Macro-économie / Taux
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Etats-Unis : la Fed donne un peu plus de mou à l’économie / L’emploi affiche des signes de faiblesse
Face à un marché du travail qui paraît s’essouffler, la Réserve fédérale américaine (Fed) choisit d’alléger la pression. La Fed a décidé de baisser une nouvelle fois ses taux de 25 points de base, ramenant la fourchette cible du taux des fonds fédéraux entre 3,75 % et 4 %. C’est la seconde fois consécutive qu’elle effectue un tel choix depuis le début de l’année.
Au cœur de cette décision, la détérioration graduelle du marché du travail. Si le chômage reste bas, la création d’emplois ralentit nettement et la participation au marché du travail recule, en partie à cause d’une baisse de l’immigration. D’après la Banque centrale, les données disponibles suggèrent que tant les licenciements que les embauches restent faibles, et que la perception qu’ont les ménages de la disponibilité des emplois, tout comme celle qu’ont les entreprises de la difficulté à recruter, continuent de se dégrader. La Fed, fidèle à son double mandat de plein emploi et de stabilité des prix, reconnaît désormais que l’équilibre des risques a basculé : la menace d’un affaiblissement du marché du travail l’emporte sur celle d’une inflation persistante.
Après son pic de 2022, l’inflation reste autour de 2,8 % sur un an, selon les estimations basées sur l’indice PCE. Les prix des biens ont légèrement accéléré sous l’effet des nouveaux tarifs douaniers, tandis que la désinflation se poursuit dans les services. Jerome Powell, patron de la Fed, estime que ces hausses tarifaires auront un impact temporaire, mais n’écarte pas la possibilité d’un effet plus durable sur les prix. "Notre obligation est d’empêcher qu’un ajustement ponctuel des prix ne se transforme en inflation continue", a-t-il affirmé, à l’occasion de sa conférence de presse.
Au-delà des taux, la Fed a aussi annoncé un changement majeur : la fin de la contraction de son bilan à compter du 1er décembre. Depuis 2022, l’institution de Washington a réduit la taille de ses avoirs de 2 200 milliards de dollars, faisant passer son bilan de 35 % à 21 % du Produit intérieur brut (PIB).
Cette réduction massive, menée par la non-reconduction d’une partie des titres arrivant à maturité, visait à drainer de la liquidité du système financier. Mais les récents signes de tensions sur les marchés monétaires - hausse des taux repo et recours accru aux facilités de prêt de la Fed - ont convaincu le Comité de politique monétaire (FOMC) qu’un plancher était atteint. "Nous avons observé les signaux attendus indiquant que les réserves des institutions financières sont désormais proches d’un niveau suffisant", a justifié Jerome Powell.
Ainsi, "nous continuerons à laisser les titres émis par les agences arriver à échéance sans les renouveler dans notre bilan et nous réinvestirons le produit de ces titres dans des bons du Trésor, ce qui fera progresser la transition vers un portefeuille composé principalement de titres du Trésor. Cette stratégie de réinvestissement contribuera également à rapprocher la durée moyenne pondérée de notre portefeuille de celle de l’ensemble des titres du Trésor en circulation, favorisant ainsi la normalisation de la composition de notre bilan", a-t-il détaillé.
Le grand argentier a insisté sur le caractère évolutif de la politique monétaire : "Une nouvelle baisse des taux en décembre n’est pas acquise". A noter que la baisse de 25 points de base n’a pas fait l’unanimité. Stephen Miran, membre du Conseil des gouverneurs, aurait préféré une diminution de 50 points de base, tandis que Jeffrey Schmid, président de la Fed de Kansas City, a plaidé pour laisser le taux directeur inchangé.
Dans les prévisions du FOMC dévoilées mi-septembre, dix de ses dix-neuf membres anticipaient que le taux directeur allait s’établir au plus entre 3,50 % et 3,75 % fin 2025. Aux Etats-Unis, le taux neutre, celui qui ni ne soutient, ni ne freine l’activité, est estimé aux alentours de 3 %.
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