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Pernod Ricard entame son exercice 2025-2026 sous tension / Le géant des spiritueux subit encore mais reste confiant
A quelques jours de la tenue de son assemblée générale, le groupe Pernod Ricard a dévoilé ce jeudi son chiffre d’affaires pour le premier trimestre de son exercice décalé 2025-2026 que l’entreprise a d’ores et déjà qualifié d’année de transition. Sans surprise et comme il l’anticipait en août dernier, sa performance s’est inscrite en net recul par rapport à l’an passé, avec des revenus en baisse de 14,3 % en données publiées et de 7,6 % en organique, à 2,384 milliards d’euros.
Ce démarrage difficile est largement imputable aux difficultés conjoncturelles persistantes sur deux de ses marchés clés : la Chine et les Etats-Unis.
Un signal encourageant du côté des Etats-Unis ?
De fait, en Chine, les ventes ont chuté de 27 % sur un an. Le contexte macroéconomique du pays continue de miner la confiance des consommateurs, avec pour conséquence un net ralentissement de la demande. Par ailleurs, des ajustements de stocks supplémentaires ont amplifié l’impact sur les ventes.
Même tonalité du côté des États-Unis, autre pilier du groupe. Le chiffre d’affaires est en baisse de 16 % sur un an, lui aussi pénalisé par des ajustements de stocks décidés pour mieux s’aligner sur la demande réelle du marché. Toutefois, un élément vient tempérer ce constat : les ventes des distributeurs vers les consommateurs (sell-out) semblent désormais se rapprocher du niveau du marché, ce que l’entreprise présidée par Alexandre Ricard considère comme un signal encourageant pour les mois à venir.
L’Inde et le Travel Retail en zone grise
En Inde, la dynamique globale reste soutenue (+ 3 % sur un an), même si dans l’État du Maharashtra, un des principaux moteurs de consommation du pays, les ventes ont été affectées par un changement des droits d’accises, qui a freiné la demande.
Du côté du Global Travel Retail, les résultats sont en retrait. Le groupe note toutefois que la reprise des ventes de Cognac dans le Duty Free chinois devrait se faire sentir au deuxième trimestre, laissant entrevoir une amélioration prochaine de la performance dans ce canal stratégique.
Des effets de change défavorables en sus
La dégradation des performances de l’entreprise est accentuée par un effet de change négatif de -143 millions d’euros, tiré principalement par la faiblesse du dollar américain, de la roupie indienne et de la livre turque. À cela s’ajoute un effet périmètre défavorable de -54 millions d’euros, lié à la cession récente de l’activité vins.
L’on notera néanmoins que plusieurs marchés affichent en effet une croissance à deux chiffres au premier trimestre, notamment le Canada, la Turquie, le Japon et l’Afrique du Sud. "Ces performances positives contribuent à atténuer partiellement le recul observé sur nos marchés principaux", précise le groupe, revendiquant un ancrage mondial comme un levier de résilience.
Une année de transition puis cap sur la croissance rentable
Pour l’exercice en cours, le groupe maintient une vision prudente tout en prédisant une reprise progressive des tendances organiques, attendue surtout au second semestre. Il prévoit notamment de préserver sa marge opérationnelle organique, grâce à un strict contrôle des coûts et à l’exécution d’un vaste plan d’efficacités opérationnelles estimé à 1 milliard d’euros entre 2025-2026 et 2028-2029. "Notre ambition est de continuer à délivrer une forte génération de cash, avec des investissements stratégiques inférieurs à 900 millions d’euros, une optimisation du besoin en fonds de roulement, et une amélioration de la conversion cash comparée à 2024-2025 ", explique Pernod Ricard.
Sur la période 2026-2027 à 2028-2029, l’entreprise anticipe une croissance organique moyenne du chiffre d’affaires de + 3 % à + 6 % par an, accompagnée d’une hausse progressive de la marge opérationnelle organique. "La génération de cash demeurera au cœur de la stratégie financière, avec un objectif de conversion de trésorerie autour de 80 % et plus ", assure-t-elle. Les investissements stratégiques, eux, resteront contenus à moins d’un milliard d’euros, signalant une volonté claire de maîtrise budgétaire.
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