quatre ans. Les mêmes tendances sont observées chez les entreprises utilisant simultanément dette conventionnelle et verte.
Au niveau agrégé, en combinant les trajectoires individuelles avec les caractéristiques des émetteurs et leurs émissions de référence, la dette verte émise entre 2018 et 2023 pourrait être associée à une réduction cumulée de 4,5 à 5,7 milliards de tonnes de CO2 jusqu’à 2025, soit 12 à 15 % des émissions mondiales annuelles liées à l’énergie. La majorité de ces réductions provient des grandes entreprises, le quart supérieur représentant plus de 85 % du total estimé.
L’étude distingue également l’impact des obligations et des prêts verts : les obligations sont principalement émises par de grandes entreprises fortement émettrices, entraînant des réductions globales importantes malgré un effet de croissance post-émission, tandis que les prêts verts atteignent un ensemble plus diversifié d’entreprises et présentent un effet de diffusion plus large. Les réductions de l’intensité carbone observées après émission de dettes vertes sont comparables entre obligations et prêts, mais les obligations contribuent davantage aux réductions globales en raison de la taille et des émissions initiales de leurs émetteurs.
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