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Viridien franchit un cap dans sa transformation / L’ex-CGG convertit sa mutation technologique en résultats concrets

De CGG à Viridien, la mutation commence à produire ses effets. Le spécialiste des technologies et des données de la Terre publie un trimestre en forte croissance, soutenu par la demande soutenue en données sismiques et un levier marqué sur les marges.
Sophie Zurquiyah, PDG de Viridien, à la manœuvre du virage technologique du groupe
Sophie Zurquiyah, PDG de Viridien, à la manœuvre du virage technologique du groupe

Un an et demi après avoir adopté son nouveau nom, Viridien donne une traduction chiffrée à sa transformation. Le groupe, dirigé – et même présidé depuis le départ de Philippe Salle parti prendre la tête d’Atos – par Sophie Zurquiyah, confirme que l’évolution engagée vers une organisation plus technologique et recentrée sur ses métiers à forte valeur ajoutée se révèle efficace.

Très supérieure aux attentes, la performance du troisième trimestre illustre la montée en puissance de cette stratégie. Le chiffre d’affaires des activités progresse de 27 %, à 313 millions de dollars, pour un EBITDA ajusté de 167 millions, en hausse de 70 %. La marge bondit à 53 %, contre 40 % un an plus tôt. L’ensemble bénéficie d’un effet de levier opérationnel important, la progression des revenus se traduisant quasi intégralement dans les marges grâce à une structure allégée et à la montée en puissance d’activités à forte valeur ajoutée.

 

Earth Data, moteur incontesté du trimestre

 

"Viridien est aujourd’hui un groupe asset-light, totalement sorti du secteur des services d’acquisition de données sismiques, et recentré sur trois métiers à forte différenciation technologique et à plus forte valeur ajoutée", a rappelé la directrice générale Sophie Zurquiyah lors de la présentation des chiffres à la presse.

Earth Data s’impose comme le moteur de la période, avec une croissance de 63 %, portée par une demande soutenue de données dans des bassins matures et sur des zones frontières où le groupe est particulièrement bien positionné, notamment dans le golfe du Mexique. La division a également bénéficié de revenus de transfert de données liés à des rapprochements récents entre acteurs du secteur, un facteur ponctuel qui a amplifié la performance du trimestre. Ces “transfer fees”, non détaillés par le groupe, représentent "plusieurs dizaines de millions de dollars", estime le cabinet d’analystes Oddo BHF, ce qui explique la nette surperformance par rapport au consensus. Dans le même temps, Geoscience, le métier historique du groupe dédié à l’imagerie du sous-sol et au traitement des données sismiques, voit son chiffre d’affaires progresser de 5 %, soutenu par des projets offshore majeurs au Brésil et dans le golfe du Mexique, tandis que Sensing & Monitoring (SMO) avance de 16 %, renouant avec une rentabilité positive après restructuration.

Dans le même temps, Geoscience, le métier historique du groupe dédié à l’imagerie du sous-sol et au traitement des données sismiques, voit son chiffre d’affaires progresser de 5 %, soutenu par des projets offshore majeurs au Brésil et dans le golfe du Mexique, tandis que Sensing & Monitoring (SMO) avance de 16 %, renouant avec une rentabilité positive après restructuration.

 

La quête de données alimente un marché toujours porteur

 

Viridien est désormais capable de dégager des marges élevées sur des activités à forte barrière technologique, moins sensibles aux cycles pétroliers. "Plus de 50 % de l’activité de Geoscience est tournée vers le développement et l’optimisation de la production, ce qui rend cette activité moins sensible à l’exploration et aux fluctuations du prix du brut", a souligné Sophie Zurquiyah. Une stabilité qui rassure dans un contexte de prix du baril redevenu erratique. "L’environnement du prix du pétrole reste volatil, mais nous anticipons que l’exploration et l’activité sismique devraient rester stables, car ces services sont essentiels pour soutenir la production, mais aussi pour commencer à développer la nouvelle production du futur", a-t-elle ajouté.

La demande en données et en imagerie du sous-sol ne faiblit pas, portée par le besoin de sécuriser les ressources et d’optimiser les gisements existants. "L’accélération de l’épuisement des champs et la pression constante sur le remplacement des réserves poussent les opérateurs à privilégier la sécurité des ressources à moyen et long terme, plutôt que des économies de coûts à court terme", a encore insisté la dirigeante.

 

Cash-flow en hausse et bilan assaini

 

La génération de trésorerie confirme, elle aussi, le changement d’échelle. Le cash-flow net atteint 53 millions de dollars sur le trimestre, portant le cumul à 62 millions depuis le début de l’année, soit presque le double de 2024. "Nous avons réalisé une excellente performance malgré une dégradation de notre besoin en fonds de roulement, liée à un impayé important avec Pemex, mais nous travaillons sur des alternatives pour pouvoir monétiser cette créance", a indiqué le directeur financier Jérôme Serve. L’objectif annuel de 100 millions de dollars de cash-flow net est confirmé, cette fois "hors Pemex", commente Oddo BHF, qui juge cette guidance "désormais assise sur une base prudente et atteignable".

Le désendettement se poursuit à bon rythme. "Avec l’amélioration de notre EBITDA et la réduction de notre dette brute, notre ratio de levier s’est fortement amélioré pour atteindre 1,7 fois à fin septembre, contre 2,4 fois un an auparavant", a précisé Jérôme Serve. Le groupe a réduit sa dette brute de 200 millions de dollars en un an et procédé début octobre au rachat anticipé de 10 % de ses obligations, une opération saluée par les analystes pour sa contribution directe à la réduction des coûts financiers.

Forte de cette séquence, Viridien aborde la fin d’année avec confiance. "Nos solutions haut de gamme, de haute technologie, différenciées, permettent à nos clients de prendre des décisions d’exploration et de développement les meilleures et les plus optimales, diminuant leurs risques à la fois sur leurs investissements et sur leurs opérations", résume Sophie Zurquiyah. Les investisseurs, eux, y voient le signe d’une mutation en marche : Viridien donne désormais des gages tangibles de sa capacité à transformer son héritage industriel en modèle de performance technologique. L’action Viridien s’envolait de 24 % à 94,8 euros vendredi, à ses plus hauts depuis mars 2023.

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