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Retour sur une semaine rythmée pour les Big Tech américaines / Les investisseurs n'auront pas transigé au sujet de leurs investissements en IA
Les publications de résultats d’entreprises ont battu leur plein cette semaine, de part et d’autre de l’Atlantique. Aux États-Unis, ce sont les grands champions de la Tech qui ont animé les séances à Wall Street. Après Meta, Alphabet, Microsoft mercredi soir, Apple et Amazon se sont prêtés à l’exercice ce jeudi, après la fermeture de la Bourse new-yorkaise.
La firme à la pomme semble faire davantage bande à part. Si le retard qu’elle a pris dans l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) à ses appareils est souvent pointé du doigt par les analystes et en dépit de ventes décevantes en Chine, les investisseurs ont préféré se pencher sur d’autres points de sa publication. Parmi eux : un record de revenus trimestriels, à plus de 100 milliards de dollars, incluant un mois de septembre tout particulièrement dynamique pour ses ventes d’iPhone (son dernier modèle, l’iPhone 17, a été lancé à la fin du mois et rencontre déjà un franc succès) et un nouveau plus haut de chiffre d’affaires pour ses activités de services. Le tout a également été couronné de prévisions enthousiastes pour le premier trimestre de son exercice fiscal, qui s’étend jusqu’en décembre, et incluant donc la période des fêtes de fin d’année. Déjà en hausse dans les échanges d’après-clôture à Wall Street jeudi soir, le titre s’affiche également dans le vert ce vendredi.
Pour les quatre autres entreprises, en revanche, l’attention des marchés est restée rivée sur les dépenses réalisées dans l’intelligence artificielle (IA) – et sur les retombées déjà concrètes ou à venir qu’elles produisent.
Microsoft ne lève pas le pied sur les investissements dans l’IA
La firme co-fondée par Bill Gates n’a pas attendu sa publication trimestrielle pour faire parler d’elle en début de semaine. Mardi, elle annonçait avoir conclu un nouvel accord avec la vedette de l’IA générative américaine, OpenAI, dont elle est un investisseur de la première heure. Elle en détient désormais 27 % du capital, après une recapitalisation et un changement des statuts de la start-up, qui valorise la participation du géant américain dans la maison mère de ChatGPT à 135 milliards de dollars. Une annonce qui s’est accompagnée du dévoilement de plusieurs autres points de l’accord, leur conférant davantage d’autonomie sur des développements, un engagement de la part d’OpenAI d’acheter 250 milliards de dollars de services Azure à Microsoft (soit sa plateforme de cloud), ou bien encore d’une extension de l’accès du géant aux droits de propriété intellectuelle sur les modèles et produits de la start-up jusqu’en 2032.
De fait, la firme est plus que jamais engagée dans la course à l’IA et se donne les moyens de ses ambitions. "Nous disposons du parc de centres de données le plus étendu pour l’ère de l’IA et nous augmentons notre capacité à une échelle sans précédent. Nous augmenterons notre capacité totale en matière d’IA de plus de 80 % cette année et doublerons environ la superficie totale de nos centres de données au cours des deux prochaines années, afin de répondre à la demande que nous observons", a indiqué le dirigeant du groupe, Satya Nadella, lors de la conférence de publication des résultats du premier trimestre de son exercice fiscal. Rien que sur le trimestre, Microsoft a engagé 34,9 milliards de dollars d’investissements, soit davantage que ce qui avait été prévu. Ils ont néanmoins été motivés par la demande pour l’offre d’IA et de cloud du groupe, a fait savoir sa directrice financière, Amy Hood.
Sans donner de chiffres, elle a aussi précisé que la croissance des capex irait en grandissant au cours de l’exercice débuté et qu’ils seraient, au total, supérieurs à ceux du précédent. Des sommes qui semblent susciter quelques interrogations chez les investisseurs. Bien que le groupe ait publié des résultats supérieurs aux attentes des marchés, notamment du côté de sa plateforme Azure et de ses autres services cloud, qui tirent directement parti de ses investissements dans l’IA (leurs revenus ont bondi de 39 %), l’action a déroché de 3 % à Wall Street à la clôture jeudi et poursuit sa trajectoire de baisse vendredi. En cause, selon les analystes, une prévision de croissance légèrement décevante pour Azure au deuxième trimestre (de 37 %), ainsi que la vitesse peut-être trop éclair à laquelle grimpent les investissements.
Meta voit aussi encore plus grand
La sanction des marchés a été encore plus sévère pour Meta, dont le titre a accusé un repli de 11 % à la clôture jeudi. L’activité de la firme de Mark Zuckerberg est pourtant au beau fixe, avec des revenus qui se sont affichés en progression de 26 % au titre du troisième trimestre de son exercice fiscal, à 51,2 milliards de dollars. Un chiffre d’affaires reposant essentiellement sur son activité de publicité en ligne, dont l’IA permet d’améliorer le ciblage et la pertinence, a expliqué le patron du groupe lors de conférence avec les analystes. Malgré ces gages d’assurance quant aux retombées tangibles produites par l’IA sur son business, la nouvelle annonce d’un relèvement des investissements dans l’IA pour les mois à venir a fait tiquer la Bourse.
Désormais, le groupe prévoit que ses dépenses se situeront entre 70 et 72 milliards de dollars en 2025, soit un rehaussement de la borne inférieure de ses prévisions précédentes (66 à 72 milliards de dollars). Jusqu’ici, le groupe a engagé 50 milliards d’investissements. "Nous travaillons toujours sur nos plans de capacité pour l’année prochaine, mais nous prévoyons d’investir de manière agressive pour répondre à ces besoins, à la fois en construisant notre propre infrastructure et en passant des contrats avec des fournisseurs de cloud tiers. Nous prévoyons que cela exercera une pression à la hausse supplémentaire sur nos plans d’investissement et de dépenses pour l’année prochaine", a également ajouté la directrice financière du groupe, Susan Li.
Alors que des analystes s’interrogeaient sur de possibles sur-investissements lors de la conférence, le patron de Meta a indiqué ne pas être inquiet de la possibilité que son entreprise construise plus de centres de données et de capacités de calcul que nécessaire à ses propres activités. Il a simplement souligné que le cas échéant, cela améliorerait son activité principale, ou qu’il pourrait trouver un moyen de les vendre. Des explications qui ne semblent toutefois pas avoir été de nature à rassurer les opérateurs de marché. Après la séance noire de jeudi, Meta recule toujours à Wall Street vendredi, mais dans une bien moindre mesure, à hauteur de 1,3 %.
Les annonces d’Alphabet mieux accueillies et un revenu trimestriel record
Même refrain sur les investissements chez Alphabet. La maison mère de Google a fait savoir que ses dépenses d’investissement annuelles se situeraient entre 91 et 93 milliards de dollars, contre 85 milliards de dollars précédemment visés. Pourtant, l’action a bondi de 8,5 % dans les échanges électroniques d’après-clôture mercredi, la hausse s’étant par la suite mesuré autour de 2,5 %. "Nous investissons afin de répondre à la demande de nos clients et de tirer parti des opportunités croissantes au sein de l’entreprise", a souligné Sundar Pichai, le directeur général du groupe, à l’occasion de l’annonce.
De fait, la demande semble être au rendez-vous. Pour la première fois de son histoire, la firme a dépassé, comme Apple, les 100 milliards de dollars de revenus trimestriels, traduisant une progression de 15 % de ces derniers à taux de change constants. Le signe que tous ses moteurs d’activité tournent à plein régime, de la publicité sur son moteur de recherche, jusqu’au cloud. Preuve en est, lors de la conférence avec les analystes, le patron du groupe a tenu à indiquer : "Nous sommes le seul fournisseur de services cloud à proposer nos propres modèles d’IA générative de pointe, notamment Gemini, Imagen, Veo, Chirp et Lyria. Leur adoption connaît une croissance rapide. Au troisième trimestre, les revenus générés par les produits basés sur nos modèles d’IA générative ont augmenté de plus de 200 % par rapport à l’année précédente". Au total, sa division de cloud, surveillée de près par les investisseurs car matérialisant grandement l’impact de son accélération de l’IA sur ses revenus, a vu son activité grimper de 34 %, à 15,2 milliards de dollars, tandis que son bénéfice est passé de 1,9 à 3,6 milliards de dollars, dépassant largement les attentes des analystes.
Selon le dirigeant du groupe, le nombre d’utilisateurs de la plateforme Google Cloud a grimpé de près de 34 % sur un an. Elle a aussi signé davantage de grands contrats (supérieurs à 1 milliard de dollars), que lors des deux années précédentes combinées. De quoi laisser entrevoir des perspectives prometteuses.
Le cloud d’Amazon fait aussi forte impression
La firme fondée par Jeff Bezos, qui a publié jeudi soir ses résultats trimestriels, bondit aujourd’hui de plus de 10 % à Wall Street. Elle a annoncé avoir réalisé plus de 180 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur la période, soit une hausse de 13 % sur un an. "Nous continuons d’observer une forte dynamique et une croissance soutenue chez Amazon, l’IA apportant des améliorations significatives dans tous les domaines de notre activité", a résumé Andy Jassy, le patron d’Amazon.
"AWS (Amazon Web Services, sa plateforme de cloud, ndlr) connaît une croissance sans précédent depuis 2022, avec une accélération à 20,2 % en glissement annuel. Nous continuons d’observer une forte demande en matière d’IA et d’infrastructures de base, et nous nous sommes concentrés sur l’accélération de la capacité, ajoutant plus de 3,8 gigawatts au cours des 12 derniers mois", a-t-il poursuivi. Une bonne surprise pour les investisseurs, puisque la croissance d’AWS avait eu tendance à les décevoir lors des trimestres précédents. " Nous pensons que les investisseurs ont retrouvé confiance dans la capacité (du groupe) à conserver une position de leader dans le domaine de l’IA", a commenté Daniel Ives, analyste chez Wedbush. Pour l’heure, le groupe n’a pas indiqué s’il comptait, lui aussi, mettre la barre plus haut en matière d’investissements.
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