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Macro-économie / Taux

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Climat : TotalEnergies juge « hors de portée » un réchauffement inférieur à 2 degrés en 2100 / Beaucoup d’embûches sur le chemin de la décarbonation

Dans le nouveau rapport de TotalEnergies sur ses perspectives énergétiques, un seul des trois scénarios présentés par la firme serait compatible avec un réchauffement des températures mondiales inférieur à 2° en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels. Cela exigerait une conjonction de phénomènes peu réaliste.
Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies - Giuseppe CACACE / AFP
Patrick Pouyanné, président-directeur général de TotalEnergies - Giuseppe CACACE / AFP

Cela se confirme un peu plus jour après jour, limiter l’accroissement des températures mondiales à un niveau inférieur à 2° en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels s’annonce un défi titanesque. C’est l’un des messages que l’on peut tirer du nouveau rapport de TotalEnergies qui dévoile ses perspectives énergétiques. Comme l’an passé, la firme a présenté trois scénarios à horizon 2050 et ils n’incitent pas à l’optimisme concernant le futur de la décarbonation de l’économie mondiale.

D’abord, le scénario "Trends" décrit la trajectoire actuelle des pays à l’horizon 2030 et part du principe que les politiques publiques existantes ainsi que les progrès technologiques, continueront de se développer pour maintenir cette tendance. Depuis l’accord de Paris, le système énergétique mondial a progressé en permettant la poursuite du développement des économies émergentes tout en réduisant l’intensité carbone de l’énergie produite", a déclaré Aurélien Hamelle, directeur général Strategy & Sustainability de TotalEnergies. Il tient compte de l’accélération récente des technologies bas carbone matures, comme le solaire et l’éolien pour la production d’électricité, ou encore les véhicules électriques et les pompes à chaleur pour sa consommation, particulièrement en Chine.

"Mais les contraintes d’infrastructure, en particulier les réseaux électriques, les tensions géopolitiques et les freins liés aux coûts de ces technologies limitent leur déploiement à grande échelle", explique TotalEnergies. En conséquence, dans ce scénario, "la demande en énergie primaire associée au charbon dans le mix énergétique mondial décroit graduellement et se rapproche en 2050 du niveau qu’elle avait en 2000", indique le groupe. La demande mondiale en produits pétroliers augmenterait et stagnerait jusqu’en 2040 avant d’entamer une lente décrue. La demande en gaz, elle, poursuivrait sa croissance jusqu’en 2040, avant de se stabiliser. Ce scénario conduit à une augmentation de la température estimée entre + 2.6° et + 2.8°C d’ici à 2100.

Le scénario "Momentum" adopte, lui, une approche prospective plus volontariste que les tendances actuelles qui fait l’hypothèse que les pays de l’OCDE s’approchent de la neutralité carbone en 2050, et la Chine en 2060. Pour ce faire, il suppose "une électrification accrue de la demande finale dans les pays OCDE et la Chine, le quasi-abandon du charbon dans les pays OCDE, une forte réduction de son usage en Chine et une légère croissance seulement de cette source d’énergie en Inde, l’utilisation du gaz naturel comme énergie de transition pour l’électricité et l’industrie dans tous les pays, et le déploiement des nouvelles énergies dans les secteurs non électrifiables (par exemple, hydrogène décarboné dans l’industrie, les carburants durables dans l’aviation et la marine) dans les pays OCDE et en Chine". Les énergies fossiles permettraient de couvrir encore la moitié de la croissance de la demande en énergie dans l’Inde et le reste du monde en raison du manque d'investissements bas-carbone. Ce scenario conduirait à une augmentation de la température estimée entre + 2.2° et + 2.4°C d’ici à 2100.

Enfin, TotalEnergies examine un scénario qui permettrait de contenir la hausse des températures à moins de 2°C conformément à l’Accord de Paris. "La réalisation de ce scénario semble à l’heure actuelle hors de portée en l’état des rivalités géopolitiques car il supposerait une coopération multilatérale considérablement renforcée en faveur de la décarbonation mondiale", pointe la firme. Il faut dire que dans ce scénario, l’utilisation du charbon dans le secteur de l’électricité diminuerait beaucoup plus rapidement, la demande restante se concentrant dans les secteurs industriels difficiles à réduire. La part du gaz naturel resterait globalement stable, tandis que l’électrification plus poussée dans les secteurs d’utilisation finale entraînerait une forte augmentation de la production d’électricité à faible teneur en carbone. De sorte que ce scénario conduirait à une hausse de la température entre + 1,7° et + 1.9°C d’ici à 2100.

Pour que la décarbonation progresse au-delà du scénario "Trends", la compagnie estime que le monde devrait collectivement donner la priorité aux technologies existantes offrant un coût d’abattement des émissions de CO2 abordable. "Les pays de l’OCDE devraient approfondir la coopération internationale pour accélérer la transition énergétique des pays émergents. Une telle approche "d’arbitrage carbone global" serait bénéfique pour le climat en accélérant la réduction des émissions et pour les consommateurs et les entreprises des pays de l’OCDE en réduisant son coût. En pratique cela requiert des avancées sur l’Article 6 de l’accord de Paris permettant aux pays et à des entreprises de participer à un système d’échange de réduction d’émissions entre Etats", soutient le groupe.

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