Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux
Les flux d’investissements étrangers planétaires subissent le contrecoup de l’incertitude / L’innovation et l’industrie continuent de faire florès
Un premier semestre stable… mais trompeur. Les flux mondiaux d’investissements directs étrangers (FDI) ont connu un premier semestre 2025 marqué par une forte volatilité. Selon les données de l’OCDE, le volume total des flux s’est établi à 663 milliards de dollars, soit une baisse de 6 % par rapport au premier semestre 2024. Si le premier trimestre a enregistré une hausse de 18 %, le deuxième trimestre a connu une chute brutale de 38 %, en grande partie imputable au rapatriement des bénéfices des entreprises américaines depuis leurs filiales irlandaises.
Les États-Unis demeurent la première destination mondiale des FDI, avec 149 milliards de dollars reçus au cours du semestre, suivis par le Brésil (38 milliards) et le Royaume-Uni (37 milliards). Le marché américain a toutefois enregistré un ralentissement au deuxième trimestre, notamment en raison de la baisse des réinvestissements de bénéfices, qui a eu un impact direct sur l’Irlande et d’autres économies européennes concernées par les flux de capitaux intra-entreprises.
Dans l’ensemble, les flux entrants vers les pays de l’OCDE ont reculé de 4 %. Cependant, hors fluctuations exceptionnelles de certains pays européens, plusieurs économies majeures ont enregistré des hausses : l’Allemagne et la France ont vu leurs flux progresser grâce aux prêts intra-entreprises, tandis que le Mexique a bénéficié d’un renforcement des réinvestissements de bénéfices. Parmi les pays émergents, l’Inde, le Brésil et la Chine ont également connu des flux accrus, portés respectivement par des investissements en actions et des prêts intra-entreprises.
Sur le plan des sorties de capitaux, l’OCDE signale une baisse globale de 19 %, avec un recul particulièrement marqué des flux américains, qui ont même tourné négatifs au deuxième trimestre. Le Japon (98 milliards), la Chine (61 milliards) et le Luxembourg (57 milliards) se distinguent comme principaux pays exportateurs de FDI. L’Union européenne, en revanche, a enregistré une hausse de 65 % de ses sorties d’investissements, mais ce chiffre est fortement influencé par les mouvements exceptionnels de certains pays ; hors ces fluctuations, la hausse n’est que de 4 %.
L’analyse par instruments montre que les flux de capitaux propres (equity) ont chuté dans les pays de l’OCDE, approchant les niveaux observés pendant la pandémie. Les plus fortes baisses ont concerné l’Australie, les États-Unis et la Norvège. Malgré cela, les flux d’investissements "greenfield" et dans la fabrication ont atteint des niveaux record dans les économies avancées, soutenus par des projets liés à l’intelligence artificielle et aux infrastructures. Parmi les projets emblématiques, l’Europe a vu la création de son plus grand centre de données AI en France (43 milliards de dollars), et les États-Unis ont investi dans six nouvelles usines de semi-conducteurs et plusieurs centres de R&D (100 milliards de dollars au total).
En parallèle, les fusions-acquisitions transfrontalières (M&A) ont ralenti au niveau mondial. La valeur des transactions a diminué de 4 % et le nombre de deals de 5 %. Les économies avancées ont été les plus touchées, avec une baisse de 9 % de la valeur des transactions et de 6 % du nombre de deals. Les marchés émergents ont montré davantage de résilience, avec une valeur de transactions en hausse de 37 %, principalement dans les secteurs de la consommation discrétionnaire.
Selon l’OCDE, l’avenir des FDI en 2025 reste incertain. Les tensions commerciales, la reprise des pressions inflationnistes, les risques fiscaux accrus et la volatilité des marchés financiers pourraient peser sur la stabilité et la dynamique des investissements pour le reste de l’année. Les analystes mettent toutefois en avant la solidité des investissements dans l’IA, la fabrication et les infrastructures, qui pourraient constituer un moteur clé pour la reprise des flux mondiaux.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

