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Un trimestre solide pour Vicat malgré la pression des devises / L’équilibre géographique reste son meilleur atout
Dans un secteur encore heurté par les devises et la lente reprise européenne, Vicat se distingue par sa constance. Le cimentier a enregistré une croissance organique de 4,9 % au troisième trimestre, reflet d’un modèle articulé entre zones matures et marchés en expansion, une stratégie défendue par son directeur général, que celui-ci n’hésite pas à mettre en avant : "Cela illustre la solidité de notre modèle, fondé sur un équilibre entre pays développés et émergents", a souligné mardi Guy Sidos, commentant les performances du principal et dernier grand groupe cimentier français indépendant depuis le rachat en 2015 de Lafarge par le suisse Holcim. À taux de change réels, la progression ressort à +1,4 %, l’effet devises négatif de –5,5 % venant brouiller une dynamique autrement solide. L’action gagnait 4,6 % à 68,2 euros mardi après-midi, parmi les plus fortes hausses du SBF 120.
Le ciment, cœur historique du groupe, a progressé de 9,7 % à périmètre et change constants, porté par une hausse de volumes de 5,3 % et un effet prix toujours favorable. Le béton et les granulats, plus sensibles aux cycles locaux, n’ont avancé que de 1,3 %, tandis que les autres produits et services ont gagné 9,5 %, profitant de l’intégration de Cermix, société spécialisée dans les mortiers techniques et solutions de rénovation, acquise en 2024.
Des résultats supérieurs aux attentes et un cap maintenu
Une performance supérieures aux attentes, "et réalisée dans un contexte où la visibilité reste limitée", souligne également Guy Sidos. Ce qui rend d’autant plus appréciable la confirmation des objectifs 2025 : une croissance du chiffre d’affaires à périmètre et change constants et une progression de +2 à +5 % de l’EBITDA dans les mêmes conditions.
Et ce n’est pas parce que le groupe ne pourra pas se désendetter aussi vite qu’il le souhaitait cette année qu’il remet en cause sa trajectoire de moyen terme. Pénalisé par les effets de change sur l’EBITDA et le free cash-flow, le levier financier devrait rester légèrement au-dessus du niveau visé en 2025. Mais Vicat maintient le cap : un désendettement progressif d’ici 2027 et une marge d’EBITDA durablement supérieure à 20 %.
Des relais de croissance qui se déplacent vers le Sud
En France, la demande résidentielle demeure atone, mais la tendance s’est stabilisée. La poursuite de grands chantiers d’infrastructures, à l’image du Lyon–Turin, contribue à soutenir le ciment. En Europe hors France, la Suisse s’est distinguée par un rebond marqué, tiré par la demande d’infrastructures et le succès des ciments bas carbone de Vigier, filiale helvétique du groupe.
De l’autre côté de l’Atlantique, la dynamique reste contrastée. Aux États-Unis, la demande résidentielle a marqué le pas, notamment en Californie, mais les perspectives se redressent. "Nos vues sont que l’économie américaine reste très robuste. La baisse des taux directeurs de la Fed a commencé et devrait se poursuivre", a indiqué Hugues Chomel, Deputy CEO et Group CFO, lors du webcast. "Une fois cette détente monétaire bien engagée, elle soutiendra la demande résidentielle", a-t-il ajouté, anticipant un retour progressif de la construction. "Une large partie de 2025 a été brouillée par les mesures fiscales et douanières de l’administration, mais la situation devrait se stabiliser et cela favorisera la demande non résidentielle. Tout cela combiné, nous pensons que le marché va se redresser." Au Brésil, la tendance est restée favorable, renforcée par l’intégration réussie de Realmix, producteur régional de béton prêt à l’emploi.
La zone Méditerranée a confirmé son rôle de moteur avec une progression de 43 % à périmètre et change constants, portée par la Turquie et l’Égypte. Dans ce dernier pays, la normalisation du marché a renforcé la rentabilité. "Historiquement, les prix du ciment en Égypte étaient trop bas pour être économiques, mais ils se sont progressivement redressés à mesure que les capacités pouvaient servir des marchés d’exportation plus rentables", a expliqué Hugues Chomel. Avant d’ajouter : "Depuis 12 à 18 mois, le marché domestique est revenu à des niveaux de prix comparables à ceux de l’export, ce qui reflète simplement une normalisation économique." Le groupe a d’ailleurs déposé en juillet une offre pour racheter les actions flottantes de Sinai Cement, consolidant ainsi sa présence locale.
Vicat accélère sur le captage et le stockage du CO₂
Au-delà de sa performance financière, Vicat poursuit en parallèle un travail de fond pour accélérer sa transition vers une production plus durable. Le groupe vient d’ailleurs de franchir une étape importante dans ce domaine avec la sélection du projet VAIA (Vicat Artificial Intelligence for Abatement) par l’Innovation Fund européen. Le site de Montalieu-Vercieu servira de démonstrateur de captage et stockage de CO₂, adossé à une intelligence artificielle d’optimisation énergétique. Ce projet s’inscrit dans le plan climat du groupe, qui vise une réduction de 35 % de ses émissions nettes de CO₂ d’ici 2030.
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