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Stéphane Séjourné offre quelques messages d’espoir à la filière automobile / Des pistes sur des annonces attendues en décembre
Rendez-vous le 10 décembre. Dans un mois et quelque, la Commission européenne devrait formuler des annonces attendues par l’industrie automobile, a fait savoir Stéphane Séjourné, son vice-président exécutif, devant les acteurs de la filière, qui étaient réunis mardi par la Plateforme française automobile (PFA). En prenant certaines précautions, indiquant que ses déclarations concernaient actuellement des réflexions, il a toutefois ouvert la porte à des demandes de flexibilités formulées par les industriels du secteur sur les échéances de 2035, date à partir de laquelle il sera interdit de vendre des véhicules thermiques neufs.
Des annonces qui s’inscrivent dans le cadre de la clause de revoyure prévue. Le tout, sous réserve de ne pas mettre en péril la trajectoire de décarbonation prévue. "2035 ne doit pas éclipser toutes les problématiques du marché. Les objectifs qui sont les nôtres devront perdurer", a-t-il indiqué.
Souplesse sur la neutralité technologique ?
Tout d’abord, des réflexions autour de la neutralité technologique (qui permettrait aux constructeurs de continuer à vendre des hybrides rechargeables, selon leurs vœux, à prolongateur d’autonomie ou carburants de synthèse après 2035) semblent bien être sur la table, a indiqué Stéphane Séjourné, sans donner davantage de précisions. Si le débat autour de la pertinence de ce type de véhicules divise, notamment pour concorder avec les objectifs de décarbonation de l’Europe, il s’agit toutefois d’une demande récurrente de la part des constructeurs automobiles.
Autre point de flexibilité, par rapport à 2035, sur lequel les constructeurs pourraient gagner un avantage : "Il y a une réflexion pour décorréler les véhicules utilitaires légers de 2035", a-t-il ajouté, pointant que les camionnettes étaient effectivement un segment de marché où l’électrification s’opérait de manière plus lente.
Stéphane Séjourné a également insisté sur la notion de "contenu européen" dans les véhicules "Nous travaillons sur le contenu européen : définir ce qu’est la voiture européenne. Une définition qui ne soit pas complexe à mettre en place et n’intègre pas plus de bureaucratie, basée sur la confiance et sur le contrôle plutôt a posteriori qu’a priori" a-t-il souligné. Autre annonce importante : la question des petites voitures, sur laquelle Ursula von der Leyen avait déjà précisé qu’un effort serait réalisé. Un cadre réglementaire spécifique, qui leur permettrait d’alléger les contraintes réglementaires en la matière (notamment grâce à un stop the clock sur "l’inflation réglementaire") figurerait en effet aussi à l’étude de Bruxelles.
En amont
Dans le sillage des annonces formulées par Emmanuel Macron il y a quelques semaines, assurant qu’il ne souhaitait pas que l’Europe fasse marche arrière sur les objectifs de 2035, notamment au regard des filières d’avenir qui s’étaient structurées en ce sens et de la nécessité de crédibiliser les investissements réalisés, Stéphane Séjourné a aussi fait savoir que les producteurs de batteries ne seraient pas laissés-pour-compte, distillant quelques indices sur de futures aides qui pourraient leur être accordées.
D’après les chiffres énoncés par la commissaire, la production de véhicules en Europe pourrait diminuer de 12 millions à 9 millions d’unités d’ici à 2035, avec une part du "made in Europe" dégradée de 70 % à 50 %, du fait d’une concurrence internationale (et plus particulièrement chinoise) féroce. "Notre responsabilité, à la Commission européenne, est de donner un cadre réglementaire compatible avec le marché. Un cadre qui soit réaliste économiquement et qui puisse aussi garder le savoir-faire européen, l’innovation dont nous avons besoin pour les véhicules, et l’emploi évidemment", a-t-il indiqué.
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